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Nous voilà donc arrivés à la septième édition du Sylak version 2017, déjà ! Et une nouvelle fois, le succès fut au rendez-vous. Comme à son habitude, Saint-Maurice de Gourdans a fait du Metal sa spécialité pendant trois jours. Trois des membres de Sons Of Metal étaient présents pour vous en faire vivre comme à l’accoutumée, le récit de ces trois jours de joutes métalliques. Mike en head coach était présent, Kouni l’était au poste de photographe-sniper et votre serviteur du jour en charge du sempiternel petit live report. Saluons bien bas et avant tout autre chose l’organisation de ce festival qui s’est montrée une nouvelle fois impeccable, les bénévoles ont fait feu de tout bois, avec une mention spéciale, oui une véritable ola, pour les p’tits gars de la sécurité chargés de récupérer les slameurs/slameuses (et ils furent nombreux) de l’autre côté de la barrière, et croyez-nous, cela n’a pas toujours été facile car le risque de chute ainsi que celui de se « prendre une Charlotte » fut élevé ! Alors bravo à eux et merci, car non seulement ils vous ont réceptionné sans discontinuer mais tout cela avec le sourire s’il vous plait, tapes amicales avec les festivaliers et autres bisous, faisant de l’ambiance de ce festival, un lieu vraiment à part. Notons que l’absence du stand EMP a été une nouvelle fois remarquée. Les familles étaient aussi présentes avec nombre de kids qui eux aussi se sont mis aux slams dont un gamin qui aura amorcé le mouvement perpétuel en slamant, retournant dans le pit, slamant de nouveau et retournant dans le pit, etc. Vous avez compris. Le réchauffement climatique lui, malheureusement, se confirme un peu plus chaque année puisque nombre de métalleuses ont dû enlevé le haut, à moins que ce ne soit une inflation spectaculaire du prix du soutif, on ne sait plus. Oui, il a fait chaud, très chaud même. D’ailleurs, nombre d’animaux ont disparu depuis l’année dernière où seuls un élan et un panda auront été vus cette année. Les pauvres bêtes ont dû souffrir au vu de la raréfaction du lichen et des pousses de bambou. De nombreux looks ô combien différents et décalés auront été vus. Le fashion award allant à ces quelques gars affublés de mini shorts que n’auraient pas reniés nombre d’athlètes de l’époque de la RDA. Bref, tout cela fut magnifique de bonheur et la prestation des groupes fut quant à elle tantôt géniale, tantôt inégale mais rarement banale. Retraçons dès maintenant ces trois jours d’abattoir allant de l’abrasif, en passant par le corrosif jusqu’au très festif. Asseyez-vous, c’est parti.

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Vendredi 4 août

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Premier jour du festival et journée d’échauffement qui, comme dans les autres éditions du Sylak, se joue sur une scène annexe, décalée physiquement par rapport aux autres années, à la scène principale dédiée aux deux journées suivantes. Sulphat’Hetamine a la charge d’ouvrir le bal et d’envoyer la première salve. Une tâche toujours compliquée où le groupe évoluant en trio a délivré une musique très groovy. Son blues/rock aura fédéré le peu de public présent et sa musique à l’esprit très seventies, parsemée d’envolées interminables faisait penser à ce qui se faisait dans les grandes messes type Woodstock. Ils s’en seront bien sorti.

SPLIT THE ATOM-20170804-001Split The Atom n’a pas lui non plus laissé se reposer les festivaliers. Sa musique heavy, rapide et efficace tendance Hardcore a permis au groupe originaire de Lyon de délivrer un set très correct et ce malgré un son au-delà de la saturation. Le public fut conquis, là était bien l’essentiel car quand on voit des visages souriants, et il y en a eu, cela signifie que c’est gagné. The Butcher’s Rodeo, là nous sommes rentrés dans le très sérieux. Les Parisiens n’auront pas fait le voyage pour rien, nous savions à l’avance pour avoir chroniqué le dernier album que ça allait déferler sévère dans le pit, et ça a déferlé sévère dans le pit. Folie, musiciens au top de leur forme, leur Hardcore qui pousse sous la mousse, tu ris, tu tousses, ce fut festif, paf ! Une savate dans le pif. Quel show, quelle ambiance, des musiciens qui embarquent la batterie et les grattes pour jouer au milieu de la foule pendant que ça « circle pit » autour d’eux. Bref, un public nombreux et conquis. La première claque de ce Sylak version 2017. Bravo les p’tits gars, vous avez assuré !

