Genre: Technical Brutal Death, Psychedelic, Math-Core - Sortie : 12 février 2016

Genre: Technical Brutal Death, Psychedelic, Math-Core – Sortie : 12 février 2016

Michel Anoïa est né au cours de l’année 2012 à Lyon. D’abord sous la forme d’un trio infernal autant qu’efficace (guitare, basse, batterie), ils se décident alors à défigurer le monde musical actuel en faisant leur petite mixture, alliant dans des doses qui varient en fonction du temps qui s’écoule de la piste que vous écoutez entre du psychédélique, du Technical Death, du Grind, du Black, du Noise, du Math-Core… Nous supposons que vous avez déjà compris que ce n’est pas le groupe que vous allez trouver par hasard en allant faire vos courses au supermarché.

Le 29 mars 2013 sortait déjà un premier EP/album éponyme. Pourquoi, mettons-nous “EP/album” ? Et bien l’œuvre ne contient qu’un seul titre mais ce titre dure une demi-heure environ, donc ce sera à vous de dire comment vous préférez qualifier cet objet musical. Depuis, le trio n’a pas chômé et a plutôt bien tourné en France et partiellement en Europe, jusqu’à la composition du second opus, Plethora, objet de la présente chronique pour lequel le chanteur de Haut Et Court a été débauché. Cet album est sorti le 12 février 2016 et si vous ne l’avez pas encore mis près de vos oreilles, nous allons vous montrer de quoi il retourne.

La pochette de l’album reflète très bien et totalement le côté schizophrène de nos larrons. Si vous avez bien lu la description du style musical un peu plus haut, vous aurez également compris cela. Et préparez bien votre cerveau car il risque de valser dangereusement au cours du voyage. En effet, si Michel Anoia nous était conté, gageons que le conte serait très sombre avec quelques personnages hauts en couleurs et des rebondissements à foison. Veuillez nous excuser aimables lecteurs car nous nous égarons un peu.

L’enregistrement est de bonne qualité mais il est vraisemblable que certains audiophiles lui trouveront quelques défauts. Chaque instrument est bien audible mais aucun ne se distingue drastiquement de la masse sonore ambiante. Cette masse qui est bien lourde, presque palpable et qui a été volontairement travaillée pour vous faire sentir la magie de Michel Anoïa : un groupe à la puissance live et donc un groupe à vivre en concert près de chez vous par exemple. Avec cette qualité d’enregistrement, c’est un peu comme si le quatuor lyonnais jouait dans votre logement, moyennant que vous poussiez un poil le volume, bien entendu, avec un peu moins de public et de sueur, sauf si vous sautez partout aussi.

La guitare possède un son qui vous retournera à n’en pas douter les neurones, avec une basse qui enveloppe bien tout le monde en jouant son rôle comme il se doit. La batterie balance ses rythmes légèrement en arrière du mix et le chant en growl bien gutturaux est légèrement mis en avant. De ce côté-ci, point de déception, à moins que vous ne vous attendiez à un son ultra précis et tranchant mais nous vous assurons qu’après un léger temps d’adaptation, ceci ne sera plus d’aucune importance.

Car en effet, la puissance des compositions qui constituent Plethora, le bien nommé, va littéralement vous scotcher sur place. Du début de La Terreur d’Exister à la fin de Salvatory Ostracism, une bonne trentaine de minutes vont s’écouler. Et ces minutes passeront vite. Mais vous aller les sentir passer, pour sûr ! La brutalité des morceaux n’a d’équivalent que la lourdeur de certains passages qui sonnent presque comme du Post-Black, à l’image par exemple du début de The Balance, ou certains passages lents de Le Silence Déraisonnable Du Monde, des interludes noise, comme au début de La Terreur d’Exister ou le morceau Rage Noire. Mais ce n’est pas tout. Il est difficile de décrire l’ensemble d’une façon globale tant chaque morceau se différencie des autres tout en restant dans un même ordre d’idée. Les musiciens savent comment utiliser leur technique et la mettre au service d’un message (très) fort. Le côté psychédélique qui n’est pas forcément si évident de prime abord montre son visage dans certaines transitions. Du moins c’est ce que nous pensions au cours d’une première écoute, puis nous avons compris qu’il y avait cet aspect même au cours des passages les plus violents, sans que l’on sache exactement ni pourquoi, ni comment. Nous écoutons donc d’une manière incrédule en essayant de comprendre, avant de saisir l’insaisissable : il est inutile d’essayer de comprendre, il suffit de se laisser porter par la musique. Un tapping ultra-rapide qui passe sur du lent et lourd, qui passe sur du noise, qui passe sur…

En une demi-heure, vous n’aurez pas eu le temps de vous ennuyer. Jamais. C’est impossible. Les répétitions sont très rares sur Plethora. Les enchaînements ont été finement pensés, la liste des morceaux s’écoule, ne laissant aucun répit à notre esprit, toujours occupé qu’il est à écouter.

Après un premier opus éponyme qui avait déjà été assez remarquable, Michel Anoïa passe encore un cap dans la violence latente, brutale et psychédélique à la fois. Le découpage paraît davantage dans “la norme” cette fois-ci, mais l’ensemble peut également s’écouter d’une traite sans aucune perte de cohérence quelconque. Chers lecteurs, si vous avez été fan de Psyopus, The Dillinger Escape Plan ou Cephalic Carnage entre autres et que, ouvert d’esprit que vous êtes, vous souhaitez écouter quelque chose dans la même veine tout en ayant su marquer sa différence, vous ne pourrez et ne devrez pas manquer Michel Anoïa. Ajoutez à cela un clip désopilant pour La Terreur D’Exister et un autre très beau et sérieux pour Two Mountains, et vous aurez obtenu la recette d’un bon moment.

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Tracklist :

  1. La Terreur D’Exister
  2. The Balance
  3. Rage Noire
  4. Two Mountains
  5. Le Silence Déraisonnable Du Monde
  6. Celestial Labdacide
  7. Tropique Du cancer
  8. Salvatory Ostracism

 Line-Up :

Arnaud : chant

Charles : guitare

Simon : basse

Ugo : batterie

Liens :

Clip de La Terreur D’Exister : https://www.youtube.com/watch?v=0cwRy_Yt9Kk

Clip de Two Mountains : https://www.youtube.com/watch?v=E5rWeaYHP40

Page Facebook : https://fr-fr.facebook.com/michelquartet/

Bandcamp : https://anoia.bandcamp.com/