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Avant toute autre chose et en préambule, nous souhaitons adresser un énorme big up et un énorme remerciement à tous les p’tits gars de la sécurité qui ont pris place à la crash barrière pour avoir effectué un travail de tous les instants. Un énorme respect à eux, nous y reviendrons.

La huitième ! Nous voilà donc déjà arrivés à la huitième édition du Sylak version 2018 et ce fut un nouveau succès qui ne s’est pas démenti car le festival s’annonçait sold out avant l’ouverture officielle des portes, c’est dire ! Comme à son habitude, la petite commune de Saint-Maurice de Gourdans a quitté sa quiétude habituelle pour faire place au monde du Metal pendant trois jours. Il a fait chaud, très chaud, très très chaud même, sur la scène comme partout ailleurs. Deux membres de Sons of Metal étaient présents pour vous en faire vivre comme à l’accoutumée, le récit de ces trois jours de joutes métalliques. Aurélien aka  Kouni  l’était au poste de sniper photographique et votre serviteur du jour en charge de l’habituel petit live report. Bravo comme d’habitude à l’organisation de ce festival qui s’est montrée une nouvelle fois impeccable et de plus en plus pro, comment est-ce encore possible ?!

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Quelques bémols néanmoins entendus çà et là comme notamment la queue bien trop longue aux stands de restauration, le cashless en a probablement pour lui une certaine part de responsabilité et nul doute que la prochaine édition saura corriger ce petit problème. Le manque de diversité de nourriture a aussi été entendu tout comme les arbres coupés sur la droite de la scène principale, il faut dire qu’il faisait tellement chaud (on vous l’a déjà dit non ?) que le métalleux, bien que téméraire, cherchait l’ombre comme l’être humain moderne cherche le selfie. Parlons de l’être humain puisque l’on y est, le métalleux « traditionnel » arborant jean/bermuda/t-shirt tend à disparaître… Oui, amis metalleux et amies metalleuses, notre espèce peut disparaître si l’on se réfère aux divers déguisements croisés çà et là sur le festival, j’annonce en vrac : un porteur de belette empaillée, un centurion avec un bouclier en carton de pizza, un soudeur avec tablier, gants et masque, un porteur de maillot de Saint-Etienne époque Manufrance, un indien avec des lumières (oui c’est vrai), des gendarmes (ah non, eux ils sont vrais), un jeune métalleux prénommé Julien qui se cousait un patch sur sa veste avec son petit nécessaire de couture et surtout, et là c’est drame du réchauffement climatique qui est déjà installé malheureusement (ou alors est-ce l’œuvre d’un cleptomane détraqué ?) mais beaucoup de métalleuses n’avaient plus de soutien-gorge ! Affirmatif, c’est la crise du soutif ! Diable mais dans deux ans allons-nous slammer les attributs à l’air au train où cela va ?! Kouni m’affirme même qu’il y a 32,7 % de seins découverts en plus cette année par rapport à l’an dernier et que ce chiffre est supérieur à la moyenne des sept dernières années qui était de 4,76 %. Ne me demandez pas comment il a fait ses calculs… Bon, pour être franc, nous avons déjà vu passer deux porteurs de kilts qui slammaient sans caleçon… Vision apocalyptique pour les porteurs et je pense que ceux et celles qui ont eu cette vision de près peuvent confirmer. Bref, vous l’avez compris, tout bouge dans le petit monde du Metal puisqu’il y avait même un taz en peluche qui avait été honteusement balancé vers la scène. Il n’y a plus de respect, merde on ne balance pas un taz quoi !

Plus sérieusement, venons-en donc maintenant au contenu de ce festival. Nous l’avons évoqué en préambule, le travail a été colossal de la part des gars de la sécurité chargés de récupérer les slammeurs/slammeuses de plus en plus nombreux de l’autre côté de la barrière et, croyez-nous, cela n’a pas toujours été facile car le risque de chute et/ou celui de se prendre un gus sur la courge était élevé. Merci aussi à eux pour avoir arroser la foule à grands coups de lance incendie, car il faisait chaud, on vous l’a déjà dit non ? Alors encore merci, car non seulement ils vous ont réceptionné sans broncher mais tout cela avec le sourire et beaucoup d’humour. Les perruques licorne, les tapes amicales, les checks et autres bisous avec les festivaliers faisant une nouvelle fois une ambiance à part dans ce festival puisque ces p’tits gars eux-mêmes sont fans de notre musique. Une mention toute spéciale au jeune gars qui le temps du passage de Terror sur scène est passé de l’autre côté de la barrière pour endosser l’habit de fan absolu, avant de revenir côté sécurité et de retrouver l’alliance de votre serviteur du jour, malencontreusement tombée au sol lors de la récupération d’un slammeur passé sur ma tête, merci à toi…

