Style : Heavy Metal - Sortie : 12 mai 2017

Style : Heavy Metal – Sortie : 12 mai 2017

Nous avions déjà l’occasion de nous pencher sur les albums de Kobra And The Lotus (que nous abrégerons désormais par KATL) à l’occasion de la sortie d’un Ep de reprises Lords Of The Prophets en novembre 2015. Nous avions aussi évoqué leur album Heavy précédent nommé High Priestess et Kobra Paige avait même pu être interviewée par notre webzine. Vous retrouverez tout cela sur notre site si vous l’avez raté. Un nouveau chapitre s’ouvre en cette année car le combo canadien sort son nouvel opus Prevail I qui sera suivi par Prevail II en 2018. Comme votre serviteur du jour a participé au financement participatif, l’occasion nous est donnée de nous plonger dans cette suite que je qualifierai d’emblée de plus moderne que ce qui précédait. Certainement le fait d’avoir côtoyé Kamelot pendant plusieurs dates a inspiré KATL pour produire un Heavy enraciné dans la NWOBHM, mais avec une touche plus actuelle. La pochette illustre d’ailleurs bien ce revirement puisqu’aux images un peu kitch et trop attendues des albums précédents, nous voici face à un genre de mandala, ou une reproduction d’un pendentif parfaitement symétrique.

D’un point de vue global, KATL a avant tout su s’entourer de gens très compétents puisque la production quasi parfaite du danois Jacob Hansen reste l’un des points forts de cet album. En mettant en avant la puissance des riffs, le groupe évite les écueils de l’imitation et s’adapte aussi à la voix de Kobra. Elle qui sait alterner la puissance et les airs plus langoureux, elle ne monte pas tant dans les aigus comme sa compatriote Brittney Slayes (Unleash The Archers) par exemple. Sans être spécialiste des tessitures vocales, je pense qu’elle n’est pas soprano mais plutôt alto ou mezzo. L’autre pilier du combo désormais, c’est le guitariste Jasio Kulakowski. Très sobre et efficace, il montre son talent de composition dans cet album. La section rythmique avec Brad Kennedy à la basse et Marcus Lee forme un ensemble percutant et une assise pour les deux cités plus haut. Autre virtuose invité spécial, c’est Jake Dreyer qui a accompagné KATL lors de ses derniers passages en France avec Kamelot. Voyons maintenant plus avant ce Prevail I. Prenez quelques instants, c’est parti.

Quelques samples intelligents parsèment cet album et c’est comme cela que s’introduit Gotham dont on devine la référence. Mais assez vite, la rythmique lourde prend les devants pour un premier titre martelé avec le joujou de Thor. La voix puissante de Kobra peut atterrir sans dégâts dans les couplets pour se faire plus mélodieuse et en voix de tête dans les refrains. Un vrai morceau taillé pour le live, bien rentre-dedans. On apprécie aussi le pont qui précède le solo. Ce sera d’ailleurs un autre point fort de cet album, dans chaque titre un petit passage surprenant apportant le grain de sel qui fait la différence. Là, c’est un piano samplé accompagnant une voix de chanteuse de cabaret. Trigger Pulse poursuit dans les rythmiques pachydermiques avec un chant un peut moins nerveux, je dirais un morceau plus universel. Là, le pont met en avant un jeu de batterie astucieux. You Don’t Know suit par des riffs au son presque grunge, c’est ici qu’on perçoit toute la modernité voulue par la production. Quelques notes de claviers par ci par là rendent ce morceau tubesque, un peu comme les dernières productions de Scorpions mais dans un autre style musical. Specimen X mérite également d’être cité comme ouragan significativement destructeur. Le jeu des deux guitares se met parfaitement en avant et le solo qui suit est tout simplement génial. C’est après ce titre que les choses sont un poil moins convaincantes.

En effet, la ballade Light Me Up reste légèrement banale et aurait mérité meilleur arrangement avant que Manifest Destiny et Victim tombent un peu dans la caricature du Heavy. L’ennui se pointe et on espère un rebond. Heureusement, il arrive avec l’excellent titre instrumental Check The Phyrg. Un véritable duel de guitares, pas tant dans le style démonstratif que ça, plus efficace mélodiquement et rythmiquement. On aime bien chatouiller du manche mais sans se prendre non plus pour un Apollon de la six cordes. Titre à tiroirs, il mêle plusieurs mélodies et redonne de l’intérêt à cet album. Hell On Earth rejoint en qualité le début d’album en terme de bucheronnage, toujours en soutien des feulements de la tigresse Paige (oui j’aurais plutôt vu cet animal que le cobra comme symbolique). Un morceau dont on n’entend que la guitare rythmique au départ, la partie solo venant progressivement se mêler au reste. On termine en apothéose avec le titre éponyme, sorte de Power/Prog puissant qui porte la chanteuse sur un piédestal. On termine par le meilleur, sur une rythmique entrainante et un refrain qui reste en tête.

Pour résumer, Kobra And The Lotus cherchent avec ce quatrième album studio à surprendre et rajeunir une image du Heavy classique parfois qualifié de has been. Ils y arrivent en ne prenant pas la voie de l’imitation mais en se basant sur leurs qualités pour appuyer les points forts. Ceux-ci sont une vocaliste charismatique à la voix inhabituelle et un guitariste sobre et efficace. Dommage que deux/trois titres en milieu d’album fassent un peu retomber l’oreille curieuse mais comme le combo nous prévoir un Prevail II et qu’il doit déjà être bien entamé, peut-être s’agit-il là de leurs cartouches les moins efficaces. Enfin, ce groupe, pour les avoir vus en live, mérite de tourner en tant que tête d’affiche, ce qui se fera à l’automne prochain en Europe et un peu plus tôt de l’autre côté de l’Atlantique. J’attends donc avec une curiosité bienveillante le prochain album.

Khaos

Tracklist :

  1. Gotham
  2. Trigger Pulse
  3. You Don’t Know
  4. Specimen X
  5. Light Me Up
  6. Manifest Destiny
  7. Victim
  8. Check The Phyrg
  9. Hell On Earth
  10. Prevail

Liens :

Site internet : http://kobraandthelotus.com/

Page Facebook : https://www.facebook.com/KobraAndTheLotus/

Clip de You Don’t Know : https://www.youtube.com/watch?v=YHc-c9hJMrU