Dimanche 9 août

IT CAME FROM BENEATH-20150809-008It Came From Beneath monte sur scène devant un public épars et mal réveillé. La fatigue commence à se faire sentir dans la foule et beaucoup attendent de passer aux douches. Pourtant, cela n’empêche pas le groupe d’avoir une forte motivation pour nous laisser une bonne impression. Leur Deathcore remporte le succès et permet à nombre de spectateurs de sortir la tête du fion, si j’ose dire. Une bonne entrée en matière et un set efficace. Hysteria prend le relais devant des premiers rangs acquis à leur cause. Les Lyonnais exécute un set carré et propre mais hélas un peu trop statique. Heureusement, leur Death Metal est précis, bien joué et comporte suffisamment de riffs ravageurs pour réveiller un mort. Le public les accueille favorablement et Hysteria peut quitter les planches avec le sentiment du devoir bien accompli. Une belle réussite ce concert. Misanthrope, troisième groupe du jour, prend possession de la scène devant un public encore clairsemé. Bonne nouvelle, le son semble être bien meilleur que la veille et laMISANTHROPE-20150809-009 restitution des titres y gagne en clarté. Après vingt ans d’existence, ce groupe affiche toujours une assez belle qualité technique, de bons titres death, un bon échange avec le public et un morceau, Théâtre bizarre, non joué depuis vingt ans. L’idée était bonne et le groupe s’en est bien sorti au vu du peu d’affluence. Les Anglais de Hark viennent à leur tour envahir la scène à trois pour envoyer au public qui se fait enfin plus nombreux un Stoner qui faisait penser à Red Fang. Emmenés par un guitariste/chanteur qui aura dépensé beaucoup d’énergie pour faire vivre sa musique à la foule, le résultat a été plutôt probant. Sans déclencher l’hystérie, leur prestation aura convaincu nombre de gens, mais quoi de plus normal avec des titres aux chœurs agressifs. Nous sommes aussi rassurés, le son semble cette fois être HARK-20150809-002revenu définitivement. Nous allons entrer maintenant dans le dur, dans le très dur même avec ce qui va suivre. Là, nous passons la vitesse supérieure pour rentrer en guerre et les premiers guerriers à se présenter sont ceux de Krisiun. Les Brésiliens ne sont pas venus là pour nous vanter les beautés de leur immense pays mais plutôt pour nous mettre une immense claque dans les oreilles. Le public ne s’y trompe pas en entamant spontanément un circle-pit dès les premières notes. Les frères Kolesne ne font pas du cinéma et balancent leurs morceaux comme des acharnés, emmenés de main de maître par un Alex Camargo au sommet de sa forme. Véritable pierre angulaire du groupe, le leader affiche un chant parfait et les décibels auront plu sur nous comme la pluie au même moment, un petit air d’Amazonie est donc venu se greffer sur le set. Le concert est énorme, la présence physique du trio est impressionnante. Le public semble touché de remerciements faits à lui-même. Oui, le running order aurait pu consacrer les brasileiros comme tête d’affiche de la journée d’hier, ni plus, ni moins. Krisiun a frappé fort ce jour, très fort. Les cendres sont encore chaudes qu’uneDEATH ANGEL-20150809-002 véritable légende s’apprête à monter sur scène. En effet, Death Angel est là, et sacrément là. Eux qui n’avaient pas pu venir l’année dernière sont là et vont marquer l’histoire du Sylak. Un des groupes précurseurs de la Bay Area de San Francisco est là devant nous. Aucun doute, nous sommes à un autre niveau, là. Ceux qui ne connaissaient pas ont été conquis, conquis par tant de talent, de virtuosité aussi, car Rob Cavestany est un guitariste hors pair, un maître de technique comme souvent dans le Thrash Metal. Mais pas seulement, il aura suffit l’implication et l’énergie déployée par Mark Osegueda, chanteur et locomotive du groupe, pour comprendre que de véritables légendes ont évoluées devant nous. Le groupe à la carrière plus que remplie aura effectué une prestation totale, annihilant tout sur son passage. Un répertoire de choix, des titres empruntés au légendaire The Ultra Violence auront eu raison du public. Un set très pro, des musiciens avec le sourire, il n’en fallait pas plus pour sortir béat de ce show. Ah si, bien sûr, finir par le titre The Ultra Violence et se revoir en 1987, recevant une méga décharge émotionnelle. Death Angel aura été dans