Oui, il a fait chaud, nombre d’animaux ont aussi souffert mais deux sont toujours là d’année en année. En effet, un élan et un panda gravitent toujours sur le fest, l’air hagard parfois, surtout pour le premier nommé, la pauvre bête, mais certains d’entre nous se sont bien occupé de lui en l’abreuvant régulièrement, ouf ! Maintenant, chers amis, asseyez-vous, nous allons rentrer dans le vif du sujet, et le sujet de cette année était le rentre-dedans ! Beaucoup d’entre vous ayant regretté le manque de diversité des autres éditions. Bisous à vous tous et c’est parti.

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Vendredi 3 août

ROADIES OF THE D-20180803-002Premier jour du festival et journée de warm up (pfff… warm up avec une telle chaleur, la grosse idée !). Donc l’ouverture toujours difficile revient cette année à Mus flat, le quintet investit la scène secondaire en balançant son punk rock énergique à la face du peu de public présent, le reste étant parti s’abreuver d’un sain breuvage à base de houblon probablement. Une attitude toute punk en fait. Le groupe aura délivré son message sans accroc, avec un set propre et un son plus que respectable, mission difficile mais défi relevé, le groupe quittera la scène par son Au bout de mes rêves qui aura fait sautiller un public devenu un peu plus nombreux. Le combo suivant, Roadies of the D a fait monter d’un gros cran l’ambiance et l’intensité, le public lui a d’ailleurs bien rendu malgré des rangs encore assez clairsemés. Entrée théâtrale sous la bande son de Terminator pour les deux guitaristes capés de blanc, sorte d’Assassin’s Creed version low cost, les cinq membres pourront se targuer d’avoir mis un beau bazar dans le pit ! Un son très propre, une connexion établie dès le début avec le public, le rock metal dispensé aura entraîné moult pogos, folie et énergie sans fin. Ajoutez à cela des reprises courtes mais efficaces d’Ace Of Spades (salut Lemmy) et de Walk de Pantera (salut Dimebag) et le tour état joué. Une réussite pleine d’humour et de joie, premier moment de communion avec le public et un passage ô combien réussi ! Il n’était alors pas facile aux p’tits bretons de The Decline de prendre la suite mais les cinq types ont investi la scène avec volonté pour jouer leur punk/rock tendance folk/metal pour mettre une bonne petite mandale bien placée. Le public aura répondu présent malgré la chappe de plomb et une récupération plus difficile qu’à l’accoutumée. On gardera le souvenir d’une grosse dépense d’énergie et une prestation de qualité. C’est au tour de Flayed de prendre possession desFLAYED-20180803-001 lieux. Le groupe presque local puisque venant de Vienne, celui de l’Isère pas celui de l’Autriche de là-bas, effectue sa prestation devant un public nombreux cette fois, car full en cashless et en binouzes, pour un temps du moins. Le bon hard rock’n’roll du groupe aura marqué les esprits et les fans déjà conquis. Le niveau du set étant monté crescendo avec des titres emprunts au futur album à sortir, le troisième dans la carrière du groupe. Il en aura résulté un passage festif et irréprochable. Bravo. Place aux parisiens de Sticky boys et leur rock’n’roll tendance sudiste de monter sur scène. Un mot à retenir ? Energie. Oui, une grosse énergie de patate lourde (ça existe si), un chant en anglais bien en place, des titres bien accrocheurs, un gros son et le groupe aura été à l’heure pour marquer de son empreinte ce Sylak version 2018. Cool. Benighted, ah Benighted, des habitués, des voisins, des amis du festival et des habitués de la place qu’ils s’y produisent ou non. Vous savez le vendredi c’est soirée mousse aussi, et bien avec Benighted, un : ça mousse, deux : ça pousse, devant derrière, ça pète la gueule à la barrière. Oui chers amis, après un départ de Tony le truand et malheureusement servis par un assez mauvais son déséquilibré au départ, Julien et sa bande pourront se targuer d’avoir vécu deux évènements rares puisque le premier d’entre eux aura résidé dans le fait de perdre le jus à cause de la mousse ! Oui car il est tombé plus de mousse sur la tête des festivaliers que de bombes au Viet-Nam. Fort heureusement pas d’incidence sur le public dense, car comme le disait en son temps Claude François : « l’eau c’est la vie mais l’électricité ça m’a cuit », aucun blessé à recenser, ouf. Le deuxième incident a été déclenché par l’entrain du public qui aura tellement poussé que la barrière en aura presque cédée ! Julien se disant très fier de déclencher cela mais demandant aussi à la foule de se calmer pour ne pas risquer l’arrêt du concert. Une réparation de la crash barrière sous la bande son de Back In Black d’AC/DC et ça repart ! Les p’tits gars auront donc assuré un set peu banal mais cent pour sang létal et bestial. Bravo les gars, on laisse couler le sang entre nos dents cassées et nous vous disons à bientôt et à l’année prochaine sûrement !

