Genre : Blues - Sortie : 11 mai 2017

Genre : Blues – Sortie : 11 mai 2017

C’est l’été, donc partons à la découverte d’univers différents de notre bon vieux Metal des familles. Quoique, notre musique ne sort pas de rien et si elle a bien un grand-père, il s’agit du Blues mythique et ses contres-temps sans lesquels la musique moderne ne serait pas. Cotton Belly’s n’en reste cependant pas à un style pur réservé aux spécialistes. Volontairement éclectiques, ce groupe marie les bases du Blues avec des éléments Folk voir légèrement Pop. N’ayez crainte, chers amis métalleuses et métalleux, pas de mièvrerie ici ! Leur musique se veut juste rassembleuse et généraliste. Le genre de groupe que vous pouvez aisément inviter à la fête de la musique du village sans craindre les foudres des gens biens sous tous rapports.

La petite bande vient de la région parisienne et est menée par Yann Malek qui assure le chant, la guitare acoustique et l’harmonica. Il est bien entouré par Jérôme Perraut à la guitare lead, Christophe Etienne à la basse et Aurélie Simmenel aux baguettes. Je suis impoli de terminer par madame mais ça me réjouis tant de voir une dame à la batterie que je souhaite le souligner au passage. Mesdames, cet instrument n’est pas réservé aux hommes virils, lancez-vous !

Pourquoi Live Session alors ? C’est dans quel stade, dans quelle salle ? Cela s’est passé entre les Etats-Unis et la France. Pour être plus précis, deux titres ont été enregistrés au Willy Mitchell Royal Sturio à Memphis, rien que ça ! Dans ce même lieu mondialement connu officièrent Robert Grey, Keith Richards ou Al Green. Pour vous faire une comparaison, c’est comme si le groupe de Thrash du coin allait enregistrer dans le même studio que Metallica. Les autres titres ont été captés au studio Pyranha à Ormoy (Seine-et-Marne). Mais alors ce n’est pas un live puisque tout ça s’est fait en studio. Et bien oui et non. Précisons que le groupe a préféré s’enregistrer tous simultanément, en condition de live au lieu de faire du piste par piste. L’objectif est de réduire la distance qui sépare l’expression en public des enregistrements studios. Une recherche de la fidélité en somme, pour des titres qui ne sont pour la plupart pas de nouvelles compositions mais des anciens réarrangés. La qualité sonore d’ensemble reste d’ailleurs de très bonne qualité. Maintenant que le cadre est défini, allons plus avant dans la musique des Cotton Belly’s.

Broken Line ouvre l’album, vous pouvez le découvrir en bas d’article. Il s’agit d’une nouvelle compo assez tranquille, mariant à merveille les deux guitares. L’acoustique en reste au rythme alors que l’électrique assure les notes solo. Ici, on ne mise pas sur la vitesse, va t’en John Petrucci (Dream Theater), on appuie bien longuement sur la note qu’il faut et on laisse toute la place aux autres musiciens. La section rythmique reste légère, Mikey Dee, toi aussi reste au lit. On est dans un morceau que je qualifierais « à la Clapton ». C’est-à-dire une base de blues mais avec une volonté d’être écouté par tous. Je soulignerais d’emblée ici la superbe prestation vocale de Yann et ce pour tout l’album. Non seulement son timbre est très agréable à écouter mais en plus il y met du cœur. Sans oublier une excellente maîtrise de l’accent « entre Mississipi et Missouri » dont certains chanteurs de Metal feraient bien de s’inspirer. On est bien entré dans le bayou et sa s’enchaine avec Reason. Là, on est dans du Blues plus pur, je dirais à la BB King. La basse a plus de place pour embraser l’air d’un son chaud. Ensuite, on se bouge le popotin avec enthousiasme sur Superstition : harmonica, banjo et des chœurs nous extirpent du marécage de La Nouvelle-Orléans. C’est la fête dans les chaumières, sur le rythme joyeux de ce morceau on peut aisément danser un Rock. Le solo est aussi à souligner car très bon.

Three Times joue plus sur les vocalises avec un refrain répété à l’envie. La guitare électrique est ensuite en joute avec l’harmonica. L’instrument reste pour le morceau suivant, Greatness. Belle mélodie croisée avec la guitare électrique bien rythmée. Le passage le plus réussi est celui qui s’enchaine avec les solos d’harmonica et de guitare, incluant des clappings. On termine par Mr Bedman où Yann  nous sort une superbe mélodie en guitare lapsteel (guitare jouée couchée sur les genoux) qui fait très bien sortir les harmoniques. L’histoire d’un geek qui ne sort jamais de chez lui. La rythmique monte progressivement alors qu’Aurélie utilise des ballets de Jazz pour taper moins fort. Toute la place est laissée à la guitare acoustique qui garde la part belle, mais je me dis que les deux six cordistes doivent boeuffer souvent ensemble. Ça n’étonnerait personne si les compositions débutent comme ça d’ailleurs.

Pour conclure, un album qui ne fera pas l’unanimité parmi les métalleux mais comme certains sont ouverts d’esprit, il pourrait tout de même conquérir quelques oreilles. Niveau qualité, il y a peu de critiques à faire, la production est excellente, les morceaux variés et les musiciens maitrisent leur domaine. Cotton Belly’s vous invitent donc à vous allonger dans leurs balles de coton. Rien ne vous empêche de transformer tout cela en joyeux campement pour festivités post festival. Ces jeunes gens semblent partagent ce sens de la fête.

Khaos

Tracklist :

  1. Broken Line
  2. Reason
  3. Superstition
  4. Three Times
  5. Greatness
  6. Mr Bedman

Liens :

Site Internet : http://cottonbellys.com/

Page Facebook : https://www.facebook.com/pg/cotton.bellys/

Vidéo de Broken Line : https://www.youtube.com/watch?v=MWfufS3yxmM&feature=youtu.be

Vidéo live de Mr Bedman : https://www.youtube.com/watch?v=KSnTPnPMbUc