Asylum Pyre – N°4

Posté le : 24 mai 2019 par dans la catégorie Chroniques
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Genre : Metal mélodique - Sortie : 26/04/2019

Genre : Metal mélodique – Sortie : 26/04/2019

Asylum Pyre, voilà un groupe dont on peut mesurer les progrès. Il suffit de poser devant soi les quatre albums sortis et de les écouter dans l’ordre, l’un après l’autre. Vous pourrez alors évaluer l’énorme enrichissement et affirmation de leur musique. En plus de cela, Johan Cadot, guitariste, chanteur, compositeur et père de ce projet, a dû s’adapter à trois chanteuses différentes, chacune avec son style propre. Ombeline Duprat a donc rejoint l’aventure en 2016, apportant son talent déjà aperçu dans d’autres projets (The Experiment N°Q, Seadem). Pour le reste, Johan s’est entouré de Pierre-Emmanuel Pelisson à la guitare, Fabien Mira à la basse et Thomas Calegari aux baguettes. Avec N°4, nous parlons toujours d’écologie mais cette fois, nous prenons conscience que le frein ne peut plus être enclenché. L’homme doit s’adapter à un environnement dégradé par ses propres agissements, ne pouvant infléchir les conséquences de ses propres actions, il se prépare face à l’inéluctable. C’est le sens de cette égérie de la mode portant un masque à gaz mais pour plus de détails il faut se plonger dans les paroles. Projetons-nous dans le futur mais peut-être pas aussi loin qu’on le pense (il suffit de lire les rapports officiels du GIEC) et appuyons sur « play ».

Le premier morceau introductif nous fait correctement humer ce contexte pré-apocalyptique. Une mélodie régulière comme une horloge sous forme de compte à rebours et des voix chuchotées, murmurées. Cela s’enchaîne avec One Day, les samples sont bioniques, futuristes et les guitares sortent des riffs plombés et saccadés. Nous prenons alors en pleine face ce qui fait la force d’Asylum Pyre sur tout cet album : le travail autour des arrangements vocaux. En opposition à l’introduction douce, toute la puissance sort maintenant, autant de la voix d’Ombeline que des contre chants de Johan. Un véritable coup de poing dans la figure, de quoi réveiller. Nous mesurons aussi tous les progrès autour de la production, la batterie surtout a été soignée dans la sonorité, l’intensité. Puis vient un passage que je nommerait « faux solo » puisqu’on assiste à un sorte de break où subsiste une simple nappe au synthé avec la basse bien audible, puis retour bref des guitares saccadées et une montée vocale d’Ombeline assez impressionnante. Elle est doublée par une guitare qui ferait l’équivalent d’un solo, ça ne sort qu’à ce moment là et c’est bien joué. Un premier titre qui a le mérite de mettre tout le monde au courant : Asylum Pyre est là avec un album puissant et sophistiqué.

Ensuite, Sex, Drugs and Scars ne fait pas dans le détail. Yannis Papadopoulos (Beast In Black) assure le guest et ce titre a le mérite d’être simple et rentre-dedans comme savent très bien le faire les Finlandais de Battle Beast (le groupe de Yannis étant une émanation du premier). Objectif : faire bouger le popotin. Accompli. Voila les deux clips sortis par le groupe mais d’autres titres méritent un détour même si aucun n’est à jeter dans cet album. Nous découvrons douze compositions soignées et variées.

On First Earth par exemple : nous y sentons toute la rage envers l’humanité. Ne pas avoir su ou pu inverser l’auto-destruction. Nous levons le poing bien en l’air et on s’aperçoit que la section rythmique n’a pas été négligée. Gros défaut de beaucoup de groupes de Metal symphonique et mélodique, ces instruments ont dans Asylum Pyre un vrai rôle. En plus, ceux qui les jouent le font avec talent, ne se contentant pas de suivre mais apportant toute leur saveur à la recette. Nous arrivons ensuite sur la tranche la plus musclée : Dearth. Le deuxième invité, Raph Pener de T.A.N.K, emmène avec lui toute sa rage. Son chant growl terrifiant donne encore une autre couleur. Le son des guitares étant dans ce titre encore plus agressif, plus proche du Death Metal. Ça donne un bel assommoir que Into The Wild va s’attacher à atténuer. Au contraire du morceau précédent, c’est le plus calme sans faire dans la ballade. Un bon feeling pour ma part à la première coute, certainement influencé par le titrage qui rappelle un film (et un roman) que j’ai bien aimé. Le travail vocal d’Ombeline, comme elle l’a précisé dans l’interview parue récemment, se mesure aussi ici. Je terminerai ma revue par The Right To Pain avec son rythme de guitare convulsif et le clavier au son des années 1980. Les instruments s’insèrent très bien dans cette mélodie qui serait un peu kitch sans l’accompagnement des guitares. Vocalement, le contraste entre les vocalises féminines et les vigoureux chœurs masculins crée toute une ambiance massive.

Je conclue en disant qu’Asylum Pyre propose avec N°4 sa production la plus aboutie. Le son est meilleur et plus adapté qu’avant, les compositions ont gagné en richesse et complexité. Les arrangements et l’ordre des titres font que N°4 s’écoute bien, sans lassitude. Comme un bon vin, il faut toutefois le garder un peu en bouche pour découvrir toutes les saveurs. Plusieurs écoutes sont nécessaires pour en saisir les nuances. Spirited Away (2015), dont vous pourrez retrouver la chronique dans les archives de Sons Of Metal, était plus direct et s’adoptait dès la première écoute. Il ne reste plus qu’à aller voir la troupe en live pour découvrir les nouveaux titres dans ce contexte. Un très beau travail en tout les cas, ils méritent quelques éloges.

Khaos

Tracklist :

  1. Lullaby For The Clairvoyants

  2. One Day (Silence/Part 2 : Daydreaming)

  3. Sex, Drugs and Scars

  4. Lady Ivy

  5. On First Earth

  6. Dearth

  7. Into The Wild

  8. Mcq Drama

  9. Borderline

  10. The Right To Pain

  11. The Broken Frame

  12. The Cemetery Road

Liens :

Page Facebook : https://www.facebook.com/asylumpyre/

Clip vidéo de One Day : https://www.youtube.com/watch?v=0VIb4ZYtA68

Clip vidéo de Sex, Drugs and Scars : https://www.youtube.com/watch?v=U0WYLbQjYGs