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La soirée se termine entre chaleur, bière, glaces chères, chiens chauds, merguez, burgers de la mort et cette mousse qui colle et qui rend l’épouse folle quand l’époux regagne la tente. Le royaume Quechua reprend ses lettres de noblesses, là où certains retrouvent leur tente en mode Walking Dead, accompagnés de grands « dzoiiiiings » (bruit typique du métalleux ayant pris du gite et se prenant les pieds dans une corde de tente). Il était temps de se coucher, la chaleur ayant eu raison de beaucoup. Demain, la suite.

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Samedi 4 août

KAMIZOL K-20180804-005Youpi c’est déjà demain ! Autant vous dire qu’attaquer la journée à 11h30 sous un soleil déjà infernal fait passer la traversée du Sahel pour une vulgaire sortie scolaire. Ça va cogner sérieux today… Surprise, il y a déjà un minimum de monde pas frais et dispos pour aller voir les lyonnais de Kamizol-K. Prêts à en découdre, le quintet prend place sur la scène principale cette fois-ci, puisque samedi et dimanche c’est permis. Le metalcore du groupe au double chant ne se pose pas de question et balance la sauce sans fioritures. Efficace, peut-être un peu trop de blancs entre les titres mais bon, on ne va pas chipoter, nous ne sommes pas chez Pivot non plus. Finalement ? Un set réussi, peut-être pas le meilleur du groupe mais un set convaincant et rentre-dedans. Bien joué. In arkadia, on monte d’un degré, de plusieurs même. Là aussi le metalcore qui tape fort dispensé par les Lyonnais devant un public bien présent aura atteint son but si l’on excepte un son franchement déséquilibré et une partie du chant double quasi inaudible. L’énergie, la gestuelle auront été le fil rouge du groupe qui bouge. Un concert aussi marquant puisque Mike faisait là son dernier concert avec le groupe. Alix, l’autre hurleur/gars de la sécu à la crash barrière, tenant une présence physique omniprésente. Les aficionados, nombreux, auront été conquis. Une partie peut-être un peu moins mais l’on ne peut retirer au groupe la formidable énergie dépensée durant son passage.IN ARKADIA-20180804-002 Les tchèques de Pipes And Pints sont aussi écossais que vous et moi et n’est pas écossais qui veut, car il ne suffit pas d’avoir une cornemuse pour se revendiquer venir des Highlands. Bien sûr, il y eu pogos et un wall of death demandé et obtenu par le chanteur, mais pogos et slams ne veulent plus dire grand-chose de nos jours, car le public actuel continuerait de slammer et de pogoter même si Simon et Garfunkel venaient un jour au Sylak. Cela ne veut strictement plus rien dire, il fallait le dire… Le public maintenant bien présent entre ombre et soleil aura assisté à une prestation sans relief ni éclat, le semblant d’énergie rendu par le groupe était du niveau d’une pile usagée et le charisme du chanteur à peu près égal à celui d’une cocotte en fonte. Certains diront que c’était festif, plein d’allant et de pêche. Non, désolé et malgré tout le respect qu’il faut porter au groupe et à ses fans, c’était très chiant, mou… Mais quand on n’est pas bien, on fait souvent mou, nous n’irons pas dire que cela était de la m… Mais quand même. Bon retour à Prague et n’oubliez pas de recharger les batteries. Repassons aux choses sérieuses, Origin se devait de faire quelque chose pour rattraper ce léger loupé. Manque criant de chance, deux des quatre membres du groupe se sont retrouvés perdus dans la nature et n’étaient présents sur scène que Paul à la gratte et John à la batterie. Malgré ce coup du sort, les deux musiciens, car ce sont là deux vrais musiciens, ont tenu a assuré le show ORIGIN-20180804-001alors que cela relevait de la gageure la plus complète. Un énorme respect à eux car la tâche était rude, voire insurmontable. Leur death metal hyper technique aura fait mouche et plus qu’illusion. Bravo à ces Américains venus par pour rien et pour notre bien. Chapeau bas. Notons qu’un peu plus tard dans la soirée, s’est tenu un petit show privé des Roadies of the D près du point de vente de chaussettes, voilà vous savez tout ! C’est maintenant au tour d’Integrity d’investir et de s’investir sur la scène encore laissée chaude par leurs prédécesseurs. Pour faire court : de la puissance level cent, de l’énergie et un son gros comme ça plus le soleil, parce que là ça chauffe sa maman de manière très sérieuse, auront posé leur death metal façon liquide sur la tête des pauvres festivaliers mis à mal malgré