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Comme chaque année, nous passons un week-end dans la commune de Saint-Maurice de Gourdans dans l’Ain pour couvrir le festival Sylak Open Air. C’est déjà la neuvième édition et les organisateurs ont eu à cœur de programmer une affiche alléchante. Cette année, nous avons donc du Hardcore, du Black Metal, du Death, du Stoner, du Sludge, du Hard Rock… Encore une fois, le site est complet, la billeterie ayant enregistré environ dix mille spectateurs sur les trois jours. Un succès amplement mérité après tant d’années d’efforts et d’affiches de qualité. Entrons maintenant dans le vif du sujet.

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Vendredi 2 août

Le camping est déjà bien occupé lorsque j’arrive vers 16h30. Le festival ne démarre que dans une heure mais les festivaliers ne perdent pas de temps à prendre d’assaut la caisse du Cashless et le bar. Karras monte sur scène et a pour tâche d’ouvrir les hostilités. Ce groupe parisien donne ici son premier concert et a donc la volonté de nous donner une bonne impression. Ce qu’ils parviennent à faire grâce à leur mélange de Thrash Death Metal. Un set puissant, lourd, groovy et efficace. Voilà qui donne le ton. Toutefois, laissons le temps au groupe de se rôder et d’affiner leur style avant d’émettre un jugement, bien qu’il soit prometteur. Iron Bastards arrive tout droit de Strasbourg pour nous envoyer son Speed Rock à la Motörhead en pleine face. Et comme leur célèbre (et regretté) parrain, les trois alsaciens ne rigolent pas dès qu’on parle de décibels. L’album Cobra Cadabra est bien défendu et David (basse et chant) se montre très loquace avec son PASTORS OF MUPPETS-20190802-008public. Mention spéciale à l’autre David (guitare), très précis dans ses solos. Les musiciens semblent prendre un pied d’enfer à jouer pour nous car les titres s’enchaînent, tous plus percutants les uns que les autres. Une bonne bouffée de rock n’ roll qui fait un bien fou. Pastors Of Muppets arrive et c’est un bien étrange cortège que nous voyons déambuler sur scène. Une grosse dizaine de musiciens masqués et déguisés en icônes du Rock, équipés d’instruments à vent, vont nous réinterpréter les classiques du Rock et du Métal. Ainsi, Angus Young est passé au saxophone, comme Axl Rose, Slash et Lemmy Kilmister qui revient d’entre les morts habillé de son short ultra court (surtout ne vous moquez pas de lui, Scott Ian a failli se manger une baffe après lui avoir fait la remarque). Si l’idée est très intéressante sur le papier, un démarrage plutôt mou casse l’enthousiasme d’une partie du public. Toutefois, les reprises de Metallica et Korn passent plutôt bien. Un set en demi-teinte mais rehaussé par le charisme du chanteur maquillé enMUDWEISER-20190802-005 démon, tout de rouge vêtu (et peint). Le niveau d’excitation monte de plusieurs crans lorsque Mudweiser débarque. Il faut dire que nous avons le groupe le plus attendu de la soirée et à forte raison. Reuno (chant) est fidèle à lui-même : charismatique, en forme physiquement et vocalement, bavard avec le public, souriant. Le bassiste ne se ménage pas non plus pour notre plus grand bonheur (mais comment fait-il pour jouer proprement en bougeant dans tous les sens comme ça ?! ). Le public se masse contre la barrière et répond énergiquement à la musique de Mudweiser. Les slams ne tardent pas à se lancer sous les flots de mousse. Un concert que nous qualifierons de très bon, avec des musiciens au top de leur forme. In Other Climes apparaît pour nous envoyer son Hardcore dévastateur. Si nous devions résumer ce concert en un mot, ce serait : bagarre. Les Niçois ne sont pas venus enfiler des perles mais bien pour nous éclater la gueule. Le chanteur Michael n’hésite pas à escalader la crash barrier pour faire hurler les spectateurs dans son micro. L’excitation du public GUTALAX-20190802-004est à son comble et en quelques minutes, In Other Climes se le met dans la poche. Mission largement accomplie pour les Niçois qui auront laissé leur marque au Sylak dès leur première