Interview : Laure et Mike, organisateurs du Sylak Open Air

Posté le : 18 juillet 2017 par dans la catégorie Interviews
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Bandeau Sylak 2017

À trois semaines de la septième édition du Sylak Open Air (l’évènement aura lieu du 4 au 6 août prochains à St Maurice de Gourdans, dans l’Ain), Laure et Mike, membres de l’association qui gère le festival, ont eu la gentillesse de répondre à nos questions, curieux que nous sommes de savoir ce qui se passe dans l’ombre de la scène. Découvrez les secrets d’un festival qui monte, qui monte…

Sons Of Metal : Tout d’abord, pouvez-vous raconter la création de votre association et du festival ? D’où êtes-vous partis ?

Mike : Le festival est né à l’origine par le rapprochement de l’association The Rock Runners avec Nicolas, un ami et local de Saint-Maurice de Gourdans. Avec TRR, on organisait principalement des dates sur Lyon. On voulait se lancer dans l’organisation d’un petit festival. Alors on s’est entouré et grâce à Nicolas on s’est retrouvé à SMDG. La suite s’est faite toute seule !

Quels étaient les premiers obstacles qui se sont dressés devant vous ?

Laure : Côté organisation, on n’a jamais eu de vrais obstacles, surtout au commencement. Nous avons la chance d’avoir une collectivité géniale qui nous aide beaucoup et qui nous a très vite acceptés. On a eu un peu de mal avec la programmation les premières années, car nous n’avions pas encore la confiance des tourneurs. Quand on est un petit festival comme nous, il faut arriver à faire son nid progressivement. En plus, le fest’ était initialement en septembre, alors les tournées d’été sont terminées…

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La programmation du festival est éclectique mais, souvent, un genre est prédominant. Comment choisissez-vous les groupes ?

Mike : Les groupes sont choisis en fonction des offres des tourneurs et des demandes que nous recevons. Donc le premier critère est la disponibilité. Ensuite, comme tu l’as dit, c’est l’éclectisme qui prime. On écoute tous des choses bien différentes, alors ça nous permet de nous y retrouver chacun un peu. Pour finir, il y a la question du budget, et là, c’est une toute autre histoire bien compliquée !

Laure : On ESSAYE de varier la programmation le plus possible. Mais on est vraiment tributaires des tournées. Si des gros festivals peuvent se permettre de faire venir des artistes en date unique, ce n’est pas notre cas. Cette année, on a reçu beaucoup de proposition pour du Death par exemple et l’année dernière était plus « hardcore ». On ne peut pas dire que ce soit une volonté !

En six éditions, un nombre très important de formations sont montées sur votre scène. Laquelle d’entre elle vous a le plus marqué et pourquoi ?

Mike : Difficile de n’en citer qu’un… Je dirai pour ma part Madball, Suicidal Tendencies et Gojira. Madball pour leur discours, Suicidal pour leur belle énergie fédératrice et Gojira parce qu’ils restent des monstres scéniques !

Laure : On voit peu de concert… Je pense que mon moment préféré était le final du festival l’année dernière avec Converge ! Il s’est passé quelque chose de spécial, je ne sais pas trop quoi…

À l’inverse, un groupe dont vous ne gardez pas un bon souvenir et pourquoi ?

Mike : Comme ça, rien ne me vient à l’esprit…

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Si vous deviez raconter une anecdote amusante ?

Mike : Red Fang sont connus pour leur humour et bien ce n’est pas une légende ! En 2014, ils ont vu un tracteur dans le champ à côté, du coup, ils sont partis faire des tours avec. L’image était belle à voir !

Lors de la toute première édition, vous aviez accueillis mille festivaliers. En 2016 vous aviez presque atteint les dix mille. C’est plutôt fulgurant en six éditions ! Quelles sont les raisons d’un tel succès ?