l’arrosage régulier des pompiers Gardenna/gars de la sécurité. Les cinq musiciens auront poudré l’assistance sans temps mort, pan on est mort. Les suédois d’Entombed A.D étaient eux aussi très attendus par le public du Sylak, l’annonce de leur passage sur le festival avait déclenché l’enthousiasme par avance, et à raison il faut avouer. Les costauds de Stockholm ne sont pas venus ici pour profiter des plages de l’Ain ou des sandwichs chèvre/miel, non. La bière sûrement oui. Ceux qui ont été se baigner dans laENTOMBED AD-20180804-001 rivière ont pu voir le drakkar amarré derrière le camping, une invasion ? Oui, le temps d’un show carré et précis, ultra propre et très pro, un des plus pros de tout le festival à n’en point douter. Vous ajoutez une très bonne communication avec le public qui ne demandait que cela, une adhésion totale et vous avez là de quoi dire que tout aura été réussi, bien plus facilement que de monter un meuble Ikéa. Les Canadiens de Comeback Kid suscitaient eux aussi l’attention et la curiosité de beaucoup. Le combo de punk hardcore aura livré une prestation correcte, sans plus, pas mauvaise du tout mais pas transcendante non plus. Malgré beaucoup de mouvement, on aurait pu attendre beaucoup mieux des gars de Winnipeg. La réaction du public fut bonne néanmoins avec une bonne partie acquise à sa cause et ne se privant pas de chanter d’ailleurs. Kadavar allait faire son entrée par la suite. Véritable groupe dissonant rapport à une affiche ancrée dans le hardcore et consorts, le stoner proposé par le groupe fut salvateur et apprécié à sa juste valeur. Véritable plongée dans le son lourd et gras, il a été remarqué également la qualité des vêtements aperçus. En effet, les trois gars ont dû trouver sur un site de vente en ligne un lot ayant appartenu aux Bee Gees eux-mêmes. C’était un peu la fièvre du samedi après-midi, la chemise noire transparente du batteur et le pantalon COMEBACK KID20180804-002velours cintré du bassiste valaient à eux seuls le déplacement. Mais la mode n’étant pas nécessairement notre crédo premier, nous avons pu apprécier un set bourré de good vibes avec un son de basse aussi ronronnant et destructeur qu’une forteresse volante s’apprêtant à décharger ses colis sur la Ruhr. Ce fut beau, bon, planant et terriblement efficace. Un des musts de ce Sylak édition 2018. Il aura été noté également qu’à chaque fin de concert, la foule s’en retournait vers les arbres et les tables chercher un peu de fraîcheur, les plus intrépides allant se chercher quelques mousses ou filaient au point d’eau pour se tempérer le citron car Râ depuis là-haut envoyait du lourd. Vous vous souvenez du drakkar laissé au bord de la rivière ? Et bien aussitôt reparti qu’un autre est venu s’amarrer au même endroit puisque les vikings de Bloodbath, également venus de Stockholm, ont débarqué pour asséner à la foule leur death metal qui fait mal là où tu as mal. Là aussi l’attente du public se faisait sentir, le show délivré fut à la hauteur des attentes musicalement parlant, rien à redire. Seule la prestation scénique de son chanteur Old Nick fut assez statique, peut-être parce que rempli de rhum du même nom, allez savoir ! Blague à part, la prestation globale fut belle, servis par un son à la hauteur, aussi puissant et tranchant qu’un coup de hache sur une brindille. À revoir d’urgence en tous cas. Hatebreed allait faire considérablement monter la température déjà très élevée. Les Ricains ne font généralement pas le déplacement pour enfiler des perles et cela s’est avéré vrai une fois de plus. Distribution de pains pour tout le monde. Leur hardcore metal a agi comme une lame de fond avec un premier record de slams qui allait être battu le lendemain, mais un record du jour quand même. Oui, la prestation fut en formule complète, avec un œuf dessus, qualité des titres, qualité visuelle et show quasi irréprochable dès l’instant bien sûr que l’on adhère au genre musical proposé et si ce n’est pas votre cas, vraisemblablement vous n’avez pas été le seul d’après certains échos. La soirée de ce samedi allait donc se clore fort avec encore d’autres Suédois ! Ceux d’At the gates (espérons qu’ils aient fait un « blabladrakkar » tous ensemble pour alléger les frais sinon c’est pas malin), ceux-ci dont la réputation s’est étendue de par le monde viennent eux de Göteborg. Nous retiendrons un concert costaud et carré, soutenu par un public bien présent, donnant de la voix et slammant comme des petits diables. 