Là on se dit, c’est le premier jour et nous sommes déjà aussi propres qu’une famille de gorets dans la boue, c’est bien parti. Mais ça va peut-être se calmer maintenant, histoire de récupérer un peu non ? Et bien non car c’est au tour des Parisiens de L’esprit du Clan de prendre la place et de balancer sa rage habituelle. Ajoutez à cela l’énergie brute de son Thrash/Death/Hardcore énergique et ô combien carré. Le son fut bon et la foule compacte et bien présente devant la scène. Leur set aura été d’une grande densité, ces gars-là ont toujours été faits pour la scène et une fois de plus cela ne s’est pas démenti. Oui, L’esprit du Clan a toujours eu le don de faire bouger la foule qui sur cette septième édition du Sylak semble toute encline à se bouger de façon maximale. C’est juste la première journée et les organismes sont déjà mis à rude épreuve. L’esprit termine son show en ayant dévasté la scène. Parfait.

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La fermeture revenait donc ce soir à Black Bomb A. Le groupe à la carrière longue comme le bras et une jambe investissait donc la scène secondaire du Sylak avec la forte volonté d’en découdre.BLACK BOMB A-20170804-001 Comme point final de cette première journée, le groupe aura montré une très belle prestation malgré le poids des ans que l’on peut ressentir, sa musique aux accents Hardcore n’aura montré que du bon aux festivaliers présents, en témoigne les mines réjouies de beaucoup à la fin du show. Et si vous ajoutez à cela une demande en mariage faite sur scène, certainement une première au Sylak, vous avez là un très beau final pour cette première journée déjà très riche. Notons également la présence de beaucoup de monde pour un vendredi. Parfait. La nuit est tombée, on y aperçoit la voie lactée, à moins que ce ne soit la voie houblonnée. Car la mousse a coulé à flots, la mousse est partout, de la mousse qui colle et qui salit tout. On le sait tous, le métalleux est joyeux mais il est aussi souillon. Et que fait une métalleuse voyant revenir son métalleux du pit tout sale et très fatigué par probablement moult breuvages ? Elle se change en grondeuse, genre « Non mais t’as vu dans quel état tu es ? » et le métalleux qui visiblement ne comprend pas l’outrecuidance de sa compagne de répondre : « mais j’ai bu que deux bières… ». Oui, beaucoup de mousse, en extérieur comme en intérieur. Il était maintenant temps de se souhaiter bonne nuit pour certains, d’autres ont dû chercher leur tente longtemps. Ils avaient la nuit pour cela.

Samedi 5 août

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Attaquer la journée à 11h30 sous un soleil déjà infernal est une épreuve. On le voit au positionnement des festivaliers qui se placent autour de la scène en fonction de la zone d’ombre. Nombre de métalleux sont encore endormis ou errants comme certains sur les chemins avec un visuel digne d’un mordu de The Walking Dead. Mais il faut aller au charbon en ce samedi et ce sont les Lyonnais d’Apply For A Shore qui s’y collent. Malgré l’heure « matinale », leur Post Hardcore aura fait merveille malgré le peu de monde présent. Peu de monde mais public conquis. Balancer autant d’énergie au réveil était même indécent au vu de la chaleur qui s’abattait déjà sur les mousseux de la veille. Une belle prestation en tous cas. Bottlenext, le duo créateur de Hard Folk comme ils se décrivent pourra se targuer d’avoir attiré l’attention du public présent, son Rock-Folk-Stoner, ou appelez ça comme vous voulez après tout, aura laissé une excellente impression sur scène, probablement dû aussi à l’impressionnant solo de saxo. Une belle performance pour uniquement deux gars sur scène. Bravo.

