Genre : Metal progressif - Sortie : mars 2017

Genre : Metal progressif – Sortie : mars 2017

Mes amis, que cet été est beau ! L’effet de serre produit de véritables miracles niveau thermostats et nombre d’entre nous ont gentiment rôti au Hellfest. Un beau ciel (désespérément) bleu, pas un poil de vent. Wouah, le bonheur de la peau opaline et du tatouage couleur ! Et Game Of Thrones qui redémarre avec ses conneries d’Hiver qui revient en plein juillet ! Ils doivent pas rouler au diesel à Winterfell… Nan, je sais pas vous mais vraiment, l’été je sature. Alors voici ce qu’avec Sons Of Metal, votre webzine chéri à vous qui avez bon goût, nous préconisons pour vous. Dans un premier temps, munissez vous d’obscurité. Pas genre totale mais suffisante pour amener une fraîcheur toute automnale. Ensuite, procurez-vous par tous les moyens légaux à votre disposition le nouvel album des rhônalpins de Sceau de l’Ange. Attention toutefois : bon son et immersion exigée pour une écoute optimale d‘Ascendance. Pour finir, laissez vous porter par le Prog aventureux du combo, par la voix versatile de Céline de l’Ange, des cordes affûtées des bretteurs Thomas Safont et Raphaël Dutreige, et des fûts du nouveau venu Damien Bornet. Voilà, je crois qu’on est bien là, on oublie la canicule et on s’y jette !

Avec Ascendance, il va falloir se creuser un peu la tête. Sceau de l’Ange s’inscrit dans une démarche clairement expérimentale, tant sur le plan musical que textuel. Cela peut paraître surprenant mais nous nous pencherons d’abord sur les paroles. C’est le point fort, à double tranchant, de l’album. En effet, la complexité de l’écrit nous rappellera sans tarder celle des gangs de la Team Nowhere, Eths en tête. Et ce genre de plume, c’est casse-gueule. Celui qui ne pige rien se sentira agressé par des textes très (trop ?)  emphatiques, alors que le vaniteux s’enorgueillira d’avoir compris le sens et les mots. Et il faut parfaitement maitriser l’exercice pour ne pas laisser trop de monde sur le carreau. Dans le cas de cet album, l’impression est mitigée… Le groupe a eu l’excellente idée de mettre sur Youtube les trois premiers morceaux du skeud en mode lyrics video (lien en fin de chronique), ce qui permet d’appréhender bien plus commodément des textes qui certes peuvent paraître pompeux, mais dont le sens est profond et travaillé. On retrouve sur la plupart des titres le champs lexical du message sous toutes ses formes, de la trahison et de la justice également… On note également que le groupe creuse du côté de la spiritualité mais globalement, tout reste flou et rien n’est véritablement accessible. Sceau de l’Ange, comme l’indique son blase aime jouer avec les symboliques et les mots. Votre interprétation fera le reste.

Et la zik dans tout ça ? Et bien la zik, elle est bien bonne, desservie par un son très net mais qui manque parfois de puissance. On a sur Ascendance un Metal progressif léché, aux influences diverses et bien digérées avec certaines teintes blackisantes, sympho et Indus rappelant parfois Arcturus. Le disque commence et termine avec des titres longs, tarabiscotés, appuyant très élégamment les textes dont nous avons parlé plus haut. Dans ses titres on trouvera plus de passages éthérés et acoustiques entre deux, trois morceaux plus incisifs et par conséquents plus courts. Ces derniers sont plus heavy et plus directs, voir menaçants dans le cas de RAZ. Et c’est une excellente idée de les avoir inclus au centre de l’album. Dans tous les titres, Céline fait des merveilles. Sa voix claire est accrocheuse, elle hurle et théâtralise comme le ferait une certaine Candice de vous-savez-quel-groupe. Son organe est d’ailleurs utilisé comme un instrument à part entière, comme le prouve les très nombreuses allitérations et assonances (en S sur Urgente Théurgie, ou en F sur Anecdote, à titre d’exemple) qui permettent à la chanteuse de faire glisser le texte de manière surprenante. Derrière elle, ça cavale sec. Les deux guitaristes/bassistes sont excellents, tantôt galopant sur les parties heavy épiques, tantôt planant sur les intros et les break acoustiques. Bon après, niveau solo y’a pas de quoi grimper au rideau, ce que d’aucun trouveront dommageable. Mais ce serait oublier qu’ici, à mon sens du moins, Sceau de l’Ange produit une musique qui vient épouser le texte et laisse par conséquent le devant de la scène à Céline. Et chapeau, c’est réussi.

Avec Ascendance, Sceau de l’Ange nous délivre une pièce onirique et complexe dans laquelle on se plonge sans difficulté pour peu que l’on n’ait pas débranché les méninges. Mention spéciale à la performance de Céline qui s’illustre magistralement dans tous les registres qu’elle explore dans cet album. Bon, il est désormais l’heure de retourner cramer. Merci à Sceau de l’Ange pour la pause fraîcheur, je pense bien la faire durer un peu en me repassant l’album.

Walhälla

Tracklist :

  1. Karma
  2. Epineuse Saison
  3. Urgente Théurgie
  4. Anecdote
  5. Synopsis
  6. RAZ
  7. Après le RAZ
  8. Ataviques Attaques
  9. A l’Absent Murmurer
  10. Les Ouailles Noyées

Liens :

Site officiel : http://www.sceaudelange.com/

Page Facebook : https://www.facebook.com/sceaudelange/

Chaîne YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=NWm8dD0TnyQ