Genre : Metal oriental - Sortie : 26 janvier 2018

Genre : Metal oriental – Sortie : 26 janvier 2018

Ça a mis du temps mais voici la dernière chronique qui présente mes sorties marquantes de 2018. Orphaned Land propose avec Unsung Prophets & Dead Messiahs son sixième album (plus des Ep et lives). Dans la continuité d’All Is One sorti en 2013, le son du groupe s’est un peu assagi. Les orchestrations sont plus majestueuses, la voix saturée moins fréquente. Si bien qu’il est difficile de classer précisément les Israéliens tant leur style garde ses caractéristiques propres. La mélodie reste cependant centrale avec de forts accents orientaux qui n’étonnera personne vu la provenance géographique du groupe. D’ailleurs, c’est aussi un point important à souligner : Orphaned Land joue du Metal dans un contexte qui n’est pas évident du tout. Ils pourraient éviter tout sujet polémique en parlant simplement d’imageries comme le font beaucoup de métalleux. Mais non, leurs paroles sont engagées et dénoncent les extrémismes et les fermetures d’esprit qui sévissent dans leur pays, quel qu’en soit le camp d’origine. C’est le cas du titre de ce nouvel album et de nombreux textes. Unis sous les couleurs du Metal, voila le message qu’ils aimeraient transmettre. D’ailleurs, je vous mets un lien en bas d’article. Il s’agit d’un reportage de l’émission allemande Rockpalast (en anglais) qui vous permettra de mieux connaître le contexte dans lequel ils jouent.

Tout un orchestre ainsi qu’une chorale assure l’ambiance musicale globale qui démarre par une voix de soliste féminine. Faisant humer le vent du Moyen-Orient, l’air charmeur porte comme sur un tapis volant les instruments Metal qui entrent avec un son impeccable. La voix de Kobi Fahri à laquelle répond la chorale se pose comme des grains de sables transportés avant de se muter en tempête. Son growl magnifique rend le refrain de The Cave contrasté. Le vent du désert a fait soulever quelques pavés. Les guitares marquent une rythmique saccadée qui tranche également avec les orchestrations en musique de fond. Ensuite, un pont musical suivi des solo de guitare et d’un instrument à vent oriental retourne dans un air plus tempéré. Un grand titre pour débuter mais le must vient juste après avec We Do Not Resist. Percussif et intense, ce titre recrache toute la colère et la révolte que porte le groupe. Ils l’expliquent dans l’introduction de l’album, une dénonciation de toutes les folies de la planète. Le growl est puissant et massif, une bonne rage qui rejoint celle de nombreux métalleux. À noter là aussi un passage soudainement plus calme qui rend l’écoute agréable. In Propaganda qui s’enchaine bien reste dans la même veine, mêlant une guitare électrique en rythmique et une guitare orientale (certainement un oud). Le titre qui suit, All Knowing Eye, est largement instrumental et plutôt acoustique avec la voix de Kobi qui pose quelques paroles de manière très douce. On passera rapidement sur le un peu lourdaud Yedidi tiré d’un chant traditionnel pour aller écouter Chains Fall To Gravity. Une ballade qui ressemble aux deux très belles de l’album précédent (Let the Truth Be Known et Freedom). On y ajoute en cerise sur le gâteau un solo de Steve Hackett (ex Genesis). On se prend vraiment une claque émotionnelle avec ce titre.

Autre guest, Hansi Kürsch de Blind Guardian intervient dans Like Orpheus. Certainement le morceau le plus direct et le plus simple mélodiquement ; il n’en reste pas moins marquant, toujours grâce au contraste des voix et des orchestrations en regard des instruments Metal. Poets Of Prophetic Messianism, tranche mélodique remplie de vocalises féminines, voit Kobi réciter une phrase de l’ouvrage de Platon « La République ». Voici la traduction : « quiconque détient une véritable opinion sans la comprendre est comme un aveugle sur la bonne voix ». Méditez, vous avez deux heures. My Borther’s Keeper est également à citer dans les réussites avec sa voix de conteur. Enfin, Only The Dead Have Seen The End Of War débute par des orchestrations mi-symphoniques, mi-acoustiques absolument badass. C’est juste avant que le vocaliste se remette à growler comme un ours, aidé par Thomas Lindberg (chanteur d’At The Gates et plein d’autres projets). Une manière de finir l’album avec un certain punch.

Pour conclure, cet album d’Orphaned Land est un must de 2018. Production et composition soignées au millimètre, les Israéliens ajoutent des textes engagés et fédérateurs (de gens non extrémistes). Leur réussite repose sur la versatilité vocale du chanteur, le mixage habile entre des orchestrations épiques et des instruments Metal accrocheurs. On y ajoute les airs orientaux qui invitent l’auditeur au voyage et à l’ouverture des frontières. Certes un album plutôt dans des mid-tempos, un ou deux titres plus rapides auraient à mon avis apporté un petit truc supplémentaire. Ne crachons pas dans la soupe, cet album s’écoute avec délectation du début à la fin et mérite d’y mettre son argent.

Khaos

Tracklist :

  1. The Cave

  2. We Do Not Resist

  3. In Propaganda

  4. All Knowing Eye

  5. Yedidi

  6. Chains Fall To Gravity

  7. Like Orpheus

  8. Poets Of Prophetic Messianism

  9. Left Behind

  10. My Bother’s Keeper

  11. Take My Hand

  12. Only The Dead Have Seen The End Of War

  13. The Manifest – Epilogue

Liens :

Page Facebook : https://www.facebook.com/OrphanedLandOfficial/

Clip de We Do Not Resist : https://www.youtube.com/watch?v=Ti-bSKTnN1w

Clip de Like Orpheus : https://www.youtube.com/watch?v=hurWzo01FpM

All Is One : Orphaned land (documentaire) : https://www.youtube.com/watch?v=qVFxWMz2z-A&t=150s