Vacuum Road – Rear Views : le vent du large

Posté le : 04 juillet 2017 par dans la catégorie Chroniques
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Genre : Metal alternatif/progressif - Sortie : septembre 2016

Genre : Metal alternatif/progressif – Sortie : septembre 2016

Vacuum Road est originaire de la lointaine île de la Réunion (lointaine pour nous vu de la Métropole mais c’est aussi vrai pour eux dans l’autre sens, vous me suivez là ?) et a vu le jour en 2007. Composé de Thomas au chant, de Yann à la guitare, de Raphael à la basse et de Laurent à la batterie, la formation évolue donc en quatuor et vient ici nous proposer son premier album autoproduit. Voyons donc de quoi il en retourne. Prenez un cocktail, mettez-vous à l’ombre et préparez-vous au voyage. C’est parti.

L’image est belle rien que d’y penser : un groupe de Metal sous ces latitudes, cela fait plaisir ! Même s’il faut le dire de suite, ce n’est pas Slayer sous les cocotiers non plus. Ici, le Metal se veut alternatif comme le revendique le groupe, alors sera-t-il festif ou poussif ? Assurément, poussif il ne le sera pas. Mais de là à qualifier l’album dans la catégorie purement Metal, il y a un pas à ne pas franchir. Nous pourrons aussi le qualifier d’album rock au sens large du terme. D’ailleurs, The Sandlords qui ouvre l’album s’inscrit pleinement dans ce type. Le chant est propre, aux accents de Brian Molko, chanteur de Placebo. Le titre ne résonne pas Metal, assurément, le riff en milieu/fin de titre est sympa sans déclencher l’hystérie mais le morceau passe bien, soutenu en cela par une très belle production pour un album, on le rappelle, autoproduit. Changement complet et radical avec Futurism. En effet quel changement ! Une voix fortement poussée à l’éraillement, de l’énergie, un riff autrement plus agressif et un refrain assez accrocheur. Voilà qui montre la palette dont dispose Vacuum Road et c’est une agréable et bonne surprise que d’entendre cela. Water And Gravity fait entendre une longue complainte beaucoup plus orientée vers le prog, assez planante et sombre par moment. Un gros point positif, un refrain terriblement accrocheur qui assure un socle très solide au titre.

Vacuum Road a le don de faire passer une émotion d’un extrême à l’autre, de façon rapide voire brutale par moments. Le jeu de guitare agit dans ce sens, alternant riffs nerveux et notes disparates sur une même ligne. L’ensemble de l’album gravite donc bel et bien dans ce registre fait tour à tour de beauté comme sur 64, titre à la ligne mélodique parfaite et au solo de guitare touchant au parfait. Aux trois quarts du morceau, l’accroche est totale, point final. Un des meilleurs titres de cet opus.

La force récurrente de ce groupe est aussi de proposer de nombreux breaks qui se montrent très pertinents dans leur ensemble. Celui de Nature Hates A Vacuum aux trois minutes et quarante secondes illustre parfaitement cet état de fait. Cet album ne réservera pas de mauvaises surprises aux aficionados du genre. Il risquera au pire de ne pas contenter la frange la plus dure du peuple du Metal mais on ne peut plaire à tout le monde. Partant de ce principe et faisant abstraction de cela, ce disque s’écoute très facilement, votre serviteur du jour n’étant pas adepte du Metal progressif, force est de reconnaître la qualité évidente des compositions et la qualité du travail fourni. Le seul petit reproche à faire ? Une méthodologie de composition qui reproduit assez souvent le même schéma sur une majorité de titres (envolées guitaristiques, calme planant, riffs) mais là ce n’est pas non plus rédhibitoire à l’écoute, c’est simplement un constat sans vouloir à tout prix chercher le négatif.

L’album vient se clore par le très beau You Owe Me Nothing et le non moins beau et efficace And That Winter That Never Comes. En effet, sous ces latitudes, l’hiver n’est qu’un fantasme lointain, on aura beau le guetter depuis les rivages de l’île, cet hiver ne viendra jamais. Ici, c’est le soleil qui prédomine depuis longtemps et pour longtemps encore. Gageons que ce même soleil se lèvera chaque jour et pour longtemps sur Vacuum Road.

Vacuum Road est un caméléon capable de multiples facettes, de multiples formes d’adaptation. Il faut reconnaître cela au groupe. Sa musique est planante, jamais barbante. Au final, nous avons entre les mains un assez bel album qui, espérons-le, saura le transporter bien au-delà des océans pour délivrer son message. Nous lui souhaitons. Bonne route et… bon vent !

Pat

Tracklist :

  1. The Sandlords
  2. Futurism
  3. Water And Gravity
  4. 64
  5. Nature Hates A Vacuum
  6. 82
  7. Evil After All
  8. You Owe Me Nothing
  9. And That Winter That Never Comes

Liens :

Page Facebook : www.facebook.com/vacuumroad

Bandcamp : https://vacuumroad.bandcamp.com/

Clip de The Sandlords : https://www.youtube.com/watch?v=ynpsJ49Wvm0