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C’est au tour de Mars Red Sky d’investir la scène et l’on peut dire avec tout le respect dû à ce groupe que l’envie qu’ils s’arrêtent vite de jouer n’était pas loin. Bien sûr, le groupe aura récité son Stoner psychédélique avec application mais sans déclencher l’hystérie, loin de là. D’ailleurs, un pote qui passait près de moi prend mon carnet de notes et y inscrit le mot « ennui ». Vous cumulez à cela un soleil de plomb, plus pour certains le casque fait de même métal sur leur tête et c’en était trop pour le groupe qui n’avait pas l’air de tenir la grande forme qui plus est. Il y aura des jours meilleurs sur la planète Mars, à n’en pas douter.

CRYPTOPSY-20170805-005Cryptopsy avait donc la lourde tâche de redonner le moral aux festivaliers groggy. Les Québécois ne sont pas venus pour vendre du sirop d’érable ni vanter la beauté de Laurentides. Juste avant le show, on a pu apercevoir dans le public des membres de Benighted, un signe fort qui annonçait que les cousins d’outre-Atlantique allaient se charger d’envoyer un peu de musique traditionnelle vitaminée dans les oreilles. Et le déferlement eu lieu. Leur Death Metal tendance Metalcore a mis une bonne partie du public en éveil. De la technicité, du growl et du cri de goret, une bonne communication avec le public, le chanteur se permettant même un « je ne veux pas égratigner votre belle langue » plein de respect. Le set n’aura été que rage amenant peu après une pluie d’orage. Ils sont venus, on les a vu, et ça a bien plu.

Les Bataves d’Heidevolk emboîtent le pas pour un autre style complètement différent orienté sur le Pagan. Deux chanteurs en place, assurant tour àHEIDEVOLK-20170805-006 tour le show, faisant feu de partout, faisant feu de tout bois. Et des bois, il y en avait sur scène comme dans le public. Un set complet, une ambiance qui allait crescendo et la connexion avec le public établie dès le début. Un show consistant qui aura su attirer à lui les métalleux présents. Il n’était pas facile de passer après Cryptopsy mais les Hollandais s’en seront tiré avec bravoure et courage. Les Allemands de Caliban suivaient sur l’affiche pour présenter leur Metalcore aux forts accents de Linkin Park dès lors qu’il s’agissait de refrains. Il est à noter nombre de jeunes voire très jeunes dans le public à ce moment. Les midinettes n’auront eu cesse de crier pendant le set du groupe, et l’on sait que la midinette a le cri strident et l’envie de la faire taire se faisait grande. Les musiciens auront délivré leur set sans coup férir, sans génie non plus mais avec la volonté de plaire, c’était indéniable. Ce qui a suivi a fait monter de deux crans l’ambiance et la folie au Sylak. On range le groupe à fifilles et on passe aux choses sérieuses : Suffocation. Ce groupe possède un charisme particulier, les New Yorkais sont venus démontrer l’étendue de leur savoir en passant le public au rasoir. Depuis des années, le combo est un monstre scénique et une nouvelle fois cela ne s’est pas démenti. Des titres comme Clarity Through Deprivation et l’infernal Infecting The Crypts qui est venu clore le show aura assis le Sylak sur son cul tant l’énergie dépensée par le groupe fut totale et le show bestial.