Laure : La raison numéro 1 est le fait d’avoir augmenté la renommée des artistes présents. Le budget du festival a été multiplié par 8 en sept éditions afin de pouvoir nous permettre d’accueillir des groupes internationaux. Forcément, il y a plus de monde intéressé. Ensuite, il y a pas mal de bouche à oreille, grâce à l’ambiance qui a toujours été bonne enfant.  Nous devons beaucoup aussi aux gens qui nous entourent. L’évolution a pu se faire parce qu’ils nous ont suivi dans notre folie !

Pour cette édition 2017, quel est l’objectif en terme de fréquentation ?

Mike : La même que l’année dernière, soit 9500 personnes.

Quelle est la principale préoccupation lorsqu’on organise un festival ?

Mike : La sécurité. Je ne parle pas seulement de tout ce qui est arrivé en France dernièrement. J’englobe aussi la fluidité des passages qui peuvent provoquer des mouvements de foule, les risques météo ou d’incendies, l’alcoolémie, les vols, etc. Si tout se passe bien là-dessus, alors l’ambiance sera bonne et beaucoup de choses seront plus faciles !

On imagine que l’essentiel de votre budget est principalement voué au paiement des musiciens mais on voit à chaque édition que vous mettez également beaucoup de moyens dans l’infrastructure, la restauration, les sanitaires et la sécurité. L’organisation d’un tel évènement demande combien d’argent ?

Laure : Beaucoup. La première année, on tournait autour de 40 000 €. C’était déjà énorme pour nous. Certains ont pris des crédits en leur nom pour pouvoir assumer cela. Maintenant, on tourne autour de 360 000 €. Tous les micros-bénéfices que nous avons faits certaines années sont réinjectés l’année d’après pour financer les infrastructures et le confort. On s’en sort financièrement car on est tous bénévoles dans le bureau de l’association. Nous n’avons même pas de locaux, on travaille tous de chez nous donc les frais de fonctionnement sont très réduits.

En parlant de la sécurité des festivaliers, nous vivons une période marquée par les attentats terroristes et l’état d’urgence constant. Cela doit certainement influer sur votre organisation et de quelle manière ?

Mike : Bien sûr ! L’année dernière, nous avons dépensé 30 000 € de plus que l’année d’avant, en sécurité. Cela passe par des agents supplémentaires, des barrières rajoutées, des dispositifs anti voiture-bélier, les contrôles de la gendarmerie, etc. Nous avons dû changer beaucoup de choses sur le site et, parfois, ça compliquait fortement l’accessibilité. Mais même si on y perd en confort, on sait pourquoi on le fait !

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Revenons à la musique. En imaginant que vous ayez les moyens et l’opportunité, quel serait LE groupe que vous voudriez inviter à jouer sur votre scène ?

Laure : Ahah, il y a certains groupes que j’aimerai voir sur scène, mais pas chez nous car ils sont beaucoup trop compliqués à accueillir ! Difficile aussi de ne citer qu’un nom, mais j’aimerai Life Of Agony, Tragedy, Death In June, Integrity et pour finir sur un truc complètement inaccessible : Faith No More.

Mike : Body Count, Machine Head, Hatebreed, Patrick Sébastien, Booze And Glory…

En regardant la programmation, vous donnez une très grande place aux groupes nationaux et même souvent basés dans la région Auvergne-Rhône Alpes. C’est primordial de soutenir ces formations qui ne sont souvent pas encore pro ou signées par un label ?

Mike : Oui, c’est même la base du festival « Support Your Local Artist Krew ». Nous avons des partenariats avec les collectivités régionales pour mettre en avant des artistes de chez nous.

Merci d’avoir répondu à mes questions. Je vous laisse le mot de la fin.

Merci à toi pour ces lignes, on se voit en août !

Interview réalisée par Kouni le 17 juillet 2017

Liens :

Page Facebook de l’évènement : https://www.facebook.com/events/322389238123704/

Site internet : http://www.sylakopenair.com/