Genre : Avant-garde Metal - Sortie : 26 mai 2017

Genre : Avant-garde Metal – Sortie : 26 mai 2017

Deux ans après Edari que nous avions chroniqué an appréciant une heureuse découverte, voici que le mystérieux duo, composé de Bargnat XIX à la programmation, claviers et batterie et Arsenic aux guitares et aux voix, remet le couvert. Entre temps, les deux gars cultivent moins le mystère sur leur identité, on sait que Chrys Denhez officie aussi dans Gloomy Hellium Bath et que Jean-Philippe Ouamer est le batteur du groupe de Death Metal avec violon électrique Idensity. Deux types qui sont donc bien implantés dans le milieu Metal, même si pour leur expérience commune dans Område, la poussée dans l’expérimentation leur fait happer des influences diverses, notamment Trip-Hop. Deux petites différences avec Edari, la première c’est la présence bienvenue dans Nåde d’une guitare basse jouée par Julien Gebenholtz. Et quelle bonne idée ! Cela donne une chaleur supplémentaire et un certain coffre à la rythmique. La deuxième nuance tient en des compositions un peu moins flippantes dans les ambiances. Sinon on garde ce qui a bien marché avant et mon conseil, comme pour l’album précédent, c’est de se préparer à cette écoute en y consacrant toute son énergie dans un cadre détendu. Nous allons à nouveau être téléportés dans des mondes inconnus et plein d’intrigues, chaque morceau étant le centre d’une histoire à part entière.

Dès le premier titre nommé Malum, on sent tout l’intérêt de la basse qui encadre un dialogue calme entre une guitare électrique et un certain nombre d’instruments samplés en studio. Nous entendons une trompette, un violon, un piano entre autre. Tout cela monte en puissance progressivement, avec des passages à tiroirs de plusieurs airs. La voix de Chris est d’emblée bien maîtrisée, même s’il réserve ses flèches les plus incisives pour des titres ultérieurs. Poursuivons avec XII où cette fois-ci, un véritable saxophone joué par Léo Sors s’immisce dans la musique. Il entremêle sa mélodie avec celle aérienne de la guitare électrique dans un début très calme, la batterie qui entre plus tard fait relever la sauce d’un niveau. C’est sur un quasi silence que la voix grave de Chris samplée sur plusieurs voix se fait entendre. J’y trouve un petit côté New Wave à la Depeche mode. Enter, quant à lui, fait preuve de lignes vocales trois étoiles, le tout soutenu par une basse en instrument mélodique et des claviers. Pas de batterie par contre, une boite à rythme permet à ce morceau de prendre du coffre. Un deuxième niveau est atteint plus tard lorsque la voix se sature légèrement ainsi que la guitare électrique. Une fin aux airs de monde apocalyptique où les robots auraient pris le pouvoir sur les hommes. Hänelle plaira aux amateurs de Doom Metal mélancolique comme on en fait dans le courant gothique. Cette fois, c’est une clarinette qui s’enserre dans la musicalité, instrument aux airs plus froids que le saxo. Un gros changement intervient après 3 minutes 30 environ lorsque le chant mute complètement après l’entrée progressive et convaincante de la batterie. Une mélodie qui devient plus joyeuse, on y trouve des contre chants, des claviers conquérants.

Je mettrais encore l’accent sur The Same For The Worst, le retour du saxo et les voix additionnelles de L Chuck D, vocaliste du groupe de Death Metal Gusha. Ça débute tout pépère avec de nouveau une basse badass. Il y a même deux lignes de saxo pour le coup. Un peu après deux minutes, le batteur s’excite sur la caisse claire avec une rythmique qui sent l’urgence de s’échapper. Ensuite, un passage très calme presque vide où ne subsistent presque plus que les voix dont une féminine et quelques notes éparpillées. Dans ce long morceau, lorsqu’on approche les six minutes, les saxos se dévergondent dans des mélodies folles avec toutes les voix, saturées, féminines. Une fin en apothéose. Je terminerai par évoquer Falaich qui clôt la galette car il pourrait servir de générique pour un bon western de science-fiction aux accents futuristes. Au début cela siffle et le passage instrumental s’éternise quelque peut entre claviers et guitare électrique. Un titre qui prend aux tripes avec l’entrée des voix et la saturation de celles-ci. Les choses sont bien réparties et équilibrées entre respiration et oppression. C’est ce contraste qui reste le cœur de la musique de Område, même si ce nouvel album est un peu plus accessible, moins glacial dans les ambiances que Edari.

Pour conclure, le duo nous ravi une nouvelle fois, bien aidés par la production impeccable de Edgar Chevallier du Lower Tones Place Studio. L’esprit a d’ailleurs bien été retranscrit dans le magnifique artwork de la pochette. Un album à se procurer pour encourager la créativité, ce genre de musique ayant peu de chances de se voir sur scène. Une telle recherche des émotions est à soutenir, même si cette œuvre n’est pas « purement » du Metal. Elle garde toutefois ses contrastes, la tristesse portée par certains courants et la conquête habillée par d’autres.

Khaos

Tracklist :

  1. Malum
  2. XII
  3. Enter
  4. Hänelle
  5. Styrking Leid
  6. The Same For The Worst
  7. Baldar Jainko
  8. Falaich

Liens :

Page Facebook : https://www.facebook.com/Omradetheband/

Bandcamp : https://omradetheband.bandcamp.com/

Clip de Sytring Leid : https://www.youtube.com/watch?v=xpUfwoc5tNw