Interview : David Bour (Iron Bastards)

Posté le : 21 février 2018 par dans la catégorie Interviews
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Iron Bastards sont trois gars de la région strasbourgeoise que nous apprécions bien. Nous avons chroniqué tous leurs albums depuis leurs débuts. À l’occasion de la sortie ce 22 février de Keep It Fast – Live In London, nous avons pu poser quelques questions à David Bour, chanteur et bassiste.

Sons Of Metal : Salut David. La dernière interview qu’on avait avec toi c’était en avril 2015, ça date un peu maintenant. Depuis, vous avez sorti deux albums. À l’époque, vous étiez en train de préparer Boogie Woogie Violence puis plus récemment est sorti Fast And Dangerous. Donc on peut dire que vous avez bien évolué, comment tu retracerais ces deux années que vous avez vécu ?

David : Je dirais qu’on a pas mal tourné. Déjà en 2015 on a commencé à se faire connaître un petit peu d’abord du public strasbourgeois, puis du public français. En 2016, on a fait pas mal de festivals allemands et des super premières parties. La deuxième chose c’est qu’on a signé avec un label allemand pour faire le deuxième album et, de là, on s’est retrouvé l’année dernière à de faire des concerts en Allemagne et le Hellfest. Puis on a ouvert pour Phil Campbell de Motörhead. On a senti une certaine progression dans l’aura du groupe, on commence à se faire connaître. Pour continuer sur cette lancée et de toujours avoir de nouvelles idées, faire de nouveaux projets on est partis trois mois en Angleterre de septembre à décembre. On avait idée de se faire connaître dans un pays qui, même s’il a été un berceau du Rock, a bien changé. On était parti pour faire sept, huit concerts. On est repartis après en avoir fait une quarantaine. On a trouvé un public là-bas et des contacts.

Justement, parlons de la Grande-Bretagne. C’était là que vous avez enregistré votre live que vous allez sortir dans les prochains jours. Certainement, ce choix n’est pas un hasard. Est-ce que tu peux développer cet aspect là ?

La Grande-Bretagne et l’Angleterre en particulier c’est quand même le berceau de la grande majorité de ce qu’on écoute. Alors ça remonte à loin le Rock’n’roll et tout, plutôt américain. Mais on va dire que c’est ce que les Anglais en on fait lorsqu’ils se le sont accaparés dans les années 60 qui constitue l’un des grands points de départ de ce qu’on fait. On ne peut pas ne pas évoquer les Beatles dans la façon de chanter et de faire évoluer les cultures des chansons. Ils ont réinventé le fait de composer du Rock à l’époque. Ils ont montré que dans le Rock on pouvait quand même faire ses propres chansons, parce qu’avant c’était quand même vachement moins le cas, il y avait beaucoup de groupes qui se pompaient les uns les autres. Et après les années 60, la généralisation de la distorsion dans la musique et l’arrivée de Black Sabbath, Led Zeppelin, Deep Purple et quelques années après, Motörhead. C’est là que se situe la majorité de ce qui nous influence actuellement. On savait pertinemment qu’en allant là-bas, on n’allait pas retrouver l’Angleterre des années 60 et 70. Mais on s’est quand même retrouvés là-bas avec un public dont la fourchette était plutôt entre 30 et 50 ans. C’était un peu les enfants de toute cette époque-là. C’est pour ça aussi, il y a toute cette culture musicale qui nous a facilité pour apporter du Rock et du Metal d’une façon plus évidente. Et puis quand tu vas là bas, c’est une planète à part pour un groupe de musique. Pour un groupe comme nous c’était l’occasion de mettre un p’tit peu les compteurs à zéro. Là-bas, c’est vraiment à la dure, tu n’as pas le choix. Les conditions laissent souvent à désirer, tu te retrouves avec des attitudes très différentes les unes des autres. On a l’impression parfois qu’il y a des gens qui nous mettent en concurrence en France alors que c’est vachement plus marqué là-bas. Mais d’un autre côté, les Anglais sont vraiment des gens très sympas et intéressés par la musique que tu peux proposer. Quand je parlais de cette expérience, c’est parce que ça a été humainement parlant pour tous les trois. Et puis à d’autres moments on manquait de tunes.