participation. On termine la soirée avec les Tchèques pas en bois (oui je sais elle est facile mais c’est la première fois que je la fais) de Gutalax. Pour du Gore Grind (ou Caca Grind pour certains), on pouvait s’attendre à quelque chose de dégueu au niveau du son. Et bien, pas du tout en fait. C’est très propre et puissant. Maty (chant… si on peut appeler ça comme ça…) se montre très en verve et noue un contact très amical avec les festivaliers. Venus pour se marrer, les Gutalax, affublés de tenues de peintres en bâtiment, enchaînent les titres avec le sourire aux lèvres. Soudain, une nuée d’objets de plage gonflables surgissent de la fosse pour terminer dans le pit photo et la scène. Ainsi, votre serviteur se retrouve agressé par une pastèque géante (je n’aurais jamais imaginé écrire ça un jour) tandis que Maty joue au football avec un ballon gonflable relativement gros. Ah, et il y a aussi des rouleaux de papier toilette qui nous tombe sur la gueule mais ça fait moins mal qu’une pastèque. Bref, Gutalax envoie le pâté sans aucune retenue pendant une heure et nous font même la surprise d’inviter sur scène Julien de Benighted, le temps d’un morceau. Un set énergique, drôle et idéal pour terminer l’échauffement nécessaire pour affronter la grosse journée qui arrive. On va se coucher et on revient demain.

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Samedi 3 août

YODA RISING-20190803-005Le coup d’envoi est donné à 11h30 par Yoda Rising, groupe lyonnais de Hardcore qui regroupe en son sein des survivants de feu All Of You Down. François (chant) ouvrira le bal des slams en allant se jeter dans le public et n’hésitera pas à titiller les spectateurs restés à l’ombre. Il faut dire qu’à cette heure, le soleil commence déjà à nous cuire. En à peine trente minutes sur scène Yoda Rising aura marqué au fer rouge le Sylak par un set ultra dynamique. Assurément l’un des meilleurs concerts du festival. La tension continue de monter avec Burn Your Karma. Les Stéphanois en veulent et vont clairement nous le montrer. Si Yoda Rising avait bien réveillé le public, Burn Your Karma va les achever. Entrant directement dans le vif du sujet, les musiciens ne nous laissent aucun répit avec un set qui s’enchaîne sans temps mort. Très enthousiastes et actifs sur scène, il est impossible de s’ennuyer en les écoutant. Unique groupe de Black Metal programmé, Hate arrive sur les planches avec une décoration de scène assez sympa, des crânes dorés ornés de bois de cerfs. Le set est très bon mais on ne peut que regretter l’heure très avancée à laquelle les Polonais doivent jouer. Le BlackHATE-20190803-005 Metal s’apprécie pleinement dans le noir mais bon que voulez-vous, c’est comme ça. Toutefois, cela n’empêche pas nos Blackeux de dérouler un set de grande qualité avec un son plus que correct. On passe maintenant à Monkey3. L’écart musical avec le groupe précédent est gigantesque car, ici, nous avons droit à du Stoner / Progressif et psychédélique. Après s’être bien énervés sur Yoda Rising, Burn Your Karma et Hate, on va se détendre un peu, beaucoup. Car la musique des Suisses se veut calme mais avec quelques fulgurances, poétique et éthérée. Purement instrumental, le set de Monkey3 nous emmène loin pour peu qu’on se laisse faire. On adhère ou non mais il faut reconnaître un sacré niveau de technicité et une maîtrise dans la composition. Notons l’attitude possédée du bassiste Kévin, totalement emporté par sa musique. On ralentit encore plus le rythme avec EyeHateGod qui nous rend visite pour la deuxième fois depuis 2014. Nous ne retiendrons hélas qu’un set médiocre, entaché par un Mike Williams complètement défait, tenant à peine debout et seulement parce qu’il s’accroche à son pied de micro. Gardons tout de même un point positif, les autres membres du groupe avaient l’air en forme. Les Suédois de Soilwork montent sur les planches et vont DANKO JONES-20190803-004exécuter un Death mélodique de haute qualité. Un set propre et net, magnifié par un Bjorn Strid en grande forme vocale et physique, alternant à merveille