Poste 942 – Long Play : Stoner Made In Var

Posté le : 04 septembre 2017 par dans la catégorie Chroniques
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Genre : Stoner Rock burné - Sortie : juillet 2017

Genre : Stoner Rock burné – Sortie : juillet 2017

Depuis quelques années en France, nous assistons à l’émergence de nombreux groupes affiliés au mouvement Stoner. Poste 942, originaire du Var et déjà suivi par un grand nombre de fans, fait partie de cette scène et on peut même dire qu’il représente avec brio ce style musical, bien qu’il faudrait ajouter la mention « sévèrement burné » après le mot Stoner. Nous avions déjà chroniqué leur EP Extended Play 2 l’an passé et Pat avait conclu : « voilà un bon petit EP qui permet de se mettre en appétit en attendant l’album ». Cet album, il se nomme Long Play et nous l’avons enfin entre les mains. Alors, est-il le plat de résistance tant attendu ou est-ce un plat raté que nous mangeons malgré tout pour ne pas vexer le cuisinier ?

Long Play débute par une piste intitulée Batavia où nous entendons un groupe de personnes discuter. L’ambiance est joviale et l’accent typique du sud nous rappelle bien les racines du groupe. Color Of Red débarque avec un riff de guitare bien gras, presque martial, lourd et groovy. Oh que ça commence bien. Puis la voix arrive, tranchante comme du tesson de bouteille qui traînerait dans une ruelle sombre. Poste 942 est là pour casser des gueules ! Le solo arrive, simple et efficace, puis le chanteur reprend avec une urgence palpable. Un premier titre ravageur que nous devrions entendre pendant les concerts tant il est bon. La suite est du même tonneau mais le groupe parvient à ne pas se répéter et varie les riffs tout en gardant le groove. N’oublions pas le travail du batteur qui a bien appris ces leçons avec Phil Rudd. Le bassiste nous comblera avec ses lignes de basses mélodiques mais peut-être un peu trop mises en retrait. Il faut dire qu’avec deux gratteux équipés d’amplificateurs Orange, il vaut mieux être bien armé pour sortir du mix.

Devil’s Complaint va chercher du côté de Pantera, une valeur sûre, sans pour autant les copier. Comme on parle de Stoner et plus généralement de Rock, l’alcool tient évidemment une place dans les paroles. C’est carrément une chanson qui est dédiée à la boisson favorite de feu Lemmy Kilmister, Whiskey. Guitare sèche en intro, rythme sudiste (des USA, pas de la France cette fois), tempo lent, refrain qui nous invite à chanter (ou à boire un verre, c’est selon). Le ton est donné. Puis arrive ce passage qui rappellera It’s A Long Way To The Top d’AC/DC à cause de la cornemuse. Aucun doute, Poste 942 assume ses influences mais ne tombe pas dans le piège de la redite. Le Punk Rock s’invite sur le très rapide Punky Booster et nous surprend même en étant placé juste après le mid-tempo Whiskey. Une bonne tarte dans le museau !

Nous enchaînons avec 49.3 déjà présent sur l’EP précédent, donc je ne m’attarderai pas dessus. Sachez juste que ce titre est toujours efficace et peut sans problème faire office de single à diffuser en radio. Grace reprend la recette de Color Of Red avec ce riff de tueur mais le jeu se calme rapidement pour laisser la place à un chant plus menaçant. Pigs Of Paradise ira chercher du côté de Rose Tattoo, les grands potes d’AC/DC. Un titre très lent mais réussi qui laisse voir une facette de Poste 942, plus intimiste. Psycho Love Part I et II sont les deux grandes balades de l’album, torturées et oppressantes, leur montée progressive dans la tension maintient l’attention de l’auditeur mais mieux vaut s’y mettre complètement pour ressentir les émotions du vocaliste. L’album se termine par un morceau rapide, Breathe, parfaite synthèse de ce que le groupe est capable avec un refrain très prenant, entêtant et à nouveau un riff de guitare qui vous poussera à attraper votre guitoune et tenter de trouver la partition tellement c’est bon.

Un mot sur la production : Bruno Pradels (enregistrement) et François Fanelli (mastering) ont fait du très bon travail, surtout au niveau des guitares et du chant. La batterie sonne comme si elle était dans votre salon et la basse, légèrement plus discrète mis à part sur le titre Breathe, fera entendre ses lignes rondes teintées de fuzz.

En conclusion, l’EP nous avait mis l’eau à la bouche, Long Play nous a rassasié tel un repas de Noël en famille. La progression en une année est impressionnante. Chaque musicien s’est donné à fond dans le local de répèt pour nous livrer ce très bon album. J’ai cité quelques groupes majeurs dans ma chronique mais Poste 942 a enregistré un album assez personnel pour qu’ils ne soient pas constamment comparés à leurs aînés, ce qui est déjà une réussite. L’autre point fort de cet opus est l’originalité des riffs. Les deux gratteux sont à n’en pas douter très compétents et imaginatifs. Comme il est dit dans l’ultime piste de Long Play : « c’est une belle équipe ». Bravo les gars, vous avez assuré, je n’ai plus faim, merci.

Kouni

Tracklist :

  1. Batavia
  2. Color Of Red
  3. Devil’s Complaint
  4. Whiskey
  5. Punky Booster
  6. 3
  7. Grace
  8. Pigs Of Paradise
  9. Lonely Day
  10. Psycho Love Part I
  11. Psycho Love Part II
  12. Breathe
  13. Le Chantier

Liens :

Page Facebook : https://www.facebook.com/Poste.942/

Bandcamp : https://poste942.bandcamp.com/