Oui et puis il y a d’autres pays où vous avez joué, dont l’Allemagne aussi, et souvent ce public est encore différent, je suppose ?

Oui, on est vraiment friands de jouer là-bas et c’est pas pour rien. Les conditions pour jouer sont vraiment bonnes en général. L’accueil du public est plus que positif. On fait un type de musique qui plait beaucoup aux Allemands, spécialement les fans de Motörhead. Ce qui est intéressant aussi c’est qu’en Allemagne on a un public qui est très Metal, alors qu’en Angleterre on a pu jouer devant un public plus rockeurs classiques.

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Est-ce que tu peux m’en dire un peu plus sur le live qui sort le 22 février prochain ?

En novembre dernier, au Unicorn Camden, nous avons eu l’opportunité d’enregistrer le concert sur des pistes audio. Le type nous a fait écouter à la fin et si ça nous convenait, on le payait et il nous envoyait les fichiers. Il s’est avéré que c’était un de nos meilleurs concerts donné en Angleterre. C’est l’un de ceux où on avait le plus de monde, il y avait une super ambiance. Du coup, on s’est retrouvés avec ces huit titres. Nous avions un objet intéressant qui était un bon témoignage de ce que nous avions pu faire de meilleur en Angleterre. La pochette, le mixage et le reste on l’a fait avec des potes. Il y a quatre morceaux du deuxième album, deux du premier. Il y a une nouvelle chanson, Play Fast Or Don’t, composé là-bas et la reprise de Ace Of Spades de Motörhead.

Oui je me dis en voyant la tracklist que ça fait un peu comme un » best of « avec un inédit et une reprise.

Ça ne me dérange pas qu’on le voit comme ça. J’ajouterais juste qu’on a plein de titres qui auraient aussi mérité de figurer sur cet album mais on a joué que trente minutes. C’est vrai qu’on a plus l’habitude de tenir plus d’une heure mais pour un premier album live, c’est un bon format.

Sinon, j’ai vu que tu avais chanté pour un autre projet qui s’appelle Ladies Only – In The City. Est-ce que tu peux en dire quelques mots ?

C’est Alexandre Agnès que j’ai rencontré sur Facebook, suite à une reprise que j’avais fait de Born To Raise Hell avec des copains à nous de Paris qui s’appellent Wizzö. Il avait un projet solo et il m’a proposé de chanter dessus. Ça me donnait l’occasion de chanter sur autre chose et j’ai été assez bien orienté pour que ça ne me prenne pas trop de temps. Je lui ai proposé le titre, ça lui convenait et moi aussi.

Je l’ai écouté et c’est pas mal. Sinon quels sont les projets pour Iron Bastards ces prochains mois ?

On a des concerts qui se bouclent pour toute l’année. On en a déjà une bonne vingtaine, trentaine jusqu’à fin juillet. On refait une petite tournée de deux semaines au mois d’avril au Royaume-Uni. Et là, à raison de deux/trois répètes par semaine, on travaille sur le troisième album. On a une bonne partie qui est déjà composée et nous enregistrerons ça début juillet. Ça devrait sortir début septembre, le troisième album en autoproduction. On va faire en sorte que les gens en entendent parler avant, on a prévu ce qu’il faut mais pour l’instant je n’en dirais pas plus.

Merci, si tu as encore quelque chose à dire, tu peux et sinon à une prochaine.

Et bien écoute, je tiens à remercier Sons Of Metal car vous nous avez toujours soutenu depuis le début. Mike nous a fait jouer dans le sud de la France à nos tout débuts, Pat a toujours répondu présent pour chroniquer les albums et ça fait la deuxième fois que je fais une interview.

Propos recueillis par Khaos le 14 février 2018.

Pour écouter Keep It Fast, lien Bandcamp : https://ironbastards.bandcamp.com/

Clip vidéo de Vintage Riders : https://www.youtube.com/watch?v=PcCMztxS3Lo&feature=youtu.be