AT THE GATES-20180804-002 HATEBREED-20180804-002

Dimanche 5 août

BLOODSTORM-20180805-001C’est dingue mais nous sommes déjà dimanche, dernier jour au four sans le moulin. Certains festivaliers sont rouges comme des écrevisses, d’autres toujours pâles comme des Finlandais enfermés dans une cave sans fenêtre, mais tout ce petit monde semble vaillant pour aborder cette dernière journée. Oui c’est déjà la dernière journée de cette huitième édition du Sylak. Et quelle journée qui s’annonce chers amis, on ne change pas une formule qui gagne et c’est donc à 11h30 que les hostilités démarrent. Bloodstorm (Savoie bien ? pardon…) avait là aussi la lourde responsabilité d’attaquer le public déjà en place pour lui distiller son death metal à l’efficacité redoutable, si l’on se réfère au très talentueux Ride The Hurricane. L’accueil fut bon, et la prestation démarra en trombe pour ne se calmer qu’une fois le set terminé. Ça démarre fort, à noter l’omniprésence de Rob qui aura su fédérer (comme dit Roger) le public à sa cause, contrastant avec l’absence de Kouni, bloqué par le tour bus d’Alestorm à l’entrée du site mais qui parviendra quand même à capturer quelquesVOICE OF RUIN-20180805-001 instants du groupe sur scène. Un show propre, un son très correct, une précision de folie, poussée à l’extrême puisque Jérémy, batteur de son état, propulsa directement une baguette/missile dans la tête d’un festivalier distrait, peu réactif et répondant au prénom de Sébastien (c’est toujours un signe). Ce vaillant guerrier à la tête probablement encore embuée par moult verres de Vittel de la veille termina au poste de secours pour soins, après saignement… Tempête de sang qu’il s’appelle le groupe, et bien bravo les gars vous savez imager votre musique ! En résumé : du tout bon ! Voice Of Ruin s’apprête maintenant à investir la scène. Les Suisses ne sont pas venus pour nous vendre des coucous et leur death metal vitaminé aura aplatit et calmé nombre de personnes par un son énorme. Les riffs proposés par les deux guitaristes se seront montrés tantôt dignes d’un hachoir industriel tantôt bourrés de lignes mélodiques implacables. Quant aux soli, ils auront placé le niveau très haut. Notons la performance de Tony, guitariste remplaçant qui aura appris la setlist en vingt-quatre heures et aura plus que tenu son rang. Respect. Finalement, les Helvètes auront fait mal aux genoux. Broken teeth monte sur les planches et autant vous le dire tout de suite : ils sont très attendus. Malgré la chaleur déjà écrasante, le public commence à s’agiter. Le Hardcore violent du groupe trouvera des adeptes mais en fera fuir plus d’un, en raison d’une brutalité peut-être un peu trop affirmée. C’est ensuite au tour d’Eight Sins d’entrer en BROKEN TEETH-20180805-001scène, en lieu et place de Mantar initialement prévu. En effet, jouant la veille au Wacken, l’un des musiciens fut victime d’une pizza à la fraîcheur douteuse. Verdict sans appel : intoxication alimentaire, trop malade pour prendre l’avion, le groupe est forcé de déclarer forfait. Les organisateurs ont donc dû trouver une solution d’extrême urgence et on réussi à nous sortir Eight Sins de derrière les fagots. Et des fagots, ils vont nous en envoyer plein la gueule ! Les Grenoblois ont bien l’intention de nous prouver que nous avons gagné au change. Ça démarre sur les chapeaux de roues avec un son puissant et une entrée en matière très énergique. Les musiciens se dépensent sans compter, font couler la sueur et les décibels achèvent le travail du soleil. Loïc (chant) est parfaitement en place et en forme, sans oublier une bonne dose d’humour quant à la mésaventure de Mantar (le malheur des uns…) : « Nous tenons à remercier notre manager Sergio Pizza pour nous avoir dégôté ce plan à la dernière minute ». Un groupe qui prouve à chaque fois qu’il monte sur scène