Interview décalée : Raph d’ACOD

Posté le : 15 janvier 2019 par dans la catégorie Interviews
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ACOD - band

ACOD, nouveau monstre dont la progression continue s’est avérée matérialisée par l’incroyable dernier né du groupe répondant au nom de The Divine Triumph, sorti le 24 août 2018 et disponible chez SONY musique, cette machine à décapiter se doit d’être présente chez vous tous, amis métalleux et amies métalleuses. Un seul commandement pour toi : achètes-toi vite ce bijou à rendre fou, et fais vite.

Interviewer Raph, batteur/métronome du groupe et lui poser des questions que l’on ne pose pas habituellement, sortir quelque peu des sentiers battus pour connaitre la personne qui se cache derrière les fûts, voilà un beau challenge que Raph a bien voulu relever et s’y prêter avec un plez gros comme ça ! Merci à toi !

Sons Of Metal : Bonjour Raph, en quoi consiste ton échauffement avant de jouer, que ce soit en studio ou live ?

Raph : Bonjour Pat et bonjour Sons Of Metal, merci pour cette interview. Effectivement avec grand plaisir, puisqu’en plus nous échangeons depuis pas mal d’années maintenant Pat, et tu as suivi tout mon parcours ou presque.

Mon échauffement avant de jouer est comme la plupart des batteurs je suppose, une bonne demi-heure (voir plus) de pad d’entrainement. Que cela soit aux mains ou aux pieds, c’est primordial de s’échauffer, sinon tes muscles se tétanisent dès le premier morceau et c’est la catastrophe. La clef pour jouer du Metal, contrairement à ce que l’on pense, pour aller vite il ne faut surtout pas s’exciter mais rester le plus souple possible. Donc pour ça, un bon échauffement est nécessaire.

SOM : Avant de monter sur scène, tu ressens un certain trac malgré les années d’expérience ?

Raph : Complétement ! Mais c’est un trac positif en fait, ça permet de se concentrer, de focaliser son énergie. En tant que batteur, je ne sais pas si c’est vrai pour tous, mais pour moi oui en tout cas, mon jeu me demande de dépenser beaucoup d’énergie en très peu de temps. En gros, tu te sens responsable d’une mission que tu dois mener à bien et donc ce « trac » permet de te concentrer sur ton objectif, de rassembler ton énergie et de la connecter à ton esprit. La batterie, c’est un vrai sport de combat !

SOM : D’où t’est venu l’amour de la musique ?

Raph : Je pense, comme tous les vrais métalleux, nous sommes nés avec. Ça, ça ne s’invente pas. Après si on veut chercher des explications on peut toujours en trouver… Déjà, ma mère écoutait Scorpions quand j’étais dans son ventre. Au début de mon adolescence, mon oncle m’a fait découvrir Maiden, ma sœur écoutait Metallica et HIM… On va dire que c’est une histoire de famille pour moi ! Et puis un autre élément, plus personnel, mais les événements de la vie, les moments de prise de conscience de l’existence, les moments de déprime, les choses qui te font tomber bien bas… Celles-ci te poussent à aimer encore plus la musique et le Metal en particulier… D’un côté cela t’enfonce encore plus dans la solitude et le mal être, mais finalement cela t’aide puisque tu te sens compris et tu t’aperçois que tu n’es pas le seul à être comme cela, à penser comme ça… Donc, longue vie au METAL.

ACOD - RaphSOM : La vision de ta famille sur ton activité de musicien ?

Raph : Mes parents m’ont mis à l’éveil musical quand j’avais sept ans, j’ai fait du solfège jusqu’à mes douze ans. Et c’est ma sœur, quand j’avais seize ans, qui m’a acheté ma première batterie, une Yamaha Rydeen !
Ils sont super fiers et contents pour moi. Bien qu’ils ne comprennent pas tout l’univers à 100%, ils sont derrière moi et m’encouragent. Ça me fait super plaisir et m’aide beaucoup, surtout quand je vois dans mon entourage comment peuvent être certains parents par rapport à ça… Je me dis que j’ai beaucoup de chance.