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The Chris Slade Timeline, au premier abord, quelle étrangeté dans la programmation. Bon nombre de personnes se sont demandées « mais pourquoi ? ». Oui, pourquoi un batteur, quand bien même il fût celui d’AC/DC pendant un temps, viendrait-il se produire avec son groupe ? Et bien pour notre plus grand plaisir il faut avouer. Bien sûr l’âge est là, il nous guette tous. En le voyant on pouvait se dire qu’après les slams sur les groupes précédents nous allions pouvoir souffler un peu. Des titres repris en chœur par tout le monde tels Dirty Deeds Done Dirt Cheap, The Razor’s Edge, Hell’s Bells et même un titre du groupe Uriah Heep dont Chris Slade fut batteur. Et puis ce moment, bien sûr très éloigné du blast, du Core et tout ce que vous voulez, Parisienne Walkways, probablement inconnu des plus jeunes mais morceau de l’énormissime et regretté guitariste virtuose Gary Moore dont Chris Slade fut le batteur un temps aussi. Le batteur est bien entouré, les musiciens ont du talent et ce morceau résonne comme un moment de grâce dans ce monde de crasse. Tout le monde passe un bon moment, est attentif, puis résonnent les premières notes de Thunderstruck. Et là, l’oncle Slam fait son retour, ça pousse, ça saute, ça chante et comme si cela ne suffisait pas, le show se termine par Higway To Hell, et la fosse se change de nouveau en autoroute pour le slam version non-stop. Oui ce fut beau, pas violent mais bon, car il restera toujours au fond de nous tous un bout d’AC/DC pour la vie.

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METAL CHURCH-20170805-001Votre serviteur du jour a eu la chance de voir Metal Church il y a de cela fort longtemps en 1987 puisqu’ ils partageaient la même scène qu’Anthrax et Metallica ce même soir à Paris. Qu’en resterait-il de ce groupe qui, à l’époque, s’annonçait très prometteur et son album The Dark était une pure réussite. Les Américains prennent place, la scène se fait plus grande. Kurt, un des guitaristes historiques, a vieilli et l’énergie n’est plus la même. Le choix des titres discutable, pas de Watch The Children Pray ni de Western Alliance. Nous avons eu droit quand même à Start The Fire et Beyond The Black mais le compte n’y était pas. Il y avait de la consternation chez pas mal de personnes à la fin du concert, des satisfaits aussi bien sûr et fort heureusement d’ailleurs mais la prestation fut quand même très légère et sans beaucoup de relief. Il est facile de critiquer négativement certes, mais au-delà du fait de toujours exister plus de trente ans après, ce qui est en lui-même un certain exploit, on ne peut se contenter de ce que l’on a vu et beaucoup sont repartis déçus. Une prochaine fois peut-être.

Venom Inc., voilà encore un nom qui résonne aux oreilles de votre serviteur et qui replonge ce dernier dans ses plus vieux souvenirs. Vus en 1984 à Paris, qu’allait-il en rester ? Le groupe qui a traversé aussi bien des turbulences et des déchirements est attendu par beaucoup. Deux des membres historiques, Mantas et Abaddon, sont toujours dans le groupe. Le trio entre en scène et nous assistons à un beau festival ma foi. Oui, l’énergie est encore là. Le groupe était aussi inconnu de beaucoup mais aura su apprécier les énormes classiques que sont Black Metal, Ave Satanas et le titre final Countess Bathory, entre beaucoup d’autres. La prestation scénique fut convaincante et assez enthousiasmante et les slams en attestent aussi. Le groupe pourra se targuer d’avoir réussi son passage au Sylak, ce n’était pas nécessairement gagné d’avance. Bravo.

