Anna Sage – Downward Motion : la fin des temps

Posté le : 10 novembre 2018 par dans la catégorie Chroniques
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Genre : Hardcore - Sortie : 1er décembre 2018

Genre : Hardcore – Sortie : 1er décembre 2018

Anna Sage nous vient de Paris. Formé le 1er juin 2012, le groupe a sorti un EP en 2014 intitulé The Fourth Wall et qui s’était avéré marquant pour les esprits et les corps. Après un changement de line-up en 2017 et l’enregistrement de l’EP Downward Motion nous concernant ce jour, il est temps de vous présenter rapidement ce quatuor apocalyptique composé de Sébastien, Pierre, Xavier et Gabriel.

Anna Sage vous avait laissé à l’aube du 12 février 2014 dans un état d’anxiété ultime, au sortir d’une nuit de cauchemar où vous aviez dû affronter The Fourth Wall pendant des heures. L’histoire reprend ici, peut-être êtes-vous déjà mort ? Nul ne le sait et ce n’est pas là l’important. Downward Motion est le digne et ténébreux successeur du premier rejeton du groupe. Ne vous fiez pas à la blancheur presque immaculée de la pochette, son contenu est proportionnellement inverse à cette couleur. Ici c’est une matière noire qui rôde, un absorbeur de vie, quelque chose que l’on ne peut arrêter et qui n’a pu sortir que d’esprits malins et ô combien torturés. La construction musicale de cet EP est faite pour que son auditoire n’en sorte pas indemne. Chaque note est jouée pour faire mal. Mises bout à bout, ces notes engendrent une partition rythmée par la folie où la volonté de destruction n’a d’égale qu’une énergie brutale mais maîtrisée. Anna Sage, qui pour rappel fut la personne responsable de l’arrestation par le FBI de John Dillinger, a cette faculté de jouer un Hardcore que de beaucoup considèrent comme un genre inaccessible, rendu ici accessible par une osmose et une ossature musicale à la forme rare. Last Dose, premier titre de l’opus est un scalpel, un titre qui fait monter votre tension et change votre métabolisme, un titre surnaturel où les riffs vous éviscèrent sévère. Véritable tension où le chant/hurlement dépasse l’entendement. De nombreux changements de rythme viennent reculer les frontières du possible. Il en sera de même pour l’ensemble de cette galette. Mes amis, vous avez affaire ici à une constante déferlante de violence incontrôlée mais pleinement voulue. Goddess se veut plus lourd, plus sombre aussi, servi là aussi par un chant dont on se demande à quel niveau se situe le point de rupture tant il est puissant de rage.

When Prophecy Fails, un des musts de cet EP, fait aussi apparaître par moments une autre palette de ce chant si énorme, c’est terrible d’originalité quant on atteint le break aux deux minutes et la ligne de basse qui amène ensuite la même démence qui avait régnée sur leur premier EP. Un mot sur le son, il est égal à celui du mur qui porte le même nom, rien à redire, cela touche au presque parfait, sacrée performance. Le mixage est dans la même lignée, chaque instrument se distingue clairement des autres, une réussite. Puis vient Interlude, titre instrumental assez court mais cent pour cent létal, un calme voulu mais allant crescendo dans l’opulence de décibels, de violence. Entrée en matière parfaite pour attaquer la scène, la mélodie est aussi posée qu’angoissante, agonie latente… Menant au titre suivant Missing One, véritable couloir de la mort aux lignes écrites par la folie elle-même. Cet EP, prince de tes cauchemars, roi de tes nuits noires se termine par Rope ou comment monter encore d’un échelon dans l’inconcevable et peut-être le titre majeur de ce disque, tant son interprétation, son écriture amène votre cerveau dans des zones encore inexplorées. Ecoutez particulièrement le passage aux deux minutes et ce qui suit pour comprendre ce que peur veut dire. Vous tentez de fuir mais ne pouvez plus courir, seule certitude pour vous : mourir. Il ne reste plus rien pour vous que la fin.

Bien sûr, certains fuiront devant la musique d’Anna Sage, trop extrême, trop ultime, trop tout, et ils auront tort. Votre serviteur du jour n’est pas un spécialiste du genre mais force est de reconnaître l’exceptionnelle qualité de cet EP. Ce dernier est si immensément en marge de tout que cela en fait une œuvre à part, sincère, épurée, vraie et sans fard. Ami métalleux, ami coreux, ami tout ce que tu veux, ce Downward Motion est une pièce à part dans une discographie, la posséder est une nécessité. Au groupe : bravo pour tant de créativité, bravo pour autant de jusqu’au boutisme.

Pat

Tracklist :

  1. Last Dose

  2. Goddess

  3. When Prophecy Fails

  4. Interlude

  5. Missing One

  6. Rope

Liens :

Page Facebook : www.facebook.com/annasagemusic

Bandcamp : https://annasage.bandcamp.com/

Last Dose : https://www.youtube.com/watch?v=sxk7SmllcmI