Interview : Max Cavalera

Posté le : 12 septembre 2017 par dans la catégorie Interviews
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Interview réalisée le 5 août 2017 au Sylak Open Air Festival

Le leader Maximo a bien voulu répondre en un temps record à quelques questions. Un énorme merci à Gloria Cavalera pour son implication à rendre cela possible. Max n’a pas souhaité de photo, il a refusé poliment et c’est quelque chose que nous avons eu à cœur de respecter… Gloria m’ayant expliqué en amont que Max avait un certain mal avec son image et limite les photos au maximum. Votre serviteur du jour doit avouer avoir été « impressionné » par le personnage, certes ce n’est plus le Max d’il y a vingt ans car oui nous sommes tous appelés à vieillir, mais monsieur Cavalera possède toujours une aura indéniable. Bref, il fallait maintenant lancer la conversation face à la légende.

SOM : Bonjour Max, bienvenue en France ! Comment vas-tu ? (en portugais dans le texte)

Max Cavalera (en portugais) : Bonjour à toi, ça va, merci ! Tu parles portugais ?

CavaleraUn tout petit peu et c’est là où nous allons poursuivre en anglais Max ! (il se marre). Première question : tous les fans savent que tu es le véritable esprit de Sepultura. Jouer Roots avec Iggor après toutes ces années, cela représente quoi pour toi ?

Cela a été une expérience formidable que de rejouer Roots vingt ans après. Les fans ont pu ressentir la puissance de cet album en live et c’était incroyable ! L’accueil a été extraordinaire de partout.

Tu es considéré comme une légende et cela même par la nouvelle génération de métalleux. Comment tu expliques ça ?

Je suis un fan de Metal avant tout et ça fait vraiment plaisir d’être considéré comme une légende après trente-trois ans de travail consacré à la musique. Je crois que l’âge importe peu au final, même si l’on ne devient pas métalleux à trente ans. C’est une sorte de virus que l’on a au fond de soi très jeune et on le garde pour toujours. Pour la nouvelle génération, je pense qu’il en est de même.

Cavalera Conspiracy, Soulfly, quel est celui de tes deux groupes où tu t’éclates le plus ?

Soulfly a ma préférence car je m’y sens plus libre et je peux y jouer avec mon fils Zyon (ndlr : le batteur du groupe), ce qui est un rêve bien sûr. Qui ne voudrait pas jouer avec son fils ? Je considère aussi Marc Rizzo comme un des meilleurs guitaristes au monde. L’arrivée de Mike a aussi mis de la vitalité dans le groupe. Je suis dans Soulfly depuis plus longtemps que dans n’importe quel autre des groupes dans lesquels j’ai pu jouer et il me tarde de travailler sur le prochain album.

Justement, à quoi va ressembler le prochain album de Soulfly ?

Je vais reprendre avec moi des instruments tribaux pour en jouer sur le prochain. Je suis bien sûr très influencé par le Metal mais Soulfly me permet d’utiliser certains instruments traditionnels brésiliens et d’explorer d’autres domaines. Pour le reste, ce sera nerveux et brutal comme du Soulfly !

Penses-tu jouer un jour avec Gilberto Gil ?

J’ai déjà joué une fois sur scène avec Caetano Veloso (ndlr : artiste brésilien très renommé), alors tout est possible ! Nous nous sommes déjà croisé en studio et dans la vie avec Gilberto, et nous avons la volonté de faire quelque chose ensemble. C’est un immense artiste, très exigeant dans la vie mais à l’écoute de tout. Il est intelligeant et c’est une belle personne. Je suis heureux que tu me parles de lui, c’est sacrément rare dans mes interviews. Merci à toi mon ami…

Cela m’amène à te demander ce que tu penses de la situation actuelle au Brésil ?

C’est compliqué… J’ai le Brésil en moi, comme tout brésilien. J’adore ce pays mais les politiques qui y vivent rendent le pays pourri. Il y a tellement de richesses dans ce pays que c’en est écœurant d’y voir la pauvreté gagner encore et toujours du terrain. Mais ce pays est également tellement magique et magnifique que l’on ne peut s’en détacher. Quiconque voit la baie de Rio pour la première fois en garde la vue pour la vie. Tu vois, le Brésil c’est un diamant dans une décharge, et la décharge ce ne sont pas les favelas comme on pourrait penser mais plutôt la pourriture que sont les élites et les politiques unis sous la même bannière de la corruption d’envergure. Au-delà de cela, le Brésil est une terre de sang, de rires et de pleurs. Un pays fier de lui-même mais qui oublie ses indiens à travers le pays. Ce sont les racines de ce pays que l’on oublie… Roots, bloody roots !

Tu aimes vraiment les statues d’Aleijadinho et la ville d’Ouro Preto ? Là où tu as tourné en partie le clip de Roots, bloody roots, ou c’était juste pour l’ambiance du clip ?

(Surpris) Ecoutes, avant de te répondre, je voudrai te dire et dire à tes lecteurs que cela me change vraiment des questions habituelles ! On ne m’a jamais parlé d’Ouro Preto dans une interview (rires) ! Je t’invite à aller là-bas si tu ne l’as pas déjà fait ! Oui, j’aime ces statues, elles sont à l’image du Brésil, le chaos et la beauté. Comme notre pays, il s’y dégage autant de souffrance que de passion. Quant à la ville d’Ouro Preto, elle est magnifique, vraiment magnifique, tout est beau au Minas Gerais de toute façon. Mais attention, les rues d’Ouro Preto sont aussi assez pentues et difficiles à arpenter. Pour le clip, nous aurions pu aussi choisir l’Amazonie, le cœur du Brésil.

CAVALERA-20170805-001Une question football pour toi, quelle est ton équipe de cœur au Brésil ?

Palmeiras ! Incontestablement Palmeiras ! (ndlr : un des trois clubs de Sao Paulo) mais où as-tu eu idée de ces questions (rires) ? C’est vraiment cool ! Changes de sujet ou je vais te parler football pendant une heure !

Que penses-tu de la scène Metal brésilienne actuelle ? Avec un groupe comme Krisiun par exemple ?

La scène Metal brésilienne devient de plus en plus forte ici. Il y a de très nombreuses formations qui percent avec des musiciens très talentueux. Je suis très fier de Krisiun, c’est un groupe qui tourne tout le temps.

Si tu avais la possibilité de changer quelque chose dans le passé, tu ferais quoi?

Rien du tout. Je suis très heureux de la direction que ma vie a prise.

As-tu quelque chose de spécial à dire à tes fans français du Sylak ?

J’ai toujours aimé les fans français. Ils m’ont toujours supporté dans tout ce que j’ai pu faire alors je vais leur foutre un beau bordel sur scène rien que pour eux ! Merci à toi pour ce moment et merci aux lecteurs de Sons Of Metal !

Pat