SOM : Ton meilleur souvenir de musicien ?

Raph : Il y en a tellement ! Je pense que je peux dire le Motocultor 2017, nous avons joué sur le Dave Mustage avec ACOD. La plus grosse scène que l’on ait fait jusqu’à aujourd’hui. Là tu te dis que t’as réussi quelque chose dans ta vie, sans vouloir être prétentieux, mais tous les choix que tu as fait jusqu’à aujourd’hui ton amené là ce jour… Et là ce n’était que du bonheur. J’avais pas mal d’appréhension de jouer sur une si grosse scène, devant autant de personnes mais je me suis installé sur ma batterie montée sur le côté de la scène, on attendait notre tour. Hatesphere jouait là où nous allons jouer à notre tour dans peu de temps et j’ai vu leur passion, l’envie, l’énergie qu’ils échangeaient avec les gens. Et hop tout s’est envolé, il n’y avait plus d’inquiétudes, ils m’ont ouvert les yeux. Je les remercie et aussi les orgas du Motocultor car ils nous ont offert cette chance, de plus un super horaire et aucun groupe ne jouait en même temps que nous, et évidemment merci aux personnes qui ont voté pour nous car il s’agissait d’un concours facebook. Une superbe expérience.

SOM : Ton pire souvenir de musicien ?

Raph : Il y en a tellement ! (rires) Et oui ce n’est pas tout rose, bien au contraire ! M’enfin, s’il faut en choisir un je dirais l’enregistrement de Evocation Of Human Brutality en 2010, notre premier album avec Annihilation, mon premier groupe de Death. On s’est déplacé à Montalembert, le trou du cul du monde entre Angoulême et Poitiers, chez un mec qui avait un petit label qui voulait nous signer, il nous proposait de record chez lui… On a dormi dans une ferme arrangée en studio au milieu des champs, c’était en plein hiver, on se gelait les noix. C’était tout pourri, bien roots, pas de douches possibles pendant une semaine… Je ne jouais pas au métronome à l’époque, on s’est pris la tête avec le mec qui nous enregistrait… Bref ça a fini en pugilat, j’ai rembarqué mon matos et on s’est barré ! Le fiasco ! (Rires). Heureusement on a bien rigolé entre nous avec Annihilation. D’ailleurs, certains dossiers nous font encore rire aujourd’hui, mais je peux te dire que c’est le genre d’expérience que tu ne veux pas revivre. Et j’en ai tiré une bonne leçon, dès lors ça a été : METRONOME obligatoire !!!

SOM : Quelles études as-tu fait ?

Raph : Oula ! Oui, question inhabituelle ! J’ai fait des études dans le commerce… Sans avoir réfléchi. Pour moi ce n’était pas compliqué et donc je suis allé jusqu’à décrocher un BTS Vente. C’est con, c’est mal foutu en fait, y a que quand tu sors du système scolaire que tu te rends compte de ce que tu aurais dû étudier ou pas… À part pour les jeunes qui savent vraiment quoi faire, j’étais dans le cas où je voulais jouer de la drums et point, et j’avais déjà compris que je ne gagnerais pas ma vie avec. Au final, aujourd’hui j’ai repris les études en alternance dans le développement web, ça me plaît beaucoup et c’est bien dommage que je ne découvre cela que maintenant.

SOM : Si tu devais changer de métier, ce serait lequel ?

