Mezcla – Metalmorfosis : ode au talent

Posté le : 30 juin 2017 par dans la catégorie Chroniques
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Genre : Death Metal – Sortie : 29 janvier 2016

Genre : Death Metal – Sortie : 29 janvier 2016

Mezcla nous vient d’Auxerre dans l’Yonne et a vu le jour en 2004, déjà. Le groupe n’en n’est pas à son premier coup puisqu’il a déjà sorti un premier EP intitulé Hermanos De Sangre sorti en 2008, Salir Sin Pagar, son premier album en 2012, La Vitoria De La Vida, un album acoustique en 2014 et enfin ce Metalmorfosis en 2016. Le groupe évolue sous la forme d’un quatuor et se compose d’Alexis au chant et à la guitare, de Geoffrey à l’autre guitare, de Guillaume à la basse et enfin de Thibaud à la batterie. Il risque bien de parler ici d’originalité, alors nous allons voir ça. Asseyez-vous, prenez une petite bière ou un verre de sangria pour être à l’aise. Sachez enfin que cet album sort chez M.U.S.I.C Records. C’est parti.

Quand nous recevons un album chez Sons Of Metal, aucun à priori ne domine, nous écoutons et nous jugeons. Il en a bien sûr été de même pour cet album mais il faut savoir se montrer curieux et le travail d’une chronique consiste à glaner le plus d’informations possibles. La chose faite, votre serviteur du jour voit donc qu’il s’agit de Death Metal teinté Flamenco. Diable ! Pour quel résultat ?! Et bien nous n’allons pas te faire attendre ami métalleux et amie métalleuse car c’est assez impressionnant. Au premier abord, le flamenco est au Metal ce que la douceur fût aux croisades. Visiblement, cela ne peut cohabiter. En effet, ce Mezcla est fortement teinté côté influences d’un Kreator ou d’un Carcass qui tabasse. Je te vois déjà ami métalleux te dire : « ah ouais ben le flamenco c’était pas possible ! ». Et bien si ! Insolent que tu te montres car Mezcla réussi parfaitement à le faire. Ne fais pas la tête ce serait bête. Écoutes plutôt la bête et prends en plein ta tête. Et côté son, nous sommes servis : la production et le mixage sont quasi optimum, vraiment assez impressionnant. Un énorme bon point, alors bravo.

Attaquons-nous au contenu maintenant, quoique que le contenant soit aussi sympa côté artwork. Mais le contenu est ici la partie la plus parlante et ultra dominante de cet album. Criaturas Indeseables sonne déjà comme une réussite et ce dès le premier accord. Changements de rythme, riffs colériques et vitesse implacable. Le chant est assez puissant, éraillé comme il faut et la langue espagnole sied très bien à l’ensemble. Sangre Y Arena, le second titre, confirme les premiers dires mais ce titre fait aussi étalage de la technique des musiciens. Oui, ce groupe est doué. Les breaks opérés sont d’une énorme justesse et ne sont que prétextes à revenir plus fort, très fort même. Et puis ce chant qui continue son travail d’usure, c’est piquant comme un vieux chorizo trempé dans le tabasco. Le sens de la mélodie accompagne aussi les compositions. Décidément, ces gars ont tout compris et les accents hispanisants du solo de guitare sur ce même titre ajoutent à la crédibilité du groupe à maîtriser son sujet.

Les titres se succèdent sans baisser de régime, voyage tout droit dans les abîmes. Luciernaga est époustouflant de brutalité contenue, son solo implacable, sa réussite imparable. Otra Dimension porte très bien son nom et c’est ce que fait exactement ce titre vous transportant dans une autre dimension, celle du contrôle total de son art. Ce titre est un must, pas le plus rapide mais le plus fort, celui qui génère le frisson avec ses touches qui pourraient être empruntées au Maiden que nous aimons tous. Vous avez compris que tout est franchement bon sur cette galette et qu’il n’y a rien à jeter. L’usurpateur, avant dernier titre de cet opus, chanté en français avec la même réussite d’ailleurs, vient mettre un avant dernier uppercut à nos pauvres faces. Metalmorfosis vient poser le neuvième clou dans votre cercueil. Vous reposez donc d’être mort par une balle de Mezcla. C’est ce qui arrivera à celui qui ne se méfiera pas. Le taureau est descendu dans l’arène et le toréro a perdu ses oreilles et sa pauvre queue. Face à Mezcla, on ne lutte pas. On s’efface humblement et on passe son chemin. Ah au fait, ce dernier titre est parfait. Comme les autres en fait. Va, cours acheter cet album. Dépêche-toi.

Mezcla vient de distribuer une balle, une mandale, une rafale, un disque létal, bref tout ce qui fait mal avec un grand M. Mezcla transpire le Metal avec une authenticité non feinte. Son originalité est le passeport pour un très long chemin. Nul doute que ce ne sera pas un chemin solitaire car nombreux seront ceux qui avanceront dans son sillage. Aux p’tits gars de Mezcla : chapeau bas.

Pat

Tracklist :

  1. Criaturas Indeseables
  2. Sangre Y Srena
  3. Mantis Religiosa
  4. Luciernaga
  5. Entomofobia (instrumental)
  6. Otra Dimension
  7. Esfinge De La Calavera
  8. L’usurpateur
  9. Metalmorfosis

Liens :

Page Facebook : www.facebook.com/mezclagrupo

Site internet : http://www.mezcla.fr/

Soundcloud : https://soundcloud.com/mezclagrupo