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Max And Igor Cavalera Return To Roots, sacré morceau, sacré programme. L’album légendaire des frères Cavalera lorsqu’ils officiaient dans Sepultura, joué dans son intégralité ! Voilà le programme annoncé. Comme le disait parfaitement Kouni, photographe de Sons Of Metal : on aime… ou pas, que ce soit Sepulura, Soulfly, Cavalera Conspiracy, Nailbomb, il y a des inconditionnels et leurs détracteurs. Votre serviteur du soir se situe dans la première des catégories mais il est essentiel de n’en faire cas et relater au mieux les impressions du show. Pour information, le groupe est arrivé dix minutes seulement avant de monter sur scène, pas de soundcheck, pas de balance, pas d’instruments tribaux et concernant la batterie, ce n’était pas celle d’Igor non plus, d’où le son assez exécrable sur les trois premiers titres, et encore à la barrière ce n’était pas le top mais pas le pire non plus au dire du fond de la foule. Max Cavalera, ce n’est pas un secret, n’est plus le Max d’avant mais il reste Max Cavalera. Drapeau brésilien sur scène, il arrive par la droite, déclenchant immédiatement cris et mouvements dans le public. Max reste une légende. Roots Bloody Roots est attaqué d’entrée de jeu, secondé par le très talentueux Marc Rizzo à la guitare et comparse habituel dans Soulfly, ainsi que de Tony Campos à la basse (ex-Soulfly). Le quatuor balance l’intégralité de Roots puisqu’ils sont venus pour ça, certaines bombes que sont des titres comme Cut-throat, Staight Hate, Dictator Shit, ou encore le terrible Ratamahatta où l’absence du berimbau habituellement utilisé sur scène par Max lui-même s’est faite sentir. Mais le tour bus ayant été zappé entre le Wacken et le Sylak, voyager avec tout ce bordel à la main était impossible. Il y eu beaucoup de « jump the fuck up » qui auront fait sauter le public, il y avait de la fatigue aussi. Max est fatigué il est vrai mais l’énergie venant de la foule a été conséquente et permanente, ça slamait à tour de bras, mettant les gars de la sécurité et nos têtes aux premiers rangs à rude épreuve. Max poursuivi seul un moment avec des reprises d’Orgasmatron de Motörhead, un titre de Black Sabbath, avant de faire revenir Marc et Tony pour une reprise d’Ace Of Spades de qui vous savez et enfin terminer par le titre monstrueux qui avait commencé le set : Root Bloody Roots, titre emblématique et hymne défouloir s’il en est. Les deux brasileiros Max et Igor saluent le public et disparaissent dans le noir de la scène. Que l’on aime ou pas, Max Cavalera reste un monstre, un musicien à la personnalité attractive et nous avons eu là une chance unique de découvrir l’intégralité de cet album joué sur scène. Point final de cette deuxième journée, l’ombre de Max Cavalera planera encore le lendemain puisqu’un ami répondant au nom d’Alex et emmenant son jeune fils sur les premiers concerts du lendemain, se balade devant la scène, regarde par terre et trouve un médiator dans la poussière estampillé « Max » sur une face et « Return to roots » sur l’autre, la classe.

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Dimanche 6 août

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Ce n’est pas tous les jours fête et lendemain dimanche dit le vieil adage. Et bien si ! Après la fête d’hier samedi, c’est dimanche aujourd’hui, et au Sylak, l’organisation s’arrange pour que le dimanche vienne après un samedi. Ils sont vraiment trop forts. Buy Jupiter a la toujours lourde tâche d’ouvrir la cérémonie de ce déjà dernier jour. Les Lyonnais sont venus proposer de bon matin si l’on peut dire leur Death Metal malgré le peu de monde devant la scène. Le quintet bruyant aura fait son maximum pour s’en sortir convenablement et il s’en est bien sorti. Goatfather, d’autres gars originaires de Lyon, montent sur scène pour envoyer leur Stoner bien lourd et bien gras. Vous couplez ce truc bien gras avec une portion de frites faites par un certain Jean-Pierre Gratte du Sylak et vous avez le taux de lipides d’une plaque beurre plongée dans une glace Ben &Jerry’s. Le set du groupe fut vraiment bon et beaucoup s’accordaient à dire que cela avait été « cool », et ce malgré un souci de guitare. Bravo les gars et à bientôt. C’est au tour de Svart Crown de prendre la place encore chaude. Les Français auront rencontré un problème de son et il n’y avait pas démesurément de monde devant leur show. Leur set aura été propre et ce sera montré énergique dans le final. Vraiment pas aidés par le son, il faudra les revoir dans de bien meilleures circonstances.

