Genre : Metal/Prog - Sortie : 20 octobre 2017

Genre : Metal/Prog – Sortie : 20 octobre 2017

Vuur, qui signifie feu en néerlandais, est le nouveau groupe réuni autour de la chanteuse Anneke Van Giersbergen. Après son départ de The Gathering en 2007, la belle lança sa carrière solo. Au départ avec quelques compositions proches de son ancien groupe, elle s’est progressivement rapprochée d’un style plus Pop/Rock. Elle a aussi multiplié les collaborations éclectiques notamment avec Devin Townsend, le groupe de Folk islandais Arstidir et plus récemment Arjen Lucassen. Ce dernier projet, The Gentle Storm, nous en avions chroniqué l’album sur notre webzine. Si un retour vers le Metal avait été amorcé à cette occasion, même le disque le plus catchy des deux restait relativement léger. Avec Vuur, c’est un vrai retour au Metal qui nous attends et dans un style à la fois unique mais qui rassemble des sonorités déjà entendues dans les projets précédents d’Anneke. Elle s’entoure de presque toute l’équipe qui avait fait la tournée The Gentle Stom. Nous retrouvons donc le très bon batteur Ed Warby, Johan Van Stratum (ex Stream Of Passion) à la basse, le fidèle Ferry Duijsens à la guitare. Seule la petite génie de la six cordes Merel Bechtold ne s’est pas lancée, occupée qu’elle était par sa récente embauche dans Delain et son propre groupe Purest Of Pain. Elle a été remplacée qualitativement par Jord Otto. Enfin, ce premier album de Vuur a été produit et même co-composé par Joost Van Der Broek, ancien claviériste d’After Forever et collaborateur régulier d’Epica ou Ayreon.

Ce premier album de Vuur parle des villes comme son titre l’indique. Anneke souhaite rendre hommage à ces places où elle a déjà pu se rendre, en mettant l’accent sur les contrastes qu’elles inspirent. Mêler une certaine noirceur avec des éclairs de lumière pourrait être une bonne définition d’un type qu’elle revendique Metal et Prog. Avant de glisser le disque dans le lecteur, assurons nous que nous sommes bien concentrés sur la musique car Vuur est un style qui s’écoute difficilement en musique de fond, il demande toute notre attention.

Pas d’entrée progressive, c’est directement agressif et massif dès l’intro de My Champion. Les bases sont posées d’entrée et cet aspect ciment à prise rapide sera un des fils conducteurs du disque. Ecoutons surtout les parties des deux guitares car la mélodie n’est pas absente pour autant, même si la rythmique ne reste pas en arrière plan, prenant aisément la première place. La voix d’Anneke entre lorsque ce tumulte prend un léger recul mais ce n’est que pour remonter en puissance. Cette alternance continuera jusqu’à la fin et on sent aussi dans ce premier titre une certaine inspiration de Devin Townsend. Avec plus de six minutes pour cette première tranche, la seconde descend encore d’un étage dans la lourdeur. Time surprend par son tempo lent et son rythme saccadé à souhait. La structure du morceau est aussi particulière avec des mélodies vocales à tiroirs à tel point qu’on se demande bien où est le refrain. Sur la fin, une partie chantée plus calme précède un solo efficace et précis de Jord. Après ces deux premières salves, on a l’impression d’avoir mangé la raclette dès l’entrée. Pourtant, ce n’est que le début. Composition de Ferry, The Martyr And The Saint apporte un poil plus de légèreté, mettant la mélodie plus en avant. Le refrain très efficace reste en tête et soulignons le remarquable passage solo et instrumental sur la fin. The Fire débute par un arpège tranquille et une basse bien audible. Les vocalises sont hautes perchées pour évoquer le séisme de San Francisco survenu en 1900. Un morceau qui donne la pêche et s’enchaine très bien avec Freedom qu’on croit être une ballade. Toutefois, le passage avant le refrain donnerait quelques tours de reins à celui qui tenterait le slow. Encore ces passages du Dark et massif au plus lumineux et léger, tout la musicalité de Vuur. Days Go By fut la première composition de ce nouveau projet et le riff principal fait penser à du déjà entendu dans The Gentle Storm. Cela ne veut pas dire qu’il est mauvais, au contraire, les grattes arrachent et le solo te file un sacré coup de jus. Sail Away et Valley Of Diamonds sont les compositions qui retiennent le moins l’attention. Signalons juste qu’Anneke réussi à placer le titre de l’album In This Moment We Are Free dans bon nombre de paroles avec un chant différent.

Une des meilleures arrive juste après car Your Gorious Light Will Shine envoie une bouffée d’adrénaline par l’intermédiaire des deux guitares. La voix semble également plus mise en avant et moins noyée que sur d’autres titres, ce qui est un vrai plus. Le tumulte s’est un peu retiré sans prendre avec toutes les charges explosives. Save Me surprend par ses mélodies orientales et on retourne dans un morceau plus taillé dans le granit. Tout cela juste avant le seul titre véritablement calme puisque Reunite, mid-tempo en hommage à Paris, met l’accent sur la mélodie douce et l’émotion, registres pourtant habituels d’Anneke.

Pour conclure, réjouissons-nous déjà du retour d’Anneke dans un vrai projet Metal dont on pourra difficilement douter de la volonté d’en découdre. Elle a toujours tracé sa route avec une certaine indépendance au risque de perdre certains fans en route, et pour cela, chapeau. Si un petit reproche peut être fait à ce premier album de Vuur, c’est un côté difficilement digeste. Il faut assurément plus d’une écoute pour saisir Vuur et tout le monde n’accrochera pas à ses accents légèrement Djent sur certains aspects. Cela dit, au niveau du son ça reste impeccable, Dutch Quality, et techniquement c’est une grand réussite. La voix d’Anneke habituellement orientée vers la recherche d’émotions va plus se mêler aux instruments dans un ensemble assez agressif. Mais c’est un nouveau style, un truc jamais entendu et on ne peut pas reprocher aux groupes de ne pas se renouveler et dans le même temps de prendre des risques créatifs. En tous les cas, Vuur devrait bien passer lors des festivals, il ne faudra pas les prendre pour un groupe de Metal symphonique à chanteuse, mais maintenant que vous avez lu cette chronique, vous êtes prévenus.

Khaos

Tracklist :

  1. My Champion – Berlin
  2. Time – Rotterdam
  3. The Martyr And The Saint – Beirut
  4. The Fire – Sans Francisco
  5. Freedom – Rio
  6. Days Go By – London
  7. Sail Away – Santiago
  8. Valley Of Diamonds – Mexico City
  9. Your Glorious Light Will Shine – Helsinki
  10. Save Me – Istanbul
  11. Reunite! – Paris

Liens :

Site Internet : http://www.vuur.band/

Page Facebook : https://www.facebook.com/vuurband/

Clip de My Champion : https://www.youtube.com/watch?v=gAwDw5zXtLI&list=PLX-0LX1bTFAtAiHOVfTcKx-IeN3M0P8mK

Clip de Freedom : https://www.youtube.com/watch?v=Pgi5XeKBnUE