qu’il faut compter avec lui. Bravo les gars pour avoir assuré dans ces conditions loin d’être faciles. Rotten Sound, pas si pourri que ça d’ailleurs le son. Tiens des Finlandais ! Rappelons qu’un festival sans Finlandais c’est un match de hockey sans palet, une glace sans cornet. Le Finlandais, historiquement, fait en premier lieu lui aussi des drakkars, ensuite il fait soit du pagan/folk/youpi/tape dans tes mains ou bien alors du death metal/metalcore. Ici c’est la deuxième option qui a été retenue par Keijo, Mika et Cie. Alors ? Ben ce fut un déferlement, du brutal, des mercis en français dans le texte, un chant grave poussé au maximum de ses possibilités, des circles pit comme si l’en pleuvait (mais il ne pleuvait pas, il faisait chaud on vous a déjà dit non ?), une excellente communion entre le groupe et le public conquis. Ce fut violent et la réussite était de mise. Ils peuvent revenir quand ils le souhaitent. Carnifex ou comment décrire la première vision : quand le talentueux Cory Aford envahi la scène avec son petit matos de gratteux, votre serviteur du jour est présent à la barrière et il s’adresse a un des garsCARNIFEX-20180805-002 de la sécu situé juste en dessous de la scène : « Tu as vu le gratteux ? Imagines qu’il veuille slammer » et le gars de me répondre en ayant vu juste avant la stature du Cory : « S’il tombe, je fous le camp ! ». Carnifex possède en son sein le genre de gars à qui tu ne vas pas piquer un mediator s’il n’en n’a pas envie. Mais le groupe ne saurait se limiter à une seule individualité par définition et la prestation du groupe fut démesurément bonne, technique et toute en maîtrise. Les chorus impressionnants auront aussi été relevés par une foule qui se sera montrée plus qu’emballée par la prestation des Californiens. Le groupe terminera par un Lie To My Face de démence et si les incendies ravagent malheureusement la Californie, ils n’auront pas oublié d’amener le feu avec eux pour le mettre sur scène. Chanceux le public aura été de voir se produire un tel groupe. La foule récupère tranquillement et elle fait bien parce que ce qui allait suivre derrière s’annonçait digne des batailles médiévales. Terror, tout est dans le nom. Les musiciens de Los Angeles en une maxime : Vini, Vidi, Vici. Oui, les Américains sont venus, ont vu et ont vaincu. Probablement la médaille d’or pour le nombre de slams et de circle pits, ou alors à égalité avec le groupe qui les aura suivis. Ce fut une déferlante pas lente TERROR-20180805-003du tout, le hardcore direct proposé par le groupe qui se savait attendu aura au moins égalé le débarquement quant à son intensité. Terror aura tout écrasé, donnant du fil à retordre à la sécurité, donnant des suées extrêmes au public mais aussi des sueurs froides à deux gamins, frère et sœur d’une douzaine d’années et postés à la barrière et qui auront de quoi terroriser leur bahut à la rentrée en racontant ce qu’ils auront vécu. Le set fut épuisant côté public, implacable côté groupe, des titres comme Overcome, Spit My Rage, ou les terribles Lowest Of The Low et The 25th Hour auront littéralement brûlé le cerveau. Qui n’a jamais vu Scott Vogel et sa bande se devrait de voir le groupe au moins une fois. Que dire d’autre sinon que dans un esprit très hardcore, une fois le dernier mot du dernier morceau joué, le groupe aura quitté la scène comme si de rien n’était. Ils se nomment Terror et ont tout ravagé. À ce moment de la journée, on se dit que ça va peut-être se calmer un peu, qu’une merguez serait salvatrice. Bref, il faut retrouver des forces car il est de renommée mondiale que le métalleux se nourrit mal dès qu’il sort de sa tanière pour aller écouter de la musique traditionnelle champêtre remuante. Municipal Waste a la lourde tâche de reprendre une scène laissée fumante et ravagée. Seraient-ils capables de relever le défi