Raph : Justement, je suis en train de changer ! J’étais vendeur pendant plusieurs années en grande distribution et c’est bien de la merde. Les gens qui bossent là-dedans passent à côté de leurs vies, enfin ceux qui sont en bas de l’échelle. Ils se font briser tous les jours entre les clients et la direction pour un salaire de merde. Franchement, les gars : barrez-vous ! Prenez confiance, prenez-vous en main et faites quelque chose qui vous intéresse un minimum, il faut que ça reste de l’emploi provisoire. Tu ne vas pas me dire que découper du poisson ou faire la poussière des luminaires c’est ce que tu rêvais de faire quand tu étais petit. Donc, bougez ! Il faut gagner plus que le SMIC pour réussir à vivre convenablement, encore plus quand tu as une passion qui te coûte autant que la musique, encore plus quand il s’agit de Metal et encore plus quand tu es batteur ! (Rires) Donc voilà, aujourd’hui je bosse dans l’informatique, c’est intéressant, on se sert de sa tête tous les jours et on gagne un peu plus de blé quand même.

SOM : Tes goûts en matière de nourriture ? Un plat préféré ? Un vin préféré ?

Raph : Effectivement, de moins en moins habituelles comme questions ! J’adore les plats de la gastronomie française, quelle chance nous avons ! C’est hyper varié et super bon. Il suffit de voyager un peu pour s’en rendre compte. Avec ACOD on a l’habitude de se faire des soirées vin/charcuterie/fromage comme des bons franchouillards, et putain que c’est bon. Je suis quand même plus amateur de bières que de vin, donc pour en citer une du moment, je dirais la triple carmélite, un délice !

SOM : Tes rêves de voyages ? Un endroit dans le monde que tu souhaiterais voir absolument ?

Raph : Alors je suis passionné d’ufologie, les OVNIS, les gris, les petits hommes verts… Donc j’aimerais pouvoir voir de mes propres yeux évidement tous les lieux en relation avec. À commencer par les pyramides égyptiennes mais aussi mayas, et ensuite faire un road trip jusqu’à Roswell. I want to believe ! Et pour le côté culte, les fjords norvégiens, les épées plantées dans le rocher de Hammerfest… Tellement de lieux magnifiques à découvrir, quelle chance nous avons d’avoir cette planète si diversifiée.

SOM : Ta voiture de rêve ? Ta caisse actuelle ?

Raph : La Peugeot 208 T16 Pikes Peak conduite par Loeb ! Ce n’est pas fait pour le blingbling ça au moins ! Ma petite 207 en est loin… (Rires) mais c’est une Peugeot aussi hein !

SOM : Tu pratiques un sport ? Tu as un sport préféré ?

Raph : La batterie pardi ! C’est un véritable sport. Quand je dis ça à chaque fois les gens rigolent… Je vous invite à regarder des vidéos de batteurs de Metal sur Youtube et vous verrez que c’est un PUTAIN de sport qui a toutes les vraies contraintes d’un vrai sport : condition physique, entrainement, temps à y consacrer, nourriture adaptée, échauffement, performance…

SOM : Ton rêve que tu juges raisonnable ?

Raph : Celui qui est déjà atteint : laisser une marque en faisant un album que je juge honorable et aimé par un ensemble de personnes. Celui à atteindre : Pérenniser mon avenir, celui de ma future famille et celui de mon groupe. C’est un combat de TOUS les jours et il n’y a qu’en gardant la flamme qu’on le décroche. C’est un rêve et un accomplissement, le travail d’une vie, sa pyramide, sa merveille dans Age Of Empire ! Quand tu réussis à la faire, tu as la larme.

SOM : Ton rêve que tu juges inaccessible ?

Raph : Vivre sur une autre planète avec une population beaucoup moins dense et bien plus intelligente.

SOM : Quelle est la chose qui te révolte le plus dans ce monde ?

Raph : Il y en a tellement ! (Rires). Mais si je dois rassembler ça en peu de mots je dirais : LA CONNERIE HUMAINE. Quelle race de merde nous pouvons être, sérieusement. Parfois, j’ai honte d’être humain. Je ne m’étendrais pas plus sur le sujet, j’en aurais pour des pages entières !

Pat

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