le trio de tête de ce Sylak édition 2015. Peut-être même à la première place. Là aussi, les Californiens auraient pu clôturer le dimanche soir, sans aucun problème. Avec une telle MADBALL-20150809-005réussite, la tâche du groupe suivant n’était pas aisée mais ce serait mal connaître les New-Yorkais de Madball que de penser qu’ils allaient laisser filer l’affaire comme cela. Que nenni. Bienvenue au royaume du qui fait mal, bienvenue au royaume du « restes debout sinon tu seras piétiné d’un coup ». Le Hardcore des Américains, connu de beaucoup déjà, a fait mouche. Aussi délicat qu’un pavé dans la tronche, le chant du terrifiant vocaliste Freddy Cricien et la musique délivrée par la meute n’auront eu comme unique but de fracasser tout ce qui était devant eux. Le set du groupe aura été un véritable générateur de folie mais aussi un set exécuté parfaitement, cela est aussi à souligner car l’implication du quatuor aura été fatale à beaucoup physiquement. Donc on dit quoi ? Reçus avec mention. Vous aurez noté que tout n’est que furie depuis le passage de Krisiun, et bien continuons sans plus attendre dans la même veine pour voir arriver sur scène les cousins québécois de Kataklysm et le très charismatique Maurizio Iacono au chant et son incomparable don à compter des histoires, tout cela avec l’accent québécois qui va bien, calice ! Leur Death Metal dit melodique, oui, oui, aura labouré les champs de St-Maurice-KATAKLYSME-20150809-003de-Gourdans pour au moins deux saisons. On croirait entendre les frenchies de Benighted par moments mais pas de plagiat là, ces chums-là ont leur identité et ne s’en laissent pas compter. Ça défouraille sérieux sur scène là et l’usine à baffes fonctionne à plein régime. Au final, un public conquis et qui en redemande, c’est vraiment un bon dimanche que nous passons là, bien supérieur à la journée d’hier, à n’en pas douter. La scène aura une nouvelle fois été chauffée au fer rouge. Il est temps de la laisser refroidir quelque peu pour faire place aux Suédois de Dark Tranquillity. Les dieux suédois, grands pourvoyeurs de Metal à travers le monde nous envoient donc ce soir ce groupe possédant déjà un long passé derrière lui. Alors que fallait-il attendre du groupe ce soir pour l’avant-dernière de ce Sylak ? Et bien, évidemment, un show rodé et de qualité. Musicalement, tout était parfait, cadré et presque millimétré. Une précision chirurgicale quant à l’exécution des morceaux et un public conquis d’avance. Ce groupe fondé en 1989 aura véritablement délivré une prestation ultra professionnelle, peut-être même à la limite du trop mais terrible d’efficacité. Là encore, la partie était presque gagnée EPICA-20150809-002d’avance pour le groupe et ce dernier aura réussi son pari. Epica se prépare à donner le dernier concert de cette cinquième édition du Sylak et le moins que l’on puisse dire, c’est que les fans se bousculent à la barrière, pancartes à la main. Les Hollandais sont pourtant atteints du même syndrome que Dragonforce la veille : certains aiment, d’autres détestent. Ainsi, nous voyons beaucoup de festivaliers se précipiter aux bars ou rentrer au camping. Les autres resteront pour donner de la voix sur les refrains chantés avec justesse par la belle Simone Simons, ravie d’être là au vu de son large sourire. Alors, que dire de ce concert ? Un son parfait, un show millimétré, des lumières splendides et chaudes, un jeu de scène énergique. Bref, du travail de pro. Peut-être trop pour certains. Toutefois, les Néerlandais auront clôturé ce festival de belle manière, avec un concert splendide. Un ultime hommage sera rendu aux bénévoles qui monteront sur scène pour nous remercier et chacun prendra le chemin des tentes ou du foyer. Bravo le Sylak, encore une édition haute en couleurs et époustouflante. Nous attendons d’ores et déjà la sixième édition avec grande impatience.

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Photos : dans l’ordre : It Came From Beneath, Misanthrope, Hark, Death Angel, Madball, Kataklysme, Epica.

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Nos sincères remerciements aux organisateurs, aux bénévoles, aux groupes et bien sûr aux spectateurs, au nombre de 7 100, pour ces trois jours de bonheur.

Pat (chronique)

Kouni (photos)

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