le chant clair et le growl. À ses côtés, nous ne pouvons que remarquer l’attitude joueuse de Sylvain Coudret et David Andersson, toujours proches du public. Un très bon concert ! On enchaîne avec le très attendu Danko Jones. Votre serviteur trépignait d’impatience (enfin, avec la chaleur écrasante, je trépignais beaucoup moins pour garder mon eau corporelle) et il n’a pas été déçu. Energique, rythmé, le set des Canadiens aura mis (presque) tout le monde d’accord. Les titres Hard Rock teintés de Blues et parfois de Punk Rock se suivent sans créer de redondance. Le charisme énorme de Danko capte tous les regards, le sourire éternel et contagieux de John Calabrese qui à l’air de prendre un plaisir fou à jouer pour nous, sans oublier Rich Knox qui martèle ses fûts comme si sa vie en dépendait, tout prouve que nous avons à faire à des musiciens qui ne vivent que pour la musique et son public. Danko Jones, une bête de scène à revoir sans modération ! À noter l’humilité du guitariste-chanteur qui demande à ce qu’on fasse une ovation aux autres groupes. Le groupe suivant va enfoncer un peu plus un clou déjà bien rentré. Je veux parler de Madball ! Le public s’accroche à la barrière et il a bien raison car ça va remuer. D’entrée de jeu, les New-Yorkais tirent aux boulets rouges sur une foule qui n’attendait que ça. Inutile d’en parler pendant des heures, le concert de Madball est un sans-faute intégral. Même la chute de Freddy (chant) en raison d’un malentendu entre ses pieds et des câbles n’aura aucune incidence sur le déroulement du set. Il en faut plus pour abattre ce monstre de la scène Hardcore new-yorkaise, présent depuis 1988 ! Les slammers refont leur apparition pour le plus grand plaisir de la sécurité du pit photo qui s’ennuyait un peu jusque-là. Beaucoup attendaient Black Flag comme la petite pépite rétro du festival. Il n’en fut absolument rien. Le groupe légendaire de Punk (présent depuis 1976 tout de même) seMADBALL-20190803-001 résume maintenant à son guitariste Greg Ginn, officiellement à l’origine de la reformation du Black Flag véritable, mais sans les autres musiciens d’origine. Oui, c’est le boxon. Toujours est-il que cette mouture de Black Flag ne convainc pas grand monde à cause d’une certaine mollesse générale et de solos de guitare assez approximatifs, plusieurs loupés se faisant entendre du côté de Ginn. Retenons toutefois la prestation du chanteur, très en verve. Nous regrettons quand même le manque flagrant de communication entre le groupe et son public. Rendez-vous manqué. Hypocrisy arrive avec à sa tête Peter Tägtgren. Parler du set des Suédois est complexe car si nous avons pris une gifle avec le son, la APOCALYPTICA-20190803-001technicité et la qualité générale de la prestation, nous ne pouvons en dire autant d’une setlist qui tourne rapidement en rond. Alors, oui, ça envoie du lourd, c’est direct comme un pain dans la gueule, ça rigole pas et Peter nous donne une leçon de guitare mais un poil de diversité nous ferait le plus grand bien. Nous terminons cette journée avec les Finlandais d’Apocalyptica. À en juger par le nombre de spectateurs accrochés à la barrière, les fans ont fait le déplacement en masse. Le groupe arrive sous les applaudissements et entame son set par un discours d’Eicca Toppinen annonçant qu’ils vont reprendre les hits de Metallica. Enthousiasme général dans la fosse. Master Of Puppets et For Whom The Bells Tolls nous mettent une claque sonore. Les musiciens sont en forme, en particulier le batteur Mikko Siren qui a l’air de bien s’éclater sur sa batterie très originale, entièrement constituée de conduits métalliques. Les trois violoncellistes sont loin de rester statiques et prennent beaucoup de plaisir à nous interpréter leurs meilleurs titres. Certains disent qu’il manquait un chanteur ou une chanteuse pendant ce set, d’autres se contentent très bien d’une version entièrement instrumentale. Choisissez votre camp dans les commentaires. Il est temps d’aller prendre du repos (ou une murge, c’est vous qui voyez…) avant d’attaquer le dernier acte.