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REGARDE LES HOMMES TOMBER-20170806-001Le Sylak allait maintenant basculer dans une autre dimension. En effet, Regarde les hommes tomber a fait rentrer le public du Sylak dans une noirceur profonde et ce malgré le temps bloqué au beau fixe. Le Black Metal distillé par les Nantais aura posé une véritable chape de plomb sur l’assistance. Une densité dans sa musique rarement atteinte, un public conquis, un set parfait auront fait rentrer le groupe dans les annales du Sylak, rien de moins. Dévasté, oui le public le fut, et la prestation du groupe d’un très haut niveau. Respect. Difficile de passer après tel récital mais Aborted avait cette tâche à accomplir et ils l’ont accompli. Car nous n’avons pas eu affaire à une bande d’amateurs éclairés mais plutôt à une division panzer tournant au supercarburant. Cela tombe bien, ils arrivaient tout droit de chez les Teutons du Wacken. Les p’tits gars de Belgique au Metalcore acide et bien plus encore, dont le nom du groupe est à prononcer « a-bor-tide » et non pas « aboreutède » comme on a pu l’entendre (si, si !), montent sur scène avec une énorme prestance. Sven, chanteur de son état, se fend d’un « on continue le massacre ? » et massacre il y eut. Circles pit en masse, walls of death, tout y était ! Ajoutez la présence sur scène, pour un titre,  de l’hurleur Julien Truchan de Benigthed, prononcez « bi-naille-tide » et non pas « béniquetède » comme on peut l’entendre du côté de Rodez (si, si !). Mission accomplie, réussie, Sylak détruit mais pas anéanti, rassurez-vous !

On change complètement de registre avec Dog Eat Dog et c’était une nouvelle fois une très bonne idée côté programmation que de changer radicalement d’optique DOG EAT DOG-20170806-003musicale avec le groupe précédent. Le groupe aux tendances Rap/Metal à la Cypress Hill, arrosé de Hardcore et de saxo n’aura cessé de rendre le sourire au public bien présent et nombreux. L’excellente communication établie par John Connor (aucun lien de parenté avec Sarah, pardon) avec le public aura contribué au succès du groupe sur scène. Ils sont festifs, drôles, démontant la légende Rocky Balboa, jouant avec l’audience et balançant un Expect The Unexpected de folie furieuse. Une réussite. Trollfest, ou devrait-on dire drôle fest ? Les Norvégiens pourront se targuer d’avoir mis un joyeux bordel sur et en dehors de la scène. Un set rempli d’humour, des looks d’aventuriers du genre Tintin au Congo, de l’énergie à revendre et une prestance scénique de tous les instants auront conquis le public, que ce soient les aficionados ou les autres. Des exemples ? Au moment du soundcheck, un des gratteux me fixe et me fait un signe (m’a t’il pris pour un troll ? C’est possible). Il fallait voir aussi le bassiste allant slamer sur les premiers rangs tout en gardant sa basse et jouant avec ! Ou bien encore le moment le plus hilarant où l’un des guitaristes vient au niveau de la barrière jouer devant la foule et se voit infliger un pince téton en bonne et due forme par un fan, déclenchant par là un visage du guitariste complètement surpris, yeux écarquillés. À mourir de rire. La prestation tant musicalement que visuellement fut accomplie de A à Z et ce genre musical prend tout son sens sur scène. Une autre belle réussite de cette dernière journée.

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Crowbar, déjà habitués du Sylak puisqu’ils étaient venus sur l’édition 2015, sont de retour cette année encore. Toujours aussi efficaces, les natifs de la Nouvelle-Orléans ont délivrer leur message sans accroc à grand coup de Doom Metal. Une nouvelle fois, Kirk Windstein semble visiblement en pleine forme. Au final, les p’tits gars de Louisiane auront mis une bonne baffe, ou un bon coup de pied au derche (c’est selon le sens dans lequel vous êtes tourné) à l’audience présente. Ce groupe ne réservera jamais de mauvaise surprise. Valeur sûre dans l’absolu, on peut les appeler au dernier moment, ça répondra présent.