et bien plus encore ? Eh bien oui ! Ces Ricains là viennent du bel état de Virginie qui est un état relativement paisible où le dernier remue-ménage en date remonte à la guerre de Sécession, où les bleus et les gris s’étaient tapé sur la courge sérieusement du côté de Richmond. Depuis, plus rien. Enfin si, depuisMUNICIPAL WASTE-20180805-001 2003 où le groupe de thrash/speed metal a pris l’habitude de cogner fort musicalement et se targuer d’être des anti-Trump notoires. Vous l’aurez d’ailleurs remarqué au vu de l’immense bannière derrière la scène. Le groupe attaqua franchement, se servant de la cendre encore chaude pour en faire un terreau fertile générateur de circles pit en masse et de slams qui passent. Et là, vint l’idée de génie de la mort : Tony le chanteur demanda à la foule de faire une « wave of death », littéralement une vague de la mort en prévenant même les gars de la sécurité que ça allait chauffer sévère, calvaire. L’incompréhension a résidé dans le fait que beaucoup ont cru à un wall of death parallèle à la scène, c’est-à-dire une partie collée à la barrière que l’autre partie allait s’empresser de venir écraser. Mais non ! le groupe souhaitait voir un déferlement continu de slams venir s’écraser jusqu’aux gars vaillants de la sécu. Et autant vous dire que slams il y eu… Nous en avons vu passer des corps, petits, légers, plus gros, trop gros aussi venir se faire cueillir par une sécurité passée en mode boucherie industrielle. Bourbon discipline, beer pressure et surtout le I Want To Kill The President ont déclenché à eux seuls une autoroute de slammers par-delà les têtes. Ce fut grand, bordélique, homérique, panique et sale parce qu’à force d’arroser, le sol poussiéreux s’est peu à peu changé en mare à gorets, animal qui sied si bien à la race métalleuse. Oui, vous étiez sales mais beaux. Il est temps de souffler un peu, les Dead Kennedys arrivent tranquillement sur scène. Ah les Dead Kennedys, un groupe américain mythique qui existe depuis 1978, oui vous lisez bien, cela force obligatoirement le respect. Exister depuis quarante ans en jouant du punk ne relève plus du hasard. Le groupe prend possession de la scène et l’on voit Skip (le vocaliste) commencer à se démener dans tous les sens, à l’instar d’un Iggy Pop DEAD KENNEDYS-20180805-002énervé, nous sommes dans la même lignée. Les premiers titres passent, l’impression de voir un bout d’histoire passer devant nos yeux, une festivalière regardant le show confiera même : « le bassiste on dirait mon papa ». Ces gars-là ne sont plus tout jeunes mais peu importe car des titres comme Too Drunk Too Fuck, Nazi Punks Fuck Off, et le très punkisant Viva Las Vegas auront comblé le public dans un genre très différent. Les plus jeunes pourront dire plus tard qu’ils auront vu ce groupe dans leur vie. La prestation fut très honnête, voire très convaincante et le public aura bien réagi au set proposé mais aussi aux prises de paroles du chanteur et du batteur contre le racisme. Cerise sur le gâteau, le chanteur est descendu de la scène pour saluer les festivaliers collés à la barrière. Oui monsieur. Ce n’était pas le groupe le plus violent, il l’a été il y a deux ou trois décennies de cela mais le respect que l’on doit à Dead Kennedys est réel. Alors messieurs et si l’on ne devait plus vous revoir dans le futur puisque le leitmotiv de cet art musical é toujours été le no future, et bien merci pour votre prestation, merci pour l’œuvre accomplie. Maintenant la foule reste en place et l’on sent une certaine tension poindre à l’approche du show de Sepultura. Normal car beaucoup dont votre serviteur du jour sont venus presque exclusivement pour voir le passage des Brasileiros. Autant dire d’emblée que le show fut total, hyper pro et débordant de force contrôlée. Andreas Kisser glissera au micro que Derrick Green, le