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Dimanche 4 août

PRISON LIFE-20190804-005La fatigue devient de plus en plus difficile à gérer et peu de festivaliers se trouvent devant la scène lorsque Prison Life démarre son concert. Il faut dire que de nombreux spectateurs se sont transformés en zombies avides de bière fraîche, déambulant péniblement dans les allées du camping. C’est dommage car le Hardcore thrashisé de Prison Life est franchement accrocheur et revigorant. Puisant leurs influences dans la scène coreuse des années 1990, nos musiciens parviennent à rester novateurs et montrent qu’ils savent gérer une scène et un public. Début de journée idéal, on est bien lancés pour la suite. La suite arrive très vite avec Lodz qui nous emmène dans un Post Metal assez pesant, dans le bon sens du terme. Les Lyonnais assurent un set carré et efficace malgré un début délicat en raison d’un pedal board récalcitrant. Un coup de clef de douze et c’est parti ! Bien que cette musique ne parle pas à tout le monde, elle contrebalance bien avec le concert précédent. Insanity Alert prend d’assaut la scène et son public en otage pourINSANITY ALERT-20190804-005 quarante minutes intenses. Je vous la fait courte : ça va chier ! Un Heavy Kevy (chant) masqué se présente à nous avec une pancarte sur laquelle est écrit Guten Tag. Ce court moment de politesse est vite remplacé par une déflagration musicale puissante et agressive. Ça joue vite et bien, ça bouge, ça saute, ça ne s’arrête plus et la machine s’emballe. Insanity Alert nous met une tartine sans notre consentement. Le chanteur nous encourage à chaque chanson, en français qui plus est, pour mettre le bordel. Et ça marche. Un circle pit, des slams, un chanteur tellement énervé qu’il en perd une chaussure… Kevy nous apprend à danser le piccolo, danse de son invention qui constiste à faire deux pas en arrière. Malgré la chaleur qui commence à faire son effet sur nos organismes déjà bien sollicités, les festivaliers ne ménagent pas leurs efforts et leur eau. Les Autrichiens ont sorti la grosse artillerie et n’ont pas l’intention de la ranger de sitôt. Tant mieux, il nous fallait bien ça ! Le groupe terminera sa prestation par la reprise de Run To The Hills d’Iron Maiden, transformée ici en Run To The Pit. De l’avis d’une grande partie du public, Insanity Alert est LE meilleur groupe du festival. Les musiciens qui passent ensuite ont du souci à se faire après une telle démonstration. Les Hollandais de Severe Torture prennent place et n’attendent pas pour nous asséner des riffs de guitare bien tranchants. Les musiciens headbanguent au point qu’on se demande si leurs cous sont bien accrochés au reste du corps. Malgré toute l’énergie qu’ils mettent, les musiciens ne parviennent pas à faire monter la sauce. Le Death Metal de Severe Torture a bien du mal à passer après la tornade autrichienne, trop redondant et déjà entendu. Très probablement la déception du Sylak 2019. En milieu d’après-midi et sous un thermomètre qui affiche 32°, Slapshot a la lourde tâche de faire sortir le public de l’ombre des quelques arbres non loin de la scène. Les Hardcoreux de Boston vont mettre un point d’honneur à nous faire bouger et nous laisser une bonne impression. C’est ce qu’ils parviennent à faire avec leur musique qui réveille les plus usés d’entre nous. Et croyez-moi, avec la chaleur NOSTROMO-20190804-003étouffante, c’était loin d’être gagné ! Toujours est-il que nos amis ricains nous font profiter d’un set carré et énergique, très prenant. Une bonne préparation pour la claque qui va suivre. Attention à