O-Ss

C’est donc au Transbordeur que ce concert organisé par Sounds Like Hell Productions se déroulera, tant attendu pour les fans d’Amen Râ en ce mardi 2 octobre. Il sera l’avant-dernier de la tournée composée de six concerts en France (Rouen, Angoulême, Biarritz, Toulouse, Lyon et Metz). La particularité de cette salle est qu’elle autorise la présence de photographes sur le devant de la scène pour les trois premiers morceaux de chaque groupe. Cela permet au public, bien que quelque peu plus éloigné de la scène, de jouir du spectacle sans avoir de photographes qui se faufilent à la recherche de l’angle parfait devant leur nez. Cela nous oblige aussi à être prompt et à saisir un début de prestation scénique.

Obscur Sphynx

O-SphOuverture du bal avec les Polonais Obscur Sphynx. Leur dernière production en date s’intitule Epitaph (2016), et pour la petite anecdote l’artwork de ce CD est réalisé par Mario Duplantier, le batteur du groupe Gojira.Ils signent ici leur troisième album. Pour ceux qui ignoraient (comme moi) ce groupe, il se situe entre le post et Doom Metal, avec des influences post rock. Mais il va au delà dans ses influences comme bien d’autres groupes. Du côté du chant, Wielebna alterne scream, growls et chant clair, m’évoquant par passages l’Islandaise Björk. Le groupe attaque avec Nothing Left, musique alliant chants clairs, des sonorités dooms et des discordances auditives mais le tout savamment orchestré, ça fonctionne étonnamment. Je m’avère conquise par la prestation scénique et sonore de la chanteuse au fur et à mesure. Tantôt lascive, tantôt torturée, dans une gestuelle m’évoquant presque un serpent, la chanteuse nous permet d’entrer dans son univers, obscure, ésotérique, quasi mystique. Ce qu’elle dégage me parle, ce qui semble la hanter semble nous envahir à notre tour, je la trouve assez charismatique. Riffs bien lourds, chants qui évoqueraient une cérémonie Wicca en pleine nature ou growls puissants, piano inattendu, guitare aux accents très curieusement flamenco pour la chanson d’introduction, le groupe hybride associe plusieurs styles sans que cela apparaisse décousu, culotté. Beaucoup d’effets sont à observer au niveau vocal mais la performance impose le respect néanmoins. Beau et puissant. Hors sujet : de très beaux dessins sur leur t-shirt de merch. À écouter pour les fans de Meshuggah, Neurosis, Gojira, Walls of Jericho, Year of no Light.

Setlist :

  1. Nothing Left

  2. The presence of Goddess

  3. AIR

  4. Nastiez

  5. Lunar Caustic

Celeste

Celeste2Ensuite vient Céleste, armés de leur lampes frontales rougeoyantes sous les volutes de fumée épaisse. La salle se remplit petit à petit. Le groupe a la particularité de chanter en français, ce qui a pu leur être reproché d’ailleurs. Ce groupe est qualifié de Post/Black Metal Hardcore (vocal) ou de Blackened Hardcore. Les Français ont sorti leur dernier album en 2017, intitulé Inflidèle(s) et sont déterminés à en découdre. On reste sur la même veine que les précédents albums, Animale(s) en 2013 et Morte(s) Née(s) en 2010. Noirceur, colère et puissance sont les maîtres mots pour qualifier leur travail. Cette musique envahit et prend toute la place. Chargée, lourde, la musique secoue les esgourdes sur des dynamiques et des mécanismes qui me semblent similaires. C’est peut-être trop sur le même ton selon mon point de vue, petit manque de nuances. Ce dernier album possède probablement des subtilités que mon manque de connaissances de ce groupe ne peut pas appréhender. Je pense que beaucoup auront apprécié cette prestation et il s’avère qu’ils s’en tirent très bien, la voix ne faillit pas. Apprécieront les fans de Neurosis, Amen Râ, Meshuggah, Pelican et Time to Burn. Aussi, le travail photographique de leurs pochettes d’album vaut clairement le coup d’oeil.

Setlist :

  1. Comme des amants en reflet

  2. Cette chute brutale

  3. Tes amours noirs illusoires

  4. À la gloire du néant

  5. D’errances en inimitiés

  6. Laissé pour compte comme un bâtard

  7. Ces belles de rêve aux verres embués

Amen Râ

Amen, vient enfin le groupe que la quasi totalité de la salle attendait : Amen Râ. J’avais maintes fois entendu du bien concernant les prestations live de ce groupe belge. Les places pour Paris étaient partis comme des petits pains et le groupe qui a déjà vingt ans n’a plus à se présenter sur la scène, avec leur Doom lancinant. Je suis donc très curieuse de voir ce que ça donne, ayant écouté par le passé quelques titres. Leur dernier album en date est sorti fin 2017 chez Neurot Recording. Les thématiques abordées par le groupe s’articulent autour de la naissance, la mort, la lumière et l’obscurité, donc des complémentarités, dualités. Le chanteur est dos à la scène, torturé, comme acculé par trop d’émotions. Au niveau vocal, il arrive a dégager beaucoup de choses et le public est conquis. CHVE (chanteur) possède un énorme tatouage d’une potence dans le dos qui sera l’élément que l’on observera le plus chez lui durant la prestation. Une ferveur est palpable. Il y a quelque chose de profondément sensible et poétique dans ce mapping et dans l’atmosphère. Au niveau visuel, on peut observer une femme élevée dans les airs en noir et blanc, le mouvement des feuilles d’un arbre suite à une brise du vent, le tout dans une lenteur quasi médusante. La partie vocale nous heurte, les membres du groupe sont absorbés et presque transcendés. Un groupe qui plaira pour ceux qui sont déjà conquis par Cult of Luna, Year of No Light, Treha Sektori, Isis, Downfall of Gaïa.

Setlist :

  1. Boden

  2. Plus près de toi (Closer To You)

  3. Razoreater

  4. Nowena 9,10

  5. Diaken.Terziele.Tottedood

  6. Am Kreuz

  7. Silver Needle. Golden Nail

Amen Râ3

Tous nos remerciements à Sounds Like Hell Productions, aux groupes ainsi qu’au public.

Lyale