chanteur, est présent dans le groupe depuis vingt ans cette année. Et oui, déjà. Pour celles et ceux qui ont eu la chance comme le rédacteur de cet article d’avoir vu Sepultura dans sa formation originelle avec un certain Max, la formation actuelle ne fait bien entendu aucunement pâle figure face à l’original. La machine à dénuquer attaque très fort par ce brûlot qu’est I Am TheSEPULTURA-20180805-003 Enemy, véritable trancheur de noix de coco vitesse grand V. Le groupe est visiblement très en forme et très heureux de jouer en France. Tant mieux, le public le lui rend bien par une énorme dépense d’énergie. Ça chante, ça hurle, ça saute en cadence, démence, décadence, foule en transe. Kairos, tellement fort, Territory, tellement immense et Against s’enchaînent tellement vite que le groupe aurait pu rester une heure de plus pour notre plaisir. La température monte, la moiteur amazonienne a remplacé la chape de plomb, la chaleur venant du cœur repousse les limites et rend fusionnelle l’osmose entre le groupe et son public avec un niveau rarement atteint. On entre dans le dur, le dévastateur Refuse/Resist, incontournable de folie, le tribal et phénoménal Ratamahatta déclenchent s’il était encore possible l’hystérie qui atteindra son paroxysme avec Roots Bloody Roots, ou comment le Metal et la force brute du cœur du Brésil ont pu lier leur sang à jamais. Merde, c’est déjà fini. Un set passé en mode vitesse lumière mais tellement bon, tellement distributeur de bon feeling, d’accolades entre les potes, les festivaliers et les membres de la sécurité. À Sepultura, un énorme merci, un immense muito obrigado de circonstance, et bravo, mille fois bravo pour cette démonstration. Après cette claque sonone, c’est à Alestorm que revient le rôle de mettre un point final à cette huitième édition du Sylak. Voici venu le temps des rires et… Non c’est pas ça. Quoiqu’en fait, si. C’est même exactement ça : des rires et des chants mais à la place de Casimir, il y a un canard géant calé en fond de scène. Canard qui sera envoyé plus tard dans la foule pour toucher des spectateurs ALESTORM-20180805-003redevenus enfants. Vous voyez, c’est kif-kif. Voilà, placer une blague sur le viol sur mineur dans un article de Sons Of Metal, check. Le groupe démarre son set par son hymne Keelhauled, suivi d’Alestorm et Mexico. Ça déménage dès les premières minutes ! Le public attendait les musiciens de pied ferme : ça crie, ça hurle, ça chante, ça danse, ça saute. L’aspect festif de la musique des Britanniques fonctionne à merveille. C’est même pile poil ce qu’il fallait pour terminer ce festival. Nous avons devant nous un groupe qui affiche un large sourire à chaque instant, un groupe qui se donne à fond sur chaque chanson comme si c’était la dernière. Le son et le set sont propres, l’énergie presque palpable. La bonne humeur se répand dans le public, à l’instar du canard cité plus haut. Nous avons donné le micro à Sébastien, élan-festivalier qui témoigne : c’était du n’importe quoi puissance dix ! Après avoir eu droit à une parade d’un flamand rose, suivi d’un canard et de deux bites au-dessus du pit, les deux bites citées ne s’entendant pas, elles se sont battues avant qu’une des deux ne se réfugie sur scène, et finisse le concert en trouvant sa place entre les jambes d’un des musiciens quittant la scène ». Voilà pour Alestorm, une bande de furieux venus s’éclater avec nous, leurs potes. Car le Sylak, au final, c’est ça : une réunion de potes.

Chers festivaliers, chers amis, chers métalleux, chères métalleuses, une seule chose à dire : on se revoit l’année prochaine pour une neuvième édition de ce Sylak devenu incontournable et bientôt culte ! Cheers à tous et à bientôt !

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Texte : Pat

Photographies : Kouni

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