vous, Nostromo arrive ! Les Genevois vont nous prendre à la gorge avec leur Grindcore poisseux et oppressant. Là, ça ne rigole plus du tout, si ce n’est que les Suisses se présentent sous le nom de Manowar, groupe qui semble devenir un running gag depuis l’incident clissonnais (comment ? C’était déjà un gag ce groupe ? Ah bon…). Plus sérieusement, que pouvons-nous dire du concert de Nostromo ? Que le son était clair, net et puissant et que le chanteur suintait le charisme par tous les orifices ? Que le niveau technique des musiciens est très haut ? Qu’ils ont su parfaitement se mettre le public dans la poche et ont convaincu les non initiés ? Oui, nous le pouvons le dire et l’affirmer sans peur. Nostromo est clairement le groupe le plus applaudi (avec Insanity Alert) durant tout le festival. Ceux qui suivent ne sont autres qu’Ihsahn venus de Norvège avec leur Black Metal progressif, mais sans la température plus fraîche de leurs contrées. Ça fait déjà un point négatif pour eux. Blague à part, la musique des Norvégiens calme fortement le jeu et ne sera pas apprécié par tout le monde. C’est un univers musical bien particulier auquel on adhère ou pas. En restant terre-à-terre, nous dirons que les membres du groupe, relativement statiques, ont démontré leur savoir-faire technique et leur talent en composition alambiquées. La température diminue légèrement sur le site mais ce qui va arriver sur scène risque d’augmenter de plusieurs degrés la fièvre du public. Mesdames et Messieurs, rien que pour vous, voici Sick Of It All. La NYHC est bien représentée cette année et nos voisins d’outre-Atlantique font leur deuxième apparition sur le Sylak. Et comme la première fois, ils vont tout détruireSICK OF IT ALL-20190804-006 dès les premiers accords. Je ne vais pas vous faire un dessin, vous connaissez bien ce groupe légendaire alors tenez-vous en à ceci : ils nous ont déboité les oreilles, le cou et la colone vertébrale à grands coups de riffs Hardcore Punks de bon aloi. Mais, soudain, c’est le drame. Une coupure de courant stoppe net la chevauchée des New-Yorkais. Pas de quoi inquiéter le groupe qui maintient l’attention du public en jouant avec lui et en se moquant du pauvre ingé-son posté sur le côté de la scène. Après quelques minutes, le courant est rétabli et Lou Koller, imitant les gestes d’un chevalier Jedi, nous dit : « vous n’avez rien vu, il ne s’est rien passé ». Puis le groupe reprend son set où il l’avait laissé pour ne plus s’arrêter, allant même jusqu’à lancer un wall of death où nous verrons un spectateur marcher sur les mains avant l’affrontement. Jusqu’à la dernière note, nous aurons vu un groupe mordant et en grande forme, bénéficiant d’un son au poil et d’un Pete Koller (guitare) sur ressort, surmotivé par la présence de ses filles sur scène. S’ils passent leurs vacances en France, je les inviterai à mon barbecue… Bref, changeons complètement de registre et d’ambiance avec Eluveitie. Et là, je me rend compte que j’attaque un point sensible de mon article. Entendons-nous bien : je n’ai rien contre Eluveitie. Mon avis ne regarde que moi et je vais ici vous transmettre les impressions de plusieurs festivaliers. Clairement, nous avons les pour et les contre. Concernant les pour, pas de soucis, ils sont restés au plus près de la barrière pour encourager le groupe suisse. Et force est d’admettre que nos voisins ont de solides arguments. Le premier, un line-up (largement remanié depuis le départ d’Anna Murphy) solide et charismatique. Une chanteuse-harpiste très talentueuse, comme le reste des musiciens et musiciennes, d’ailleurs. Un show visuel captivant et une musique bien adaptée pour nous faire danser et rêver. Sans oublier, et c’est là un point sensible pour certaines raisons « marketing » mais néanmoins à souligner : la beauté des musiciennes qui accompagnent Chrigel Glanzmann et ce, tout line-up et époques confondues. Pour tout vous dire, votre serviteur, en voyant Michalina Malisz (vieille à roue) pour la première fois de sa vie, était prêt à lui faire sa demande en mariage. Mais passons et parlons plutôt d’une remarque que j’ai entendu à plusieurs reprises. Celle qui prétend que le groupe joue en play-back. Pour appuyer cet argument, certains me font remarquer la justesse millimétrée de l’interprétation des chansons. Des tas de groupes jouent à un tel niveau donc, non, ce n’est pas forcément une preuve. Si cela est vrai, alors ça pose de TESTAMENT-20190804-002sérieuses questions sur l’honnêteté des musiciens et la valeur de leur cachet. Toutefois, on va se contenter d’un spectacle son et lumières bien rôdé et d’un concert carré. Mention spéciale à Fabienne Erni (harpe et chant) qui nous a interprété une magnifique chanson d’une voix cristalline. Loin de faire l’unanimité au sein du public, Eluveitie a pourtant rempli son contrat. Avant-dernier groupe à défiler, Testament va nous prouver qu’ils ont en encore sous la semelle. Inutile de présenter ce mastodonte du Thrash Metal américain. Gene Hoglan, Chuck Billy and friends ont déployé un vaste arsenal de riffs aiguisés pour nous mettre une calotte dont on se souviendra longtemps. Peut-être pas aussi fédérateur qu’un Kreator ou un Death Angel sur cette même scène et qui aura laissé tout le public pantois en 2015, Testament parvient sans problème à rallier à sa cause la majorité des festivaliers, trop heureux de pouvoir se lâcher maintenant que la nuit est tombée. Nous avions besoin d’une grosse dose de guitare, nous l’avons eue. Et voici le finaliste, le patron du Mathcore, j’ai nommé Meshuggah. Des milliers de festivaliers s’amassent devant la barrière. Nous découvrons sur la scène un impressionnant dispositif de lumières, lasers et de stromboscopes divers. Nous allons en avoir pour notre argent et un conseil, enfin deux conseils : mettez bien vos bouchons d’oreilles et ne regardez pas trop longtemps les stromboscopes, sinon vous allez mourir. Meshuggah ne lésine pas sur les moyens techniques. Niveau son et lumières, c’est du très lourd. Le ciel noir est strié de bandes blanches pendant que les membres du groupe jouent des plans complexes qui rendraient fou Keith Richards. La voix de Jens Kidman est bien mise en avant tandis que les guitaristes déploient toute leur panoplie à la huit-cordes. Une véritable baffe dont il sera difficile de se remettre.

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Il est maintenant l’heure de mettre un terme à cette neuvième édition du Sylak Open Air. Une édition encore une fois réussie, avec une organisation irréprochable. Cependant, nous émettrons quelques reproches quant au nombre insuffisant de toilettes, des problèmes techniques au Cashless et sur un restaurateur pratiquant des prix exhorbitants, surtout en festival (8 € le hamburger végétarien, 11 € pour un hamburger normal et quelques beignets de calamar, c’est exagéré). Pour le reste, c’est du tout bon ! Nous adressons tous nos remerciements au staff du Sylak, aux agents de sécurité qui m’ont protégé des pastèques géantes, aux groupes et surtout au public, présent en nombre et en cris. On vous dit à l’année prochaine !

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Texte : Kouni et Mike

Photos : Kouni