Powerwolf 1

C’est sous une chaleur accablante, la canicule estivale dans la plaine d’Alsace, qu’a lieu cette année la Hard Rock session de la foire aux vins d’Alsace. Un live report passé vous aidera à en connaître un peu plus sur l’histoire de ce festival https://sons-of-metal.com/2015/09/15/foire-aux-vins-dalsace-hard-rock-session-le-10-aout-2015-a-colmar/

Pour cette édition, c’est un casting moitié suédois, moitié allemand. Ghost et son nouveau frontman ont composé la tête d’affiche. Powerwolf et leur fanbase réparti sur les deux frontières ont agi en qualité de starring partner. Le plateau est complété par DORO, « la mamie de tous les métalleux » et les beaux gosses de H.E.A.T.

Nos photographes n’ayant pu se rendre sur place, nous accueillons pour ce report les photos de Yves Jud. Yves est un passionné de Rock et de Metal basé dans la région. Il distribue depuis plusieurs années un magazine appelé Passion Rock avec une équipe de collaborateurs. Il publie comme nous des chroniques, live reports et autres infos, mais en version essentiellement papier. Merci à lui.

Ayant pu expérimenter dans le passé l’accès difficile à la foire aux heures de pointe, j’ai cette fois-ci anticipé au maximum pour éviter la cohue et le stress. Je choisis de faire la file à « l’entrée cabaret », ce qui évite de traverser la foire avec ses nombreux exposants. L’autre avantage en arrivant devant les grilles, c’était de découvrir une partie ombragée par les bâtiments alentours et un léger courant d’air qui rendait l’attente supportable. Pas de fosse pour votre chroniqueur du jour qui reprend son travail le lendemain et souhaite donc éviter le champ de bataille. Place assise, au milieu de couples assez avancés en âge qui n’ont pas du tout des têtes de métalleux. Au fil du concert, une question me taraude : leur a-t-on offert la place ou sont-ils venus par curiosité ? Ils n’avaient l’air de connaitre aucun des groupes du casting.

HEAT

H.E.A.T, j’en avais une vague connaissance et c’est peu dire qu’ils m’ont complètement bluffés. Déjà musicalement, si c’est pas archi-technique, les mélodies sonnent justes et font monter doucement la puissance. Les zicos en touchent et tout le monde reste subjugué devant l’énergie d’Erik, le chanteur. Entre bains de foules, crowd surf, il courait de droite à gauche avec une débauche d’énergie qui rappellera le jeune Axl Rose. Il n’hésita pas non plus à monter dans les gradins saluer la partie du public la plus éloignée, taper dans des mains, faire des selfies et inviter un jeune garçon d’une dizaine d’années à monter se faire acclamer sur scène. Une prestation époustouflante qui fera l’unanimité, même de ceux que j’entendais dire dans la file d’attente « ouais bon H.E.A.T, bof » et qui rejoignirent la fosse avec entrain pour les premiers pogos. Si le style est finalement un Hard Rock FM assez typé années 80, la façon de l’interpréter et la qualité des compos fait que ça passe comme un truc neuf et rafraichissant. À voir lors de leur tournée à l’hiver prochain si vous en avez l’occasion.

Doro 2

Après le changement de scène, nous voyons apparaître le backdrop de DORO qui représente la pochette de son nouvel album : Forever Warriors, Forever United. C’est la digne héritière d’un Heavy Metal Old School dont une partie du public était friand. Je dis ça d’après les allures de certains porteurs de vestes à patches. Immense respect en ce qui me concerne pour cette pionnière des front-women dans l’univers du Metal. Musicalement c’est très carré aussi, il faut dire qu’elle a été bien entourée avec trois guitaristes dont Tommy Bolan, ex-compagnon de Warlock. Les titres s’enchaînent avec enthousiasme, mention particulière à « lève le poing vers le ciel » chanté en français. Clin d’œil aussi à la ballade internationale, oui nous aussi DORO, forever, für immer, wir lieben dich. À mon sens, le tout petit hic c’est que par rapport au style et au jeu de scène du groupe précédent, la prestation de DORO paraissait un peu décalée. Peut-être aurait-il fallu inverser les deux groupes, qui de toute façon ont joué une heure chacun.

Powerwolf 2

Place maintenant aux plus attendus des quatre groupes, à la vue des nombreux T-shirts à leur effigie présente dans la fosse et autour. C’est aussi mon cas par ailleurs. Le jeu de scène a été très travaillé avec trois backdrops différents qui illustrent les pochettes des trois derniers albums dont The Sacrament Of Sin que nous chroniquerons bientôt dans nos pages. La majorité de titres tubesques sortent toutefois du précédent Blessed And Possessed à savoir : le titre éponyme, Armata Strigoi, Army Of The Night. On n’oublie pas non plus un petit saut dans le passé avec Amen And Attack ou le très punchy We Drink Your Blood. Le public est enthousiaste, les pogos et circles pits s’enchainent, on est plein à chanter les refrains à tue-tête. Lorsque Attila, le frontman, souhaite apprendre au public la mélodie d’Armata Strigoi, il se rend compte qu’une bonne partie de la foule le connaît déjà par cœur. On est tous enthousiastes, mêmes les petits vieux à côté de moi. J’en vois d’ailleurs un sortir un genre de ventilo électrique à hélices pour tenter de vaincre la chaleur ambiante. Il faut dire que, même si la nuit est tombée, la masse de gens amassés dans la coquille rend l’atmosphère bouillonnante. Nous regretterons juste la petite heure de jeu et un léger aperçu du dernier album. On restera sur notre faim, mais dans l’appétit d’aller voir Powerwolf lors de leur tournée prochaine dans plusieurs villes allemandes pas trop éloignées (et au Bataclan le 25 octobre prochain, concert déjà sold out).

Ghost 1

Place maintenant à l’autre groupe le plus attendu de la soirée. Là aussi, beaucoup de T-shirts et des masques de Nameless Goules pour accueillir Ghost et son nouveau chanteur, le Cardinal Copia. Alors je vais être franc, je n’ai jamais été un grand fan de Ghost sur albums et leur univers vu de l’extérieur ne m’attire pas plus que ça. Il faut toutefois avouer que tout ça reste assez original. Le mélange de codes, avec une esthétique très Métal autour d’une musique Pop/Rock. Le mystère qui entoure l’identité des membres également, même s’il est moins présent à cause des histoires de fric entre le Pape et certaines anciennes goules. Show théâtral et lumineux, pyrotechnique, flammes, lumières fluorescentes, voilà le véritable attrait de ce show, qu’on aime la musique ou pas. Les petits vieux à côté sont d’accord avec moi, même si après plus de deux heures de show certains commencent à avoir mal aux fesses à cause des bancs en bois. Pour ce qui est de la musique, le live a confirmé mes impressions sur albums : je n’accroche pas. D’accord mais je reconnais que c’est bien foutu et superbement travaillé. Alors ça vaut ce que tu payes, pas d’arnaque et comme les fans sont nombreux et enthousiastes, Ghost a encore un bel avenir devant lui.

Voilà une belle soirée de terminée, les fortes images resteront : la fraicheur et l’énergie de H.E.A.T, les beaux sourires de DORO, la tornade de Powerwolf et le théâtre dramatique de Ghost. À l’année prochaine pour une nouvelle affiche attendue dans toute la région et bien au-delà.

Khaos

Photos de Yves Jud, visitez son magazine Passion Rock : https://www.passionrock.fr/