Demons & Wizards Z7 affiche concert

Après avoir chroniqué le dernier album d’Asylum Pyre et eu l’honneur d’interviewer leur chanteuse Ombeline, j’avais très envie de voir la formation en configuration live. Ils ont pu saisir cette chance d’accompagner pour trois dates la formation Demons & Wizards, collaboration entre John Schaeffer (le leader de Iced Earth) et Hansi Küsch, chanteur de Blind Guardian. J’étais alors curieux de voir ce mélange. Avant cela, je n’avais jamais vraiment accroché à la musique de Blind Guardian (à part les ballades) et je regrettais les trop nombreux changements de vocaliste dans Iced Earth et le manque d’identification au frontman que cela engendre. Concernant cette collaboration commune, le dernier album date quand même de 2005. Ils seront au Hellfest et dans plusieurs autres festivals européens, profitant de la pause relative des deux groupes principaux.

En arrivant sur place, les T-shirt des deux formations se font concurrence, Blind Guardian gagnant le match de peu, nous sommes en territoire germanique. La salle du Z7 brasse en effet énormément de monde, cette région de Suisse étant très densément peuplée avec des métropoles assez grandes (Bâle, Zürich, Bern) et des métalheads venant d’encore plus loin. Remplir une salle de concert un soir de finale de Ligue des Champions, voilà un premier défi rempli avec une bonne jauge que j’estime au-dessus de 400 personnes. Quelques connaissances de nos petits français du jour sont venues comme moi les encourager dans un environnement qui devrait leur être favorable. Le style de Metal mélodique qu’ils produisent est en effet un régal pour le public allemand. J’en ai eu la confirmation par deux gars flanqués d’un T-shirt Blind Guardian et qui avaient aussi fait la date précédente à Saarbrücken.

L’introduction samplée de l’album n°4 passe dans la sono puis le groupe débarque brièvement vêtu d’un masque à gaz pour Ombeline et de bandeaux sur la bouche pour les autres. Cela s’enchaîne avec le très bon One Day qui assure autant en live que dans un casque. Ils sont hyper dynamiques sur scène. Ombeline sautille, les autres changent de place, bougent. Le public a de suite accroché, Lady Ivy un autre titre qui tabasse bien, puis These Trees de l’album Fifty Years Later. La structure musicale est plus simple mais ça matche bien grâce à un refrain que peut aisément reprendre le public. The Silence Of Dreams vient remémorer l’album Spirited Away. Pour le reste, c’est n°4 qui est bien à l’honneur. Mention particulière à Cemetery Road avec ses lumières vertes et Ombeline qui fait très bien le zombie. Une bonne alternance de morceaux rentre-dedans et d’autres au tempo plus lent mais non moins efficaces. Après quarante minutes de jeu, l’heure est à laisser la place aux grands en ayant parfaitement rempli le contrat. Un groupe également très accessible au stand merch et on perçoit aussi la bonne ambiance à la fois sérieuse et décontractée qui règne dans la troupe. Asylum Pyre, j’espère vous revoir bientôt, j’ai passé un bon moment en votre compagnie musicale.

Vint minutes plus tard, réglés au poil comme une horloge suisse, Demons & Wizards font leur entrée sur scène. Ils débutent tout simplement par les premiers titres de leur premier album éponyme. Autour de Schaeffer et Küsch, une sacrée équipe de musiciens issue en grande partie des deux groupes a été recrutée, du très haut niveau. Aux claviers, Joest Van Der Broek (ex Epica/Ayreon), la guitare lead est assurée par le très doué Jake Dreyer qui joue aussi dans Iced Earth, à la section rythmique Markus Siepen et Frederik Ehmke de Blind Guardian. La première chose qui frappe, c’est la qualité de voix de Hansi Küsch. Une puissance vocale et une justesse terrible, il a envoyé du bois pendant l’heure et demie sans montrer signe de fatigue. Pour le reste, l’un des contrastes est formé par le son différent des deux guitares. La Gibson Les Paul customisée de Schaeffer n’a été mise de côté que dans les passages acoustiques. Associée à certaines pédales, elle produit des riffs métalliques assez agressifs qui contrastaient avec les six cordes que prenait le soliste. Lui au contraire alternait les styles, sons et effets. La setlist a laissé une grande place aux morceaux de Demons & Wizards dont les deux albums ont été récemment remasterisés. Une petite incursion de leurs groupes d’origine tout de même, mais des anciens titres que le public connaissait visiblement par cœur. Pour Iced Earth, Burning Times de l’album Something Wicked this Ways Comes (1998) et I Died For You de l’album The Dark Saga (1996). Pour Blind Guardian, Welcome To Dying de Tales From The Twilight World (1990) et le très entrainant Valhalla issu de Follow The Blind (1989). En revanche, par rapport à certaines formations récentes de Power/speed germanique, le jeu et décor de scène de Demons And Wizard restent assez classiques, je dirais même un peu trop cliché. Un backdrop et deux trois déco en forme de pierres tombales pour seules pièces, à l’heure où des Powerwolf ou Sabaton te customisent toute une scène, c’est un peu dommage. Le jeu de scène également reste assez standard, John Shaeffer n’ayant jamais été un grand showman, depuis ses problèmes de cervicales il y a quelques années il doit encore plus se ménager. C’est le jeune Jake Dreyer qui montre certainement le plus de dynamisme dans la troupe, exposant sa virtuosité autant au public placé à gauche qu’à droite. À noter que l’utilisation du clavier est astucieusement faite, ni absent ni trop présent. Là où le combo est toutefois un bon cran au-dessus des autres formations de heavy/power germanique, c’est dans la technique. Sans être du prog, les compositions sont bien plus chiadées que les formations précédemment citées qui tiennent les têtes d’affiches dans cette région et bien au-delà. Une formation qui préfère miser sur le contenu que sur les à-côtés et le visuel. Je pense toutefois qu’en ajoutant cet aspect, Demons & Wizards marquerait plus les esprits. J’encourage les lecteurs de cette page qui iront au Hellfest à passer à la Mainstage le jour de leur passage et de profiter de ce moment. Il n’y aura pas de regrets.

Je rentre chez moi après deux heures de route et une très belle soirée en mémoire. Merci à Asylum Pyre et au Label M&O office pour l’accréditation, j’espère vous revoir au plus vite. Merci à Demons & Wizards qui m’ont donné envie d’écouter les versions remastérisées de leurs albums.

Khaos

Liens :

Concert de Demons & Wizards au Hellfest 2019 : https://www.arte.tv/fr/videos/089122-002-A/demons-wizards-au-hellfest/

Asylum Pyre, clip vidéo de Only Your Soul : https://www.youtube.com/watch?v=5cYXcYEL1yY