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BRUJERIA-20170806-003Les Mexicains de Brujeria étaient attendus comme un laisser passer pour les Etats-Unis quand on habite Tijuana. Arrêtons-la toute tentative de comparaison avec les Américains car il n’y en a pas, ou si peu. D’ailleurs le « fuck Donald Trump » repris facilement en chœur par le public résume globalement tout. Ce groupe est une légende, oui c’est vrai, et draine une bonne cohorte de fidèles dans son sillage. D’ailleurs, certains étaient affublés de masques genre de ceux que l’on trouve dans le milieu du catch étaient carrément sympas. On passera par contre sous silence les sombreros qui au mieux faisaient penser à une publicité pour Old El Paso, au pire pour Pepito, peu glorieux. Mais bon, Brujeria se veut furieux, Grindcore oblige ! Il l’était sûrement plus avant. Non pas que leur set ait été mauvais mais pas exceptionnel non plus, la faute sûrement au peu de communication/communion avec la foule. Et ce ne sont pas les machettes sorties en fin de show qui auront changé la donne mais il faut reconnaîtreABBATH-20170806-001 que leur look impressionne quand même. Les foulards y sont pour beaucoup bien sûr. Notons le final où sur l’air de la Macarena, le groupe a chanté et fait chanter le non moins célèbre Marijuana. Des avis partagés après le concert mais visiblement la satisfaction l’emportait quad même. Abbath, ah Abbath, tellement attendu lui aussi car l’ex-leader d’Immortal qui a fait récemment le buzz avec une gamelle monumentale prise dans un festival et partagée de nombreuses fois sur les réseaux sociaux, jouit d’une telle réputation (justifiée) qu’il fallait à tout prix être là pour voir la bête sur scène. Olve Eikemo, de son vrai nom, a donc à lui seul assuré le spectacle. Ces mimiques à connotation sexuelle et les reprises de titres d’Immortal tels One By One et All Shall Fall auront conquis le public suite à une entrée sur scène théâtrale faite sous la musique de Carmina Burana de Carl Orff. Un coup à jouer les cracheurs de feu sur scène et le tour était joué. Ce fut sombre, mais ce fut bon.

Il est maintenant venu le temps du dernier concert et pas des moindres puisqu’il s’agit de Carcass. Un autre mastodonte du Death Metal se met en place et s’apprête à donner sa raclée au public qui n’attendait que ça. Jeff Walker (basse et chant) est en forme, comme les autres membres qui ne cessent de bouger et balance une véritable pelletée de médiators dans le public et même dans le pit photo, permettant à Kouni notre photographe-sniper de repartir avec un souvenir après l’avoir pris en pleine gueule. Les slams s’enchaînent à la vitesse des notes et les gars de la sécu ont fort à faire avec tout ce beau monde. Carcass met le feu et réalise une performance solide, parfaite pour clore cette septième édition du Sylak.

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Et voilà, le Sylak 2017 est terminé. Les festivaliers repartent dans leur tente ou regagnent leur voiture, d’autres vont se finir au bar. Cette septième édition, à la programmation loin de faire l’unanimité sur le papier, aura malgré tout marqué les esprits et confirmé encore une fois son succès. La barre des dix mille festivaliers aura certainement été atteinte. La chaleur écrasante est probablement responsable d’un record en matière de consommation de houblon et de sodas (note de Kouni : pourquoi vous me regardez comme ça ? Il me fallait du sucre, c’est tout !) mais n’aura pour autant pas empêché les métalleuses et métalleux de se lancer dans des vagues de slams et autres circles pits. Bref, encore une superbe édition et il nous tarde déjà d’être à la prochaine !

Récit : Pat et Kouni

Photographies : Kouni

Soutien moral : Mike