Lonewolves – Dawning

Posté le : 16 avril 2018 par dans la catégorie Chroniques
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Genre : Grunge, Blues-Rock, Heavy-Rock - Sortie : 17/03/2018

Genre : Grunge, Blues-Rock, Heavy-Rock – Sortie : 17/03/2018

Lonewolves est un groupe sévissant principalement en Moselle, à Metz et alentours. Ils débutèrent vers 2010, tout d’abord comme un groupe de reprises de grunge avec des influences allant de Alice In Chains à Pearl Jam, en passant par Soundgarden et consorts. Sans se prendre au sérieux, juste pour le plaisir de jouer de la musique qu’ils appréciaient tous. Puis, tout doucement, le groupe a évolué et vint la première vraie date en 2013 pour une fête de la musique à Nancy qui leur fit prendre goût à la scène et les stimula pour envoyer encore plus. Le gros tournant intervint en 2015 quand le batteur dut se retirer pour aller vivre un peu plus loin. Après une période de remise en question relativement plus calme, Lonewolves muta et les premières compos sortirent. Mémé reprit la batterie avec une expérience réussie au sein de Lazy Hollow et la métamorphose s’acheva assez naturellement. Une bonne quinzaine de dates et autant de compos, le premier EP sort qui est ainsi le sujet de notre chronique.

Ce que vous verrez forcément en premier, quel que soit le support choisi pour votre écoute, sera l’artwork. Il s’agit d’une illustration personnelle du groupe, ce que l’on pourra pleinement apprécier et qui ne permettra aucun doute quant à l’adéquation entre les arts graphiques et musicaux ici mis en cause. Pour une mise en bouche, nous pouvons déjà sentir comme une odeur poussiéreuse, venteuse et désertique qui se dégage de l’ensemble. Le digipack orné de quelques photos est simple et efficace.

Nous allons désormais nous arrêter au son et à la qualité globale de l’enregistrement. Dés la première écoute, nous avons l’agréable surprise de constater que si le son n’est pas parfait, il est néanmoins très musical et il est aisé d’enchaîner les titres sans se fatiguer les oreilles, ni refaire ses réglages toutes les deux minutes. Il suffit de presser le bouton play, de monter le volume et c’est parti pour un tour de piste. La transition entre les pistes se fait donc tout naturellement. La basse est bien ronde, tout en conservant des harmoniques aiguës dans son spectre lui conférant la clarté nécessaire pour être lisible. La batterie très légèrement dans le fond est de même parfaitement audible et est de plus bien équilibrée sur tous ses composants, accompagnant à merveille l’ensemble. Les guitares ont un son qui chatouille les oreilles avec des sonorités musicales égalisées plutôt dans les mediums, ce qui est à la fois parfaitement logique et raisonnable, complètent le tableau comme il se doit, sans agresser nos oreilles délicates. Pour couronner le tout, la voix avec ses relents bluesy est un poil en avant, sans envahir la sonorité globale et apportant sa touche finale à un mixage loin d’être approximatif.

Les compos, quant à elles, pourront selon chacun évoquer de bons vieux souvenirs d’une période dorée de la musique rock/metal avec de forts relents venteux en provenance directe de Seattle qui n’aura jamais été aussi proche de la France. Nous pouvons également sentir transpirer des inspirations blues, notamment dans les textes mais pas seulement. Du rock fait aussi son apparition, parfois flirtant avec la pop, parfois à la limite du sludge et du stoner. Un melting-pot sonore bien dosé qui nous permettra de voyager en bonne compagnie, même si la traversée du désert des sentiments, comme dans Not Him ne laisse pas tout à fait indemne avec sa basse volontairement répétitive et son riff lancinant, plein de lourdeur, et son petit solo Gilmourisant. Par contraste, Wish I am est beaucoup plus sautillant et paraît presque joyeusement naïf comme un relent d’adolescence rafraîchissant dans un environnement hostile, tout en étant pas aussi innocent qu’il n’y paraît de prime abord. Ce morceau fait partie d’une sorte de tryptique avec Weak et Black To The Bone qui sont du même type, à la fois pêchus et enjoués, mais toujours avec un soupçon de spleen, ce qui n’en reste pas moins appréciable et rend l’ensemble musical plus mâture et humain. Riding The Waves termine cet EP sur du ternaire bien senti, iodé, avec les cheveux gras qui collent aux tempes, toujours avec cet esprit animant la musique des Lonewolves qui nous accompagnent dans des moments qui ne sont pas constamment faciles à traverser seuls. Une invitation à chevaucher nous aussi les vagues avec eux. Car nous ne sommes pas seuls, que ce soit sur des terres arides ou un océan qui nous éloigne de chez nous.

Il s’agit ici d’un premier EP tout à fait prometteur qui pourra plaire à un public divers et varié. Que vous soyez amateurs des courant musicaux des années charnières entre la fin des 80s et le début des 90s, ou bien encore fan des Doors et plus généralement du blues incorporé au rock, il ne fait pas trop de doute que vous apprécierez Dawning. L’énergie délivrée sur le disque avec ces quelques imperfections de mise en place et de justesse parfois rappelle avantageusement un live et nous permet de nous souvenir que la musique est avant tout vivante et que si elle est figée sur un support, ce n’est pas pour devenir froide et impersonnelle. Ici, nous conservons toute la chaleur d’un concert en petit comité, entre amis, peut-être même autour d’un feu avec un petit apéro. Pour un peu nous pourrions sentir l’odeur des grillades et entendre le crépitement du bois dans l’âtre. Chacun pourra en tous cas trouver ses propres raisons pour aimer cet opus. En attendant un prochain EP, ou, encore mieux, un album, vous aurez de quoi patienter.

JFLB

Line-Up :

Fidel : guitare et chant

Tchô : guitare

Pépé : basse

Mémé : batterie et choeur

Tracklist :

  1. Dawning
  2. Wish I Am
  3. Weak
  4. Black To The Bone
  5. Not Him
  6. Riding The Waves

Liens :

Bandcamp : https://lonewolvesfr.bandcamp.com/album/dawning

Facebook : https://www.facebook.com/lonewolvesfr

Prochaine date :

Le 20 avril au bar The Riveter à Nancy, avec The Dampers

